Showing posts with label editeur. Show all posts
Showing posts with label editeur. Show all posts

Thursday, May 10, 2012

Réveil !

Allez les gars, il est temps de se réveiller ! Le temps change, c'est le printemps, les jours se rallongent, il est temps de sortir de l'hibernation maintenant !

Une petite indication de ce qui a changé pendant l'hiver ? Le livre numérique est enfin arrivé dans les chaumières, déposé au pied des cheminées par un père noël un peu spécial : Amazon.

L'avènement des EBooks en France


Oui, je sais, je suis de mauvaise foi, les ebooks étaient déjà là l'année dernière, et même moi, comparé à d'autre, avec mes deux petites années d'expérience je suis loin d'être un précurseur en la matière. Mais il faut le dire clairement, de mon point de vue, c'est bien Amazon qui a déclenché en décembre l'ouverture du marché en France.

Avant leur bras de fer serré avec les gros éditeurs, ceux-ci ne mettaient à disposition que le minimum (voir moins) en numérique. Il faut bien dire ce qui est, même si la situation n'est pas encore terrible, elle était à ce moment là tout simplement calamiteuse.

Non, sérieux, qui a cru un jour que le FnacBook ou le Oyo aurait un quelconque attrait pour les lecteurs ? Pendant ce temps là, de l'autre côté de l'Atlantique, le Kindle était exemplaire, le Nook au moins honnête, le Kobo tout à fait correct.
Oui, je ne parle pas du Sony, des Cybook etc. Mais le fait est que ce qui marche ce n'est pas tant le matériel (quoique...) que l'écosystème. Et nos écosystèmes Fnac ou France Loisir étaient tout juste acceptables.

La faute n'est pas entièrement chez les e-libraires, ne nous y trompons pas, mais aussi chez les éditeurs, qui ont préféré jouer la montre (et essayé de mettre un maximum d'économies dans leur bas de laine) en repoussant au plus tard l'ouverture de leur catalogue au numérique, plutôt qu'aider une alternative à Amazon à se créer. Pourtant, ils avaient l'exemple parfait aux US de la puissance de feu d'Amazon, d'autant plus qu'ils font pour la plupart partie des même groupes que les éditeurs US !

A Noël, c'est bien simple, faute de masse critique en France, les e-libraires ont dû accepter d'accueillir les partenaires américains pour avoir l'air un minimum sérieux, les éditeurs ont tout juste eu le temps de sauver quelques meubles en forçant le Prix Unique du Livre Numérique, et ont fini par ouvrir leur catalogue, juste à temps pour que ce soit Amazon qui prenne la place.

Mais pourquoi il s'énerve lui, là ?

Je ne m'énerve pas, je m'exprime... Non, sérieux, je suis surtout frustré qu'on n'ait pas réussi à faire autre-chose que préparer le terrain aux géants américains, alors que justement on savait comment ça se passait là bas.

Attention, ce n'est pas par bête protectionnisme que je m'en "prends" aux géants américains, mais parce que je considère (très libéralement d'ailleurs) qu'en ce qui concerne le livre électronique, la compétition est l'amie du marché et du progrès, d'une plus grande accessibilité à la culture et au savoir. Et je pense qu'ouvrir grande les portes de notre marché c'est entre autre abandonner une partie de cette compétition au profit des plus gros.

Le réseau s'est mis en place, certains éditeurs pure-players ont été créés et ont commencé à produire, à se structurer juste ce qu'il faut, juste à temps pour que les américains viennent récolter ce qu'on avait semé.

Si seulement ils nous prenaient aussi les bonnes idées (Watermarking par exemple), Ben non, ils en restent aux DRMs tout ce qu'il y a de plus con.

Si seulement ils faisaient au moins aussi bien que de l'autre côté ! Ben non, on a une version allégée (pas d'affichage des DRMs, pas tous les modèles de liseuses , pas tous les catalogues ...).

Si ils continuent de progresser en France, ils pourront nous imposer leur manière de faire sans qu'on puisse vraiment réagir.

Et le plus frustrant dans tout ça c'est que les moyens de faire quelque chose de bien sont déjà présents !

Il y a quand même des trucs qui résistent, des structures qui fonctionnent, et qui pourront peut-être se mobiliser pour conserver un minimum de compétition sur le marché francophone. 
- des auteurs, créatifs, codeurs etc. tout à fait passionnés et compétents, 
- des maisons d'éditions, petites, moyennes ou grandes, papier ou pure-players, qui finalement sont les plus grandes pourvoyeuses de livres.
- un réseau de distributeurs intermédiaires vaillant et valeureux.
- des e-libraires alternatifs, avec des stratégies d'ouvertures et du matériel largement honnête.



Il est temps que tout ce petit monde réagisse avant de se faire étouffer et de laisser la compétition (et la direction des opérations) aux mastodontes. 


Réagissez, Bordel !!

C'est simple, pour résister à leur entrée, il faut lever votre  niveau, et faire au moins aussi bien qu'eux. Ils ne veulent pas apprendre de vous ? Apprenez d'eux.

1) Tant que des DRMs sont imposés par les éditeurs, il faut TOUT faire pour qu'ils aussi discrets que possible, sans pour autant qu'ils complètement  invisibles. Il ne faut pas de bugs à la c** pour empêcher Tata Ginette de lire le dernier Le Clezio.

2) Ouvrez les commentaires aux gens qui n'ont pas acheté les livres sur vos e-librairies ! Une des forces d'Amazon, c'est son système de recommandation, bien sûr, mais aussi le grand nombre de commentaires et notes sur les achats. Bien sûr, ça mène à certains abus, mais c'est aussi un incroyable moyen de découvertes et de prescription.

3) Contrairement à ce que fait Amazon, faites STANDARD. Proposez des services Et si ça veut dire aussi communiquer et se mettre d'accord sur des standards d'échange avec les concurrents, pourquoi pas ?

4) Continuez ce qui est bien : le Watermarking par exemple, la recherche par facette, les choix éditoriaux audacieux, la preuve par la qualité d'un savoir faire en codage, formattage etc.

5) Allez, du nettoyage dans les métadonnées ! Plus de "non-fiction" dans la SF, de SF dans le Fantasy, de Bit-Lit dans la littérature blanche... Il faut que les lecteurs puissent trouver ce qu'ils cherchent, et aussi ce qu'ils ne cherchent pas !

6) E-Libraires et distributeurs, ouvrez les canaux à l'auto-publication ! Les auto-publieurs, c'est le "coin" qu'utilise Amazon pour faire pression sur les éditeurs, pour faire baisser les prix, pour accroître son catalogue plus que les concurrents. C'est un formidable élément différenciant. Ne vous y trompez pas, si Amazon chouchoute ses auto-publieurs, ce n'est pas par bonté d'âme, mais bien parce qu'ils savent que c'est de l'or qui rentre, certaines catégories de lecteurs qui trouvent un choix qu'ils n'attendaient plus de l'édition classique.

7) Facilitez l'expérience !! L'achat en 1 click d'Amazon, l'extrait de 20% et l'achat proposé automatiquement vers le livre complet, ca donne aux lecteurs l'occasion de tester un livre avant de l'acheter. Et si ce n'est pas ce livre qu'ils achètent, ce sera un autre, et c'est pas grave! C'est de l'argent qui rentre dans l'économie des ebooks !  

Je suis sur que j'oublie un paquet d'autres points sur lesquels vous avez intérêt (et nous lecteurs par extension) à vous améliorer, si vous ne voulez pas vous faire manger tout cru !

Edit : On me dit dans mon oreillette que mes solutions ne sont pas forcément toutes bonnes, ou que d'autres stratégies sont possibles voire meilleures. Je suis parfaitement prêt à l'admettre. Et à moins qu'elles soient "confidentielles, n'hésitez pas à les partager ! Mais là n'est pas en fait le but de mon billet. Celui-ci peut se résumer en fait à la phrase de conclusion suivante :

Allez, il est encore temps de se réveiller !! On y va les gars !!! Réveil !!!!!




Thursday, October 6, 2011

Auto-interview...


Miss Bouquinaix, du "Blog des Livres qui Rêvent …" a récemment posté l'interview d'une éditrice, utilisatrice d'une liseuse, sur son blog. Aussi bien les questions que les réponses m'ont intéressée, c'est pourquoi je vous en conseille la lecture ici : "Qu’est-ce qu’une éditrice pense des liseuses électroniques ?".


Les questions en étant très intéressantes, j'ai décidé de me les poser à moi même, à l'exception d'une, inadaptée à mon cas et remplacée par une à peu près équivalente.


1. Quel modèle utilisez-vous ?
Un Nook Classic, mais je compte en changer rapidement à cause de problèmes d'écran.

2. A quels moments et où l’utilisez-vous le plus fréquemment ?
Le soir chez moi, et pendant ma pause déjeuner à la médiathèque de mon Comité d'Entreprise. Aussi quand je fais les courses, en attendant que la caissière ait fait passer les 3 caddies plein devant moi.
3. Quelles sont les fonctionnalités de ce modèle et quelles sont celles que vous jugez le plus utiles et dont vous vous servez le plus ?
En plus des fonctionnalités de base, ce modèle propose un petit écran LCD tactile, mais c'est finalement assez accessoire. Sinon, celle que j'utilise le plus est le dictionnaire intégré. Je lis principalement en anglais, et même si je me sens plutôt à l'aise, il m'arrive d'avoir des doutes ou des manques. L'intégration du dictionnaire me semble très pertinente, et même si l'ergonomie d'utilisation n'est pas parfaite (vivement que j'achète une liseuse "Touch"), elle est presque infiniment supérieure à l'ancienne version, avec un pavé à trimballer. A noter qu'un plus grand choix de dictionnaire pourrait être une bonne idée, ainsi que par exemple l'ajout de dictionnaires plus spécialisés, par exemple une édition "pour enfants".
4. Quelles sont celles qui manquent ?
Il me manque un affichage couleur et animé, afin de pouvoir lire des livres à ma petite fille. Pour autant, je ne suis pas prêt à  sacrifier mon confort de lecture lié à l'encre électronique en passant à une tablette avec écran LCD. Je suis sur une liseuse, j'y reste.

5. Combien de livres pouvez-vous y stocker ?
Un paquet. Tous ceux que j'achète, afin de les avoir sous la main le jour où je cherche un autre livre à lire. Pour l'instant, je n'ai jamais été limité par la capacité de mon lecteur, mais avec sa carte mémoire supplémentaire, au lieu d'un seul paquet, elle peut en contenir une dizaine.  

6. Comment vous procurez-vous les contenus que vous y lisez ?
J'achète de préférence sur le site Smashwords et à défaut chez Amazon. Mon Nook possède un accès intégré au magasin "Barnes & Noble", mais cet accès étant restreint au territoire américain, je ne l'utilise jamais.

7. Quelle utilisation personnelle et professionnelle en faites-vous ?
Je ne l'utilise pas professionnellement, (car pas besoin), par contre je l'ai essayé pour lire des publications scientifiques en PDF, et le résultat était extrêmement décevant.  Par contre, je l'utillise beaucoup  pour les lectures loisirs. Je crois que certaines autres liseuses sont plus adaptées pour lire du PDF.

8. Comment choisissez-vous ce que vous y lisez ? Votre choix est-il différent selon que vous allez lire en numérique ou en papier?
Mon goût et mes choix personnels me portent vers les livres auto-publiés, principalement en anglais, dans les genres SF et Fantastique. Je les découvre principalement par l'intermédiaire de forums de discussion. J'apprécie les prix bas et la forte rémunération aux auteurs (70%) auto-publiés, qui me fait presque considérer mes achats comme des actes de "mécénat". Lorsque je trouve un auteur que j'apprécie, je suis moins enclin à prendre en compte l'aspect "prix" pour acheter ses autres livres.
Je ne lis presque plus sur papier. 
9. En faites-vous la même utilisation que pour le papier ?
Non, pas vraiment. Déjà, je lis plus qu'avant. Ensuite, du fait du plus faible prix des livres numériques en auto-publiés, je suis plus facilement tenté pour faire des nouvelles découvertes et diversifie mes choix. A noter que si du coup je suis tombé sur plusieurs mauvais livres, je suis aussi tombé sur un bon nombre de bonnes (voire très bonnes) surprises. Dans tous les cas, je crois que mon budget lecture a augmenté.

10. Quels avantages et fonctionnalités mettriez-vous en avant ?
Un confort de lecture amélioré, et plus facile à emmener avec moi, un "dés-engorgement" de mes espaces de rangement, un choix plus grand et plus ouvert... Le dictionnaire intégré me permet également de mieux comprendre les nuances des textes, et d'enrichir mon anglais.

11. Avantages et défauts par rapport au papier ?
Un grand avantage est que je peux maintenant partir en vacances sans avoir à me préoccuper du poids des livres dans mes bagages, je peux conserver ad-vitam-eternam mes livres sans avoir à réserver d'espace pour les ranger. Par contre, il faut aussi prévoir une stratégie de "sauvegarde" et  duplication des fichiers afin de parer les coups durs matériels liés à un appareil plutôt fragile. 
Ma stratégie prends en compte la conservation dans "le Nuage" par les fournisseurs, mais aussi la non "garantie" de durée de ce service. Elle gère également la présence de DRMs sur les livres, même si j'essaie pour la plupart de n'acheter des livres que s'ils n'en sont pas souillés.
Un autre désagrément de la version "numérique" est qu'en cas de problèmes matériels (ce qui est mon cas actuellement), c'est l'accès à l'ensemble des livres de la bibliothèque qui est gêné. 
Côté papier,le côté matériel est plutôt rassurant. D'autre part, alors que je ne transmet des copies de livres numériques qu'avec l'accord express des ayants droits, je n'ai aucun remords à transmettre/prêter mes livres en version papier. 
12. Quelle potentialité dans l’édition ? (risques et avantages) Son usage est-il fréquent dans ce secteur ?
Ne faisant pas parti du milieu de l'édition, je ne peux pas répondre à cette question en connaissance de cause. Par contre, je vais donne mon opinion au vu de ce que je perçoit de l'édition en réponse à la  14ème question.Pour cette question ci, je vais plutôt "détourner" la question pour la mettre dans mon contexte, celui de lecteur. 

12bis. Quelle influence a t'elle sur votre vécu de lecteur ?
Sans aller jusqu'à dire que la liseuse a révolutionné ma lecture, je peux très clairement affirmer qu'elle m'a ouvert un horizon de lecture : Passé les premiers jours, où j'ai beaucoup acheté sur le site d'un éditeur reconnu dans le domaine de la SF et le Fantastique (Baen/Webscription), j'ai eu besoin de changer de genre, et de diversifier ma lecture et suis tombé sur les livres "indépendants". Maintenant largement 90% de ma lecture est auto-publiée (principalement en anglais). Ce changement de "fournisseurs" me permet entre autres raisons de diversifier mes achats à moindre "risque", de dialoguer avec les auteurs et de mieux les rémunérer.

13. Est-ce que vous considérez les liseuses comme une solution « durable » dans le temps, respectant les considérations écologiques à la mode en ce moment ?
J'ai acheté une liseuse il y a un an, et vais la remplacer rapidement maintenant du fait de défauts sur son écran. Je ne sais pas dans quelle mesure son "bilan" écologique est plus ou moins équivalent à la même version "papier", mais je pense malheureusement qu'elle ait été durable.
Mais ce n'est qu'un unique échantillon, et je n'ai pas été tendre avec elle. Peut-être sa remplaçante sera t'elle plus durable...

14. Pensez-vous que les liseuses finiront à terme par remplacer les livres papier ? Pourquoi ?
Mon analyse est la suivante :
Je pense que la lecture numérique, sur matériel spécifique tel que la liseuse ou sur matériel généraliste comme PC, tablettes ou Smartphones,  va assez rapidement concurrencer le livre papier. 
En retirant des ventes au papier, il diminuera les économies d'échelles réalisées sur celui-ci, augmentant donc indirectement le prix de production et donc de vente. 
Si l'offre numérique est plus abordable, les consommateurs se tourneront vers celle-la, quitte à se reporter sur les offres d'auteurs auto-publiés. Dans le cas contraire, ils se tourneront soit vers d'autres loisirs moins chers, soit vers le piratage. 
La hausse de prix du livre papier va indirectement augmenter le prix de celui-ci et progressivement le chasser des formats économiques, le poussant à se recentrer sur les éditions de prestige. La préférence individuelle de certains 

Il est évident que si cette bascule, dont le lecteur sera le moteur, se fait, elle aura des impacts forts sur l'ensemble de la chaine du livre, de l'auteur au libraire. Que cela ne se fera pas sans mal ou sans casse ne fait également aucun doute, mais à mon avis, auteur et lecteurs y trouveront leur compte.
En plus de cette bascule, de nouveaux types de produits ou services périphériques au livre vont se créer, par exemple des cartes-livres, donnant un support matériel permettant d'offrir des livres sur une carte type bon-cadeau, et répondant par là même au besoin "matériel" de certains. Un libraire pourra continuer son travail de conseil, mais avec une nette diminution de sa charge de manutention et, pour peu que les techniques correspondantes soient développées, sans enchainer sa trésorerie aux tonnes de livres de l'office. Outre l'idée des carte-livres et un complément avec des livres papiers imprimés à la demande (POD) pour les irréductibles du papier et les exemplaires de présentations, on peut imaginer l'utilisation de machines type espresso pour imprimer sur place.

Les grandes perdantes de l'histoire seront sans doute les maisons d'édition, ainsi que l'ensemble du circuit d'impression/manutention/logistique/distribution, qui vont devoir rogner sur leurs marge, et adapter leur réseau à un volume matériel en très nette diminution. Le fait est également qu'une grande partie de la valeur ajoutée des maisons d'édition est liée à ce circuit, et la bascule au numérique remettra en cause les équilibres établis entre auteurs et éditeurs, qui jusque là rendaient quasi-impossible l'accès direct au marché aux auteurs indépendants.
Outre les maisons d'éditions, les agents ont également beaucoup à perdre, et avec l'affaiblissement des éditeurs, il leur faudra également trouver une nouvelle place dans le paysage, mais je suis  tout à fait d'accord avec Hélène Ferey concernant l'aberration et le conflit d’intérêt que constitue pour eux un passage à un mode mixte agent/éditeur.

Enfin, les problèmes liés à la "volatilité" des livres, qui peuvent traverser les frontières malgré les contrats d'édition mettent justement en évidence l'inutilité/l'absurdité des géo-restrictions pour les livres numériques. Alors que ces contrats d'édition restreints à un territoire avaient un sens pour le livre papier, contraindre ainsi les versions numériques me semble une aberration.

Saturday, September 24, 2011

Le relecteur Littéraire

Dans la suite du post précédent, concernant les éditeurs/editors, je suis retombé sur ce blog de J.A.Konrath...
Et n'ai pas résisté au besoin de le traduire.

Le "relecteur littéraire" (acquisitions editor) est la personne chez un éditeur, chargée du contact avec les auteurs, par exemple pour le choix des livres, et les discussions "éditoriales".


http://jakonrath.blogspot.com/2010/09/acquisitions-editor.html

Le relecteur littéraire

Quatrième étage de la Tour Top Branchée, New York
(Auteur est escorté par un Assistant dans le bureau de l'Editeur)


Editeur: Bonjour ! Assistant, peux-tu m'apporter un cappuccino, larme de lait, deux Stevias ? Auteur, voulez-vous quelque chose ?

Auteur: Non, merci.

Éditeur : Installez-vous, je vous en prie.

(Auteur s'installe face au bureau d'Editeur)

Editeur: Je suis heureux de vous dire que nous allons publier électroniquement votre nouveau roman. Escitant, non ?

Auteur: Je suis flatté. Mais il y a quelques points que je ne comprends pas. J'espérais que vous pourriez les éclaircir pour moi.

Editeur: Bien sûr. Je suis là pour vous. Nous sommes partenaires maintenant. Quelle période excitante.

Auteur: Ouais. Bon, tout d'abord, j'essaie de comprendre cette structure de royalties.

Editeur: C'est du standard. Vous recevez 25% des reçus nets.

Auteur: Avec le modèle d'agence, ça signifie que je gagne 7.5% du prix catalogue.

Editeur(radieux): Pas mal, hein ? Si c'était un de ces vieux livres poches démodés, vous ne gagneriez que 8%.

Auteur: Mais les poches coûtent $7.99. Vous voulez vendre mes ebooks pour $9.99.

Editeur: Nous avons déterminé que c'était le meilleur prix.

Auteur: Comment ?

Editeur: Excusez-moi ?

Auteur: Comment avez-vous déterminé le meilleur prix ? Avez vous demandé des études ? Sondé des lecteurs ? Expérimenté avec différents prix ?

Editeur: Nous sommes arrivés à $9.99 en le comparant au prix des livres papiers.

Auteur: Mais les livres papiers coûtent de l'argent à créer. Il y a l'impression et le transport. Et même comme ça, les poches sont à moins de $9.99.

Editeur: Nous suivons juste le marché.

Auteur: En fait, non. Vous déterminez le prix de vente. C'est vous qui positionnez le marché, vous ne le suivez pas. Et $9.99, me semble élevé.

Editeur: Vous devriez nous laisser nous préoccuper de ça. C'est pour ça que nous sommes partenaires. Vous vous concentrez sur  l'écriture, nous nous occupons de la partie affaires. Ca fait parties des services que nous proposons.

Auteur: Quel est ce service, déjà ? Je veux dire, il n'y a pas d'impression, de transport...

Editeur: Vous croyez que ce sont les seuls coûts impliqués pour mettre un livre sur le marché ? (rire forcé) Vous autre auteurs êtes si naïfs.

Auteur : Éclairez moi, je vous en prie.

Editeur: Et bien, nous relisons. Les livres ont besoin de relecture. Nous créons aussi la couverture. Les livres, même émectroniques, ont besoin de couverture.

Auteur: Continuez.

Editeur: La liste est tellement longue que j'ai du mal à tout retenir. Il y a, euh, la présentation catalogue (catalog copy).

Auteur: Vous présentez les ebooks en catalogue ?

Editeur: Ben, non. Mais nous faisons beaucoup de promotion.

Auteur: Comment exactement faites vous la promotion des ebooks ?

Editeur. C'est si nouveau que nous sommes encore en train de le découvrir. Mais nous avons très récemment emmené l'équipe à Seattle pour des réunions sur comment faire la promotion des ebooks. Nous y sommes restés deux semaines. Je crois que nous avons fait de réel progrès.

Auteur: (dans sa barbe) Vous pourriez peut-être faire une réunion pour mieux choisir où dépenser votre argent.

Editeur: Ces réunions auront lieu le mois prochain en Floride. Au Ritz Carlton. On va payer Warren Buffet comme conférencier.

Auteur:(soupirant) Y a t'il d'autres coûts pour mettre un ebook sur le marché ?

Editeur : Il y a la publicité.

Auteur: Vous faites de la publicité pour les ebooks ?

Editeur: On le prévoit, quand on aura le temps. Peut-être sur ce Facebook. Les enfants semblent adorer. On utilise aussi Twitter.

Auteur: Facebook et Twitter sont gratuits.

Editeur: Les publicités sur Facebook sont payantes.

Auteur : Personnellement, sur combien de publicité Facebook avez-vous cliqué ?

Editeur: Aucune. Ces trucs stupides m'énervent.

Auteur: Alors, soyons clairs. Il n'y a pas de prix d'impression, de transport, de stockage, et vous ne faites ni catalogue, ni promotion, ni publicité...

Editeur: (claquant des doigts comme s'il se souvenais de quelque chose)) Nous formattons et téléchargeons aussi les ebooks aux revendeurs.

Auteur: Combien de temps ça vous prends ?

Editeur : Pardon ?

Auteur: Pour éditer un livre, faire une couverture et le formater ?

Editeur: Eh bien, On peut passer deux ou trois semaines sur un titre pour le préparer.

Auteur: Neuf mois.

Editeur: Quoi ?

Auteur: Neuf mois, en travaillant 60 heures par semaines. C'est ce que ça m'a pris pour écrire mon roman. Ca semble un peu plus long et dur que vos trois semaines. Et pourtant, je ne récupère que 1.5% du prix que vous choisissez. Savez vous quel est votre pourcentage ?

Editeur: Comme ça, non.

Auteur: Vous prenez 52.5%.

Editeur: Vraiment ? Euh.

Auteur: Pour moi, ça ne me semble pas juste.

Editeur: Vous ne semblez pas comprendre que vous avez besoin de nous. Sans relecture et couverture...

Auteur (l'interrompant)Disons que vous vendiez dix mille copies. Ce qui, à votre trop grand prix, semble improbable. Mais disons que vous y arriviez. Ça veut dire que je gagne $17 500...

Editeur : Une jolie somme...

Auteur: ... et vous gagnez $52 500. Même si vous n'avez travaillé dessus que trois semaines.

Editeur: Mais vous admettrez que nous avons créé pour lui une couverture du tonnerre.

Auteur: C'est vrai. Mais pour cinquante mille dollars, je parie que je pourrais moi-même acheter une couverture honnête. Je parie que je peux payer un docteur pour réveillez Pablo Picasso de parmi les morts et lui faire faire la couverture.

Editeur: N'oubliez pas la relecture.

Auteur: Combien de temps ça vous prends pour relire un manuscrit ?

Editeur: Pardon ?

Auteur: En heures. De combien on parle ? Dix? Vingt ?

Editeur: Ca peut prendre jusqu'à cinquante heures,  avec de multiples parcours complets, et la "line edit".

Auteur: Combien gagne un relecteur par heure ?

Editeur: Pardon ?

Auteur: Disons 50 dollars par heure? Je trouve ça beaucoup, et aussi que votre estimation de cinquante heures est trop élevée, mais même en prenant ces deux là,, on arrive à seulement $2500. Et d'après le "Artist & Graphic Designer's Market", la couverture devrait coûter aux alentours de $2000.

Editeur: N'oubliez pas le formatage et le téléchargement.

Auteur: Je peux payer un gars $200 pour formater et télécharger le livre. En fait, je peux aussi payer un gars $300 pour la couverture et un relecteur pour faire à la fois le "content" et le "copy editing". Mais vous ne me facturez pas 1000 $ ni même 4500 $. Vous prenez 52 500 $. Et ce prix peut même grandir? Si j'embauche mes propre éditeur et artiste, ces prix sont fixes. Vous continuez à prendre vos 52.5% pour toujours.

Editeur: Vous ne semblez pas comprendre. Savez vous combien ça coûte de louer ce bureau ? Nous payons 25 000 $ par moi, hors charges? J'ai trois assistants. Nous avons la couverture médicale... et des frais ! Avez-vous idée de combien ça coûte d'inviter les agent littéraires au déjeuner ?

Auteur: Mon agent n'a pas participé à cet accord.

Editeur: Rien à voire !

(Assistant entre, avec le café)
Assistant: Voici votre cappuccino, Editeur.

Editeur: Voilà un autre coût! Nous avons payé 5000 $ pour cette machine à cappuccino ! Comment sommes nous sensés rester dans survivre sans nos 52.5% ?

Auteur:(se levant) Je crois que nous avons terminé.

Editeur: Attendez une seconde ! Vous avez besoin de nous ! Sans nous pour valider votre travail, vous ne serez jamais considéré comme légitime ! Vous ne serez qu'un riche inconnu!

(Auteur se tourne pour partir)

Editeur: Pensez à ce que vous ratez! Quand on fait une couverture, nous le faisons sans le moindre ciblage, et ne portons aucune attention à vos souhaits ! Nous changeons arbitrairement votre titre pour quelque chose qui nous semble mieux, sans aucune preuve! Nous prenons douze mois pour publier un livre après que vous ayez rendu le manuscrit quand ça ne vous prendrais qu'une semaine ! Nous payons deux fois par ans, plutôt qu'une fois par mois si vous publiez vous-même, et notre comptabilité est difficile à comprendre et peut-être biaisée! Et puis on peut vous laisser tomber sans raison particulière! Vous ne pouvez pas renoncer à tout ça!

(Auteur s’arrête, puis se retourne).

Auteur: Ah; c'est vrai que j'ai besoin d'un éditeur.

Editeur: Vous voyez, je vous l'avais bien dit!

(Auteur tend à Editeur sa carte de visite)

Auteur: Quand votre société aura fait faillite et que vous vous retrouverez a chômage, je veux que vous me contactiez. Envoyez moi une lettre. Listez vos qualifications pour relire mon livre, ainsi que vos tarifs. Mettez aussi une enveloppe affranchie à votre adresse. Si je ne vous réponds pas dans les six moi, pas besoin de me relancer. Ça veut dire que je ne suis pas intéressé...  

Wednesday, September 21, 2011

Editeur VS Editor. Fight !


Dans toutes les discussion actuelles que j'ai en français sur l'auto-édition/publication, revient un problème de vocabulaire : le mot "éditeur" et sa "traduction" directe "editor" sont loin d'être équivalentes. Bien que pas complètement "faux amis", on est très loin d'une adéquation totale.

Le terme le plus correct pour traduire "Éditeur" serait "Publisher" (qui pourrait être en retour traduit par "Publieur" mais ne l'est qu'en référence au terme anglais.). Je vous renvoie à l'article Wikipedia pour plus de détails (http://fr.wikipedia.org/wiki/Édition_littéraire)

Cet article Wikipedia présente la chaine du livre en 5 étapes :
  • La création,
  • De l'auteur à l'éditeur,
  • De l'éditeur à l'imprimeur,
  • L'impression
  • La commercialisation.

Sur ces 5 points, seuls les second et troisième points sont directement couverts par l'"editor" anglais.
Une définition de ce terme (restreinte au domaine des livres) pourrait être "personne qui corrige, révise ou adapte un texte". 
Un découpage plus fin peut encore être effectué :

L'acquisition editor, est un "employé" du publisher, dont le rôle est après un premier filtrage, de choisir parmi les manuscrits reçus un certains nombre de candidats "sérieux" à publication. Intégré à l'équipe éditoriale, il poussera ses "poulains" pour qu'ils soient publiés.
2 liens :
http://jakonrath.blogspot.com/2010/09/acquisitions-editor.html

Puis, on peut distinguer différents niveaux de finesse au niveau de l'édition :

Cohérence globale, Style général etc... sont plutôt gérés par un "Copy editor".
Son rôle est de rendre un livre homogène et cohérent. Par exemple il cherchera les "trous" ou les incohérences dans la trame, les mauvaises habitudes stylistiques de l'auteurs.
http://en.wikipedia.org/wiki/Copy_edit

http://en.wikipedia.org/wiki/Editing

Le "Line Editor" est plus concerné par la cohérence grammaticale, syntaxique, ponctuation etc, au niveau des phrases ou des lignes de textes.
http://www.wisegeek.com/what-is-a-line-editor.htm

Enfin, le "Proofreader" (Relecteur en frannçais ?) s'assure de l'absence de coquilles après formatage du livre.

Bien sur, un editor peut exceller et exercer dans ces trois "niveaux", mais pour autant, à force de relecture d'un même texte peut perdre sa "sagacité".

Dans les faits, un "éditeur" à la française prend à sa charge les taches liées à l'"editor", ce qui lui permet de publier un texte sans fautes majeures, tel qu'attendu par les lecteurs. 
De ce fait, il semble évident qu'un auto-publieur sous sa casquette de Publieur, doit assurer (personnellement ou en faisant appel à des "editors" externes) ces tâches d'édition.

[MAJ] Obtenu par l'intermédiaire de l'HADOPI quelques équivalences "françaises" aux termes anglais :
le proofreader est le "relecteur des épreuves"
le copy editor serait le "relecteur du texte", celui qui fait des suggestions de réécriture
le line editor serait celui qui vérifie la typographie et la place des virgules et des points
(pas de certitudes sur les deux derniers)
Merci à eux :-)

[MAJ2] Voici un article très clair concernant les relectures ! Ça me manquait !
http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2011/09/26/bookcamp4-leconomie-de-la-correction/
et puis
http://www.liberation.fr/culture/0101612104-correcteurs-a-rude-epreuve