Sunday, June 29, 2014

Amazon contre éditeurs, une pièce en 5 actes

Traduction (avec accord de l'auteur) de Publishing Vs. Amazon: A Play in Five Acts par Susie.

Acte I:

Amazon: Eh, Edition, on vient d'inventer un nouveau truc qui devrait vous plaire. Vous savez, quand vous avez fini de faire un livre, vous devez payer un paquet de pognon pour l'imprimer, l'envoyer et tout ? On a trouvé un moyen pour que vous n'ayez pas à payer tout ça et continuiez de vendre des tas de livres.

Edition : OH MON DIEU NON VOUS ALLEZ DETRUIRE L'EDITION AVEC CA

Clients: Eh, ces ebooks c'est plutôt sympa ! Je peux en emporter un paquet d'un coup partout tout le temps avec moi et c'est moins chiant pour déménager

Edition: NON LES EBOOKS NE SONT PAS SYMPA. LE LIVRE PAPIER SINON RIEN. ON SAIT QUE TOUT CE QUE VOUS VOULEZ C'EST VOLER NOS CONTENUS PARTOUT SUR LES INTERNETS. ON PEUT TRIPLER LES DRM SVP ?

Client: ...

Acte II:


Amazon: Eh, Edition, on veut vous acheter des tonnes de livres, et on vous en retournera presque aucun contrairement aux autres libraires, et en échange vous nous feriez une offre sympa puisque vous vous ferez un max de pognon ? Et aussi parce que c'est comme pour toutes les autres industries avec qui on travaille avec nous avec des prix de gros puisqu'on dépense tant de pognon chez eux et tout ?

Edition: OH MON DIEU NON ON NE VEUT PAS VOUS VENDRE DES TONNES DE LIVRES, ON VOUS HAIT. POURQUOI ESSAYEZ VOUS DE DETRUIRE L'EDITION

Amazon: Tiens, au fait, on va publier des livres des gens vu que ça a l'air sympa comme business. C'est bien la concurrence, hein? Je veux dire, Il y a que les célébrités et les auteurs qui font le boulot.

Edition: VOUS NOUS ASSASSINEZ A MORT. PERSONNE NE DEVRAIT ACHETER DES LIVRES PUBLIES PAR AMAZON PARCE QU'IL N'Y A QUE NOUS QUI SOMMES AUTORISES A PUBLIER

Librairies: On hait Amazon aussi parce que personne d'autre que nous ne devrait avoir le droit de vendre des livre, surtout si les clients préfèrent aller chez eux. On ne va pas vendre les livres d'Amazon, même si les clients veulent les lire.

Edition: OUAIS, ON VOUS HAIT AMAZON

Librairies: Tu nous aime encore, Edition ? Promis, on ne va vendre que des livres papier, et aucun d'Amazon

Edition: OUAIS, VOUS ETES NOS  AMOURS

Acte III :


Amazon: Eh Edition, puisque ça vous coûte pas grand chose de produire des ebooks plutôt que des livres en papier, pourquoi coûtent ils si cher ?

Edition : LA FERME

Apple (en aparté à Edition) : Eh, Je sais comment vous pourriez gagner plus d'argent sur les ebooks.

Edition: Nous vous écoutons.

Apple et Edition chuchotent entre eux

Edition: OK, A PARTIR DE MAINTENANT, TOUT LE MONDE VA VENDRE AU PRIX QU'ON DÉCIDE ET NE GAGNERA QUE 30%
Amazon: Quoi ? Mais non. On est un détaillant, pas un dépôt-vente, si ? Et vos prix sont plus élevés que sur les livres papiers. C'est pas un peu idiot pour un média qui coûte bien moins cher à produire ? Pourquoi ne pas baisser leur prix pour en vendre plus, puisqu'il n'y a pas de limite aux nombre que vous pouvez vendre ?

Edition : NON, C'EST DÉCIDÉ.

Apple tire la langue à Amazon et va leur vendre des iPads et iPhones 

Acte IV:


DOJ (Département de la Justice): Euh, les gars, vous pouvez pas faire ça.

Edition: MAIS ILS DÉTRUISENT L'EDITION EN FAISANT DE LA CONCURRENCE DÉLOYALE ALORS ON EST OBLIGE DE FAIRE DE LA CONCURRENCE DÉLOYALE

DOJ: Et en quoi Amazon fait-il de la concurrence déloyale ?

Edition: ... DES TRUCS GENRE RÉDUCTION. PRIX PRÉDATEURS TOUSSA

DOJ: Vous savez que ça ne compte que si les concurrents n'ont pas les moyens de suivre, n'est-ce pas ? Apple, Target, Walmart sont des entreprises plus grosses qu'Amazon et ils vendent des livres, dont certains avec de grosses réductions. Il est improbable qu'Amazon soit capable de pousser ces sociétés en dehors du marché du livre. Et puis, saviez vous que les lois antitrust sont surtout destinées à protéger les consommateurs plutôt que les producteurs ?

Edition: QUOI

DOJ: Ouais, les réductions sont au final vraiment bonnes pour les consommateurs parce qu'ils économisent leur argent. Ça ne devient vraiment un problème que quand des sociétés peuvent sortir leurs concurrents du marché, et éliminent ainsi la compétition. Et il est presqu' impossible de prouver un dossier de prix prédateur parce qu'être capable de fournir un meilleur prix n'est pas mauvais pour les consommateurs.

Edition: C'EST DES CONNERIES, AMAZON EST ILLÉGAL ET IMMORAL ET ON LES HAIT

DOJ: Haïssez les tant que vous voulez, mais les gars, c'est vous qui commettez des actes anti-concurrentiels en vous accordant pour garder des prix des livres identiques partout, bloquant  ainsi toute possibilité de concurrence sur les prix, aussi bien entre détaillant qu'entre éditeur majeurs. Ca ne fait pas de mal uniquement à Amazon, mais aussi à vos consommateurs, et c'est eux que nous essayons de protéger ici.

Edition: SOIT, D'ACCORD MAIS CA VA DETRUIRE L'EDITION

Acte V:

Amazon: Eh, on peut renégocier nos contrats ? On dépense plein d'argent à acheter vos livres, alors on se demandait si vous pouviez nous faire un meilleur prix.

Edition: OH MON DIEU NON JAMAIS.

Amazon: D'ACCORD. Si vous le prenez comme ça, on va commencer à dire aux gens d'acheter autre chose. On en a marre de ces conneries.. 
Edition : OH MON DIEU COMME NOUS SOMMES OPPRIMES, DÉBARRASSEZ NOUS POUR TOUJOURS D'AMAZON QUI EST EN TRAIN DE DÉTRUIRE L'EDITION. ON POURRAIT SE FAIRE TELLEMENT PLUS DE MILLIARDS SI AMAZON NE NOUS DÉTRUISAIT PAS.

Clients : Mais c'est quoi qui déconne chez vous les gars ?

Edition : AMAZON ESSAIE DE DEVORER NOS AMES ET VOLER L'ARGENT DES ETUDES DE NOS PETITS-ENFANTSET JE CROIS BIEN QUE JE LES AIT VU FRAPPER UN CHIOT

Clients : OH MON DIEU NON !

Amazon : ......

Quelqu'un dans l'assistance: Eh, les gars, si vous haïssez tant Amazon, pourquoi ne pas arrêter d'y vendre vos livres ?

Edition : ........ ON PEUT FAIRE CA ?

Amazon : Bien sûr que vous pouvez. C'est le business. Sérieusement, rien de personnel.

Edition: MAIS NE PAS VENDRE CHEZ AMAZON POURRAIT DÉTRUIRE L'EDITION. Sérieusement, les gens semblent aimer acheter chez Amazon, on n'a pas la moindre idée pourquoi. On n'a pas arrêté de leur dire où acheter et à quels prix, mais les consommateurs ne veulent rien entendre.

Amazon : Je suppose que vous ne voulez pas que je vous parle de ma nouvelle idée d 'impression des livres à la demande ?

Edition: OH MON DIEU NON.
Publishing: OMG NO

Epilogue:


La plupart des gens: (en lisant le journal) Je ne comprends pas tout ce patacaisse autour d'Amazon. Je pourrais peut-être aller faire mes courses quand même. En vrai.

Le Monde: (continue de tourner)

Monday, June 16, 2014

My new Auto-Buy Authors

In December 2012, I wrote a blog post titled "My auto-buy authors". Well, guess what ? I've got a few more to share. (Only Self-Published this time)

Sure, their books are mostly easy-lazy-funny good reads, and I guess you won't sprain you brain between pages. But easy-lazy-funny reads are what I like to read. So what ? Sue me !

Note: Make sure to read the fine prints before buying the books. Some of them DO contain Erotic Situations, Adult Only.

Elliott Kay 

https://www.smashwords.com/profile/view/elliottkay

Mainly two series for now. The first is an Adult Non-Politically-Correct Urban Fantasy. A young man's wet dream, but (congrats pal!) quite respectful of gender issues.

Second is an over-the-top military-scifi series (one episode for now, second coming... soon ?)

Drew Hayes 

http://www.drewhayesnovels.com

I like YA, I like Super... Guess what, I LOVE Super YA ! Super Powereds is _really _ great fun to read.
Also a quite interesting business model with his periodical series + indie publication.

Warning though : The books are overall not as polished as could be, more typoes than I'm accustomed to. If you're really alergic to typoes, I'd suggest trying other books instead.


Sue London 

http://bysuelondon.com/

If you follow my posts, you know I like some romance in my books. What you may not know, is I also sometimes love Romance books. Sue London's Haberdashers series makes my day.
Regency-Bluestocking-Romance is all I need for some hours of good read.

Wednesday, May 28, 2014

Amazon vs Hachette : The bad and ...the bad ?


I've stopped reading in details the different comments on the Hachette/Amazon negotiations and the effects they have on authors and customers. Nonetheless, here is my take, at the moment, on the subject:

Even if the cultural market is not a market like every other, it still IS a maket, and follows market's law. At the same time, uncontrolled liberalism can lead to trusts and monopoly/monopsony abuse, so I personally think abuse of a dominant position should be punished. I also think Amazon is really close (if it hasn't yet crossed it) to that line.

My conviction is that Hachette (and with them all the major publishing industry groups) has earned that shitty position, crushed by a superior opponent after having made all the mistakes it could, and let Amazon make all the right choices. A nice change from their abusing position WRT their customers (resellers and readers) and providers (authors).

Mistake after mistake by the publishers on one side, and almost flaw-less execution by Amazon on the other, the best wins.

However, is it reasonable to let Amazon impose its domination without any real competition? to let them "optimize" their fiscal situations, defy laws on working conditions, and destroy the whole economical, social and cultural ecosystem?

I think most of all that anti-trust, social fiscal authorities should stand ready to the big giants (Amazon and BigPublishing both) when warranted, that publishers and resellers should step up to the occasion to Amazon's level (I plan to write a post with some ideas), that publishers should diversify their distribution chanels, to keep a real competition alive.

I also think that publishers should compromise some more on their publishing contracts (including rights reversions) if they want to keep their authors with them (cf AuthorEarnings.com), if they don't want to stand alone when Winter is Coming.

So, rather than play the lowest denominator, every player in the books ecosystem (ebook or paper) should  raise to the occasion.

Do they have enough reserves to restructurate/change ? I sincerely hope so. Will they keep that reserve for long ? I fear not. And if they don't resist, only anti-trust agencies/law will be left to keep a healthy competition and mbook market.

The day Amazon crosses the red line, I'll be the first to apploud when it's cut/partitionned. In the meantime, I wait for the others to compete on the merits. Not much has been made there, yet.

Monday, January 6, 2014

Réponse aux sollicitations de lectures

Il m'arrive d'être sollicité pour une lecture/chronique de lecture d'un livre. Sans vouloir être sec, il me semble important de mettre des limites à ce à quoi je m'engage (ou non). Voici un mail que je compter réutiliser...



Bonjour,

Comme vous l'avez sans doute constaté, je suis assez "dissipé" sur mes
lectures, tant en tant que langue (plus d'anglais d'ailleurs) que de
genre, avec une prédominance toutefois pour la SF et le Fantasy. Je
pratique exclusivement les chroniques comme loisir, n'en tire aucun
revenu, et ai plus l'habitude de décider après lecture de chroniquer
un livre plutôt qu'avant.

Le mieux que je sois près à vous proposer pour l'instant est de mettre
le premier de vos livres dans ma pile (sans ordre de priorité qui
soit), et si après lecture je souhaite le chroniquer, je le ferais. Je
me réserve le droit de le chroniquer autant en bien qu'en mal.

Même si j'ai un peu de trafic sur mon blog, je ne peux pas vous en
garantir plus que ça, mais si vous appréciez ma chronique, je vous
autoriserais à la citer, ou la recopier en son intégralité, à
condition toutefois de garder un lien vers mon billet.

Enfin, étant donné que je boycotte Amazon, je ne publierai pas mon
commentaire chez eux.

Si ces conditions vous conviennent (et encore une fois sans garantie
de résultat), ce sera avec plaisir que ma Pile à Lire accueillera
votre livre, de préférence au format epub.

Cordialement,

TheSFReader

Monday, October 21, 2013

Lettre aux députés "Nums"

Voici une copie d'une lettre que j'ai envoyée à 6 députés sensibles au numérique le 8 Octobre dernier. A ce jour (21 Octobre), j'ai reçu une réaction de deux d'entre eux.





Monsieur le député, (évidemment modifié selon les cas)

Je m'appelle XXXXXXXXX, mais sévi sur internet sous le pseudonyme de TheSFReader.
Je suis un lecteur passionné, un technophile convaincu, et consacre une partie de mes loisirs à la lecture (surtout numérique) et aux discussions autour.

Dans ce domaine, une part importante du marché est dominée par de grands groupes étrangers (Apple, Amazon, Kobo, Google, et indirectemet Adobe) qui ont une approche très libérale de la culture, et qui utilisent régulièrement DRMs, écosystèmes et formats différents afin de segmenter le marché.

Bien plus que des formats différents, je pense (en tout cas pour les livres) que les DRMs nuisent à l'interopérabilité. Car au delà des problèmes techniques, qui sont souvent dépassée par les utilisateurs, les DRMs ajoutent une interdiction légale, qui elle est non seulement quasi-absolue, mais inefficace.


Mais si je vous écrit, ce n'est pas directement à ce sujet, mais celui de la *DIRECTIVE 2011/83/UE DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL, du 25 octobre 2011* (http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2011:304:0064:0088:FR:PDF), qui devra être transposée avant le 13 décembre 2013 et appliquée avant le 13 Juin 2014.

Apparemment, elle sera transposée (au moins partiellement) dans la PPL Consommation. Le texte, après première lecture à l'Assemblée Nationale et au Sénat (http://www.senat.fr/leg/tas12-213.html), dispose notamment :

> « Art. L. 111-1. - Avant que le consommateur ne soit lié par un contrat de vente de biens ou de fourniture de services, le professionnel communique, de manière lisible et compréhensible, au consommateur les informations suivantes : 

>>«  1° Les caractéristiques essentielles du bien ou du service, compte tenu du support de communication utilisé et du bien ou service concerné ;
>
>[...]
>
>>« 4° Les informations relatives à son identité et à ses activités, pour autant qu'elles ne ressortent pas du contexte, ainsi que, s'il y a lieu, celles relatives aux garanties, aux fonctionnalités du contenu numérique et, le cas échéant, à son interopérabilité, à l'existence et aux modalités de mise en oeuvre des garanties et aux autres conditions contractuelles, dont la liste et le contenu sont fixés par décret en Conseil d'État.

En comparant toutefois avec le texte Européen (chapitre II article 5 et chapitre III article 6), au moins une information n'a pas été reportée :

>g) s’il y a lieu, les fonctionnalités du contenu numérique, y compris les mesures de protection technique applicables;
>
>h) s’il y a lieu, toute interopérabilité pertinente du contenu numérique avec certains matériels ou logiciels dont le professionnel a ou devrait raisonnablement avoir connaissance;

En effet, l'indication des mesures de protections techniques a disparu dans la PPL.
Je ne sais pas si elle sera mentionnée dans le décret du conseil d'état, mais j'espère que les députés sensibles aux question d'interopérabilité et de MPT (dont vous êtes) y seront attentifs.

J'ai des souvenirs de la législation DADVSI (du 1er aout 2006), passée en urgence pour répondre à une autre directive européenne, et où déjà les questions des MPT avaient été abordées (elles en étaient en fait le coeur).
Et déjà, elle prévoyait une indication de la présence des MTP dans son Article L331-10 CPI (initialement L331-12).

> Les conditions d'accès à la lecture d'une oeuvre, d'un vidéogramme, d'un programme ou d'un phonogramme et les limitations susceptibles d'être apportées au bénéfice de l'exception pour copie privée mentionnée au 2° de l'article L. 122-5 et au 2° de l'article L. 211-3 par la mise en oeuvre d'une mesure technique de protection doivent être portées à la connaissance de l'utilisateur.

Il est complété de l'article L.331-37 CPI

> "Un décret en Conseil d'Etat précise les conditions d'application de la présente sous-section. Il prévoit les modalités d'information des utilisateurs d'une oeuvre, d'un vidéogramme, d'un programme ou d'un phonogramme mentionnées à l'article L331-10."

Je n'ai pas trouvé de décret publié et précisant les conditions d'application tel qu'indiqué dans ce dernier article.

Alors que la législation protégeant les MPT contre le contournement est bel et bien vivante sous la surveillance de l'HADOPI, sa contrepartie minimale d'information des consommateurs est encore, 7 ans plus tard, aux abonnés absents.

Sans oublier que, régulièrement dans certaines boutiques numériques, des DRMs sont ajoutés à des oeuvres sans le consentement de l'éditeur. Là où l'affichage permet aux consommateurs avisés de choisir délibérément
des oeuvres sans DRMs, dans des boutiques qui n'en ajoutent pas, son absence revient à baillonner ces citoyens qui voudraient "voter avec leur portefeuille".

Devant la nouvelle version de la PPL consommation, je crains que cet état de fait ne soit encore prolongé, et s'il est possible de l'éviter, je pense que ce serait mieux, aussi bien pour les consommateurs que pour la Culture.

Je ne sais pas s'il est encore temps de proposer un amendement à la PPL, ni qui peut s'assurer (et comment) que les modalités d'informations des consommateurs seront bien présentes dans les décrets d'application, mais j'espère avoir atiré votre attention sur ce sujet.

Cordialement,



XXXXXXX/TheSFReader

Sunday, September 29, 2013

[Lecture]Reich d'Alain Paris

Présentation de l'éditeur :

« On ne peut vous blâmer de refuser l’évidence, dit Hitler. Les univers possibles sont infinis et il y a toutes les chances pour que vous ne regagniez jamais le vôtre. La réalité est là où vous vous trouvez. Elle est ici, en ce moment présent. Et, en ce moment présent, je prépare l’univers de demain tel qu’il sera fixé à jamais, que vous le souhaitiez ainsi ou non ! »
Cette uchronie met en scène une lutte à travers le temps pour empêcher Hitler de retourner la situation à son avantage ; ce roman est également un prologue au cycle extraordinaire d’Alain Paris, « Le Monde de la Terre Creuse », que vous retrouverez prochainement chez L’ivre-Book.
Saluons l’arrivée en numérique d’un grand auteur français de l’imaginaire.

Mon avis

J'ai reçu ce livre dans le cadre d'une Lecture Commune sur le forum E-Lire.fr , et à vrai dire, je m'y prends au dernier moment pour donner un avis dessus, ce qui est assez contraire au principe même de la Lecture Commune. Je m'en excuse auprès de L'Ivre-Book et des autres participants de cette lecture.
Si je me suis inscrit, c'est en partie parce que j'avais lu (un peu plus jeune) le cycle du "Monde de la Terre Creuse", que j'avais joué au Jeux de Role qui en avait été tiré... et j'espérais en retrouver quelques éléments dans cette lecture. Malheureusement, si elles ont pour point commun le fait d'être des Uchronies, dont l'aiguillage est situé simultanément dans les deux cas, Reich n'a au final que peu de rapport avec la Terre Creuse.
Sur le style d'écriture, efficace, je n'ai pas beaucoup plus à dire, pas plus que sur les personnages principaux, vaguement sympathiques, mais sans rien à quoi nous attacher vraiment.
Par contre, un élément gênant pour la lecture commune, est qu'en fait l'histoire se prête assez peu à la découverte en commun, entre autre de peur des gros SPOILERS possibles, ce qui, associé à la durée assez faible de lecture, rend la discussion assez difficile. D'aileurs, attention, la section suivante est assez Spoileurisante.

SPOILER

Par contre, ce que j'ai bien aimé, c'est cette dérive progressive de l'histoire réelle, plan de réalité après plan de réalité,à chaque utilisation des systèmes de voyages ans le temps.
Je crois bien que c'est cette dérive qui justifie le rattachement à la Terre Creuse, puisqu'aucun personnage n'y revient vraiment. On voit également la mise en place d'un Reich à l'existence prolongée dans le futur... Loin dans le futur, mais également avec un retour de la civilisation à un niveau plutôt médiéval/renaissance.

Fin du SPOILER

Donc, un livre très sympathique, mais pas beaucoup plus. 3* tout juste. Et c'est bien dommage, car j'aurais voulu mieux remercier l'Ivre-Book pour son partage de ce livre, ouvert, sans DRM, que par cette chronique...

Tuesday, September 24, 2013

France, Europe, DRMs, Interoperability...

Last week, the French MP (Ecology) Isabelle Attard made a suggestion for a compromise on VAT as applied to ebooks.

Proposition:

So far, negociations had been blocked between France and the European Commission on the subject, with EC considering ebooks as a service and not a cultural product, hence not allowed to use the reduced VAT rate, whereas France (and Luxemburg) considers a book as a book, whether in print or electronic, in which case it is entitled to the lower rate.

She proposes a compromise, which could help everyone reach an agreement by differentiating between two types of merchants : if the ecosystem is closed (i.e. Amazon, Apple etc.), it clearly is a service, as detailed in the Terms of Use. Since they don't sell books, but a license/right to use inside of their devices/platforms, with no interoperability, they should be taxed with a normal rate VAT.

On the other hand, other actors who would sell interoperable/open files would benefit from the lower rate.

My opinion

I don't see it working at that level, since the big majority of publishers insist on DRMs, and any e-resellers who wants to reach mainstream customers will need to provide the DRMed files, hence restricting him to the High VAT rate.

On the other hand, if the granularity were per ebook, depending on the presence/absence of DRMs, it would work quite well, by forcing e-resellers to allow fine-grained per-title DRM activation(1), and publishers to restrict DRMs to where it really is mandatory.


Sources : Actualitte | DRM, écosystème fermé : une TVA forte contre Kindle et iPad
Scinfolex | Un objet qui ne respecte pas les droits du lecteur mérite-t-il de s’appeler livre ?


(1)which is not always the case, for example Amazon and Kobo use the same setting for each ebook by the same publisher, except through KDP/KWL