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Monday, April 15, 2013

Celcius 451

Celsius 451 : Température à laquelle fondent les liseuses ?

Depuis que Ray Bradbury l'a écrit, on sait tous que 451 degrés Fahrenheit est la température à laquelle le papier brûle. Fahrenheit 451 c'est aussi une de mes grandes claques de lectures de SF, et sans doute aussi un des points de construction de ma conscience de militant livresque (y compris numérique).

Parmis les choses que j'ai gardé du livre, il y a un respect des oeuvres, évidemment, mais aussi de l'objet en lui même, en tant que média du texte.

http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Bibliothek_kalocsa.jpg

Déjà, avant 451, j'ai été éduqué dans le respect de l'objet : on ne corne pas les pages, on n'écrit pas dedans... Mais avec cette lecture, c'est une nouvelle dimension qui commençait. Au delà de la conservation de l'objet pour moi-même, s'y ajoutait la Postérité. Mais l'objet livre avait alors une posture presque sacrée, et c'est donc avec remords que je vivais alors ma passion de la lecture.

Soigneux, je ne le suis pas. Combien de livres laissés trainer dans ma voiture, combien rongés par l'humidité dans la cave, où je n'avais pas de place pour les ranger correctement. Culpabilité.

J'aime le livre, l'objet. Mais je ne le mérite pas.
Alors la lecture numérique, je l'accueille à grand pas. Plus besoin de culpabiliser quand je trouve un livre trop lourd ou encombrant. Plus de soucis de rangements ou de galère pour trouver ce livre que j'ai peut être gardé tout au fond, là bas...

Quand à la postérité, qu'on se moque ou qu'on critique, je ne permets pas à quiconque qui apposerait des DRMs ou proposerait du streaming uniquement de me donner de leçon.

Plus de maltraitance, de culpabilité, c'est tout simple, il ne me reste plus que le


Lire.



Monday, April 1, 2013

Chronologie des ebooks. Deux exemples

Deux approches de la chronologie Ebooks/Papier différentes, je sais parfaitement laquelle je préfère.

Approche 1


Je ne vous ai pas dit je crois, mais j'aime beaucoup Ayerdhal, ses œuvres et ses combats.  C'est donc avec la plus grande impatience que j'attends chacun de ses nouveaux livres. Rainbow Warriors, publié récemment chez Au diable vauvert ne déroge pas à la règle. Sauf qu'il n'est pas dispo en numérique et en intégralité avant encore quelques semaines . Certes, il est découpé en rondelles, et trois de celles-ci sont accessibles déjà, mais je ne comprends tout de même pas pourquoi il n'est pas dispo en version complète.



Côté tarifaire, rien à dire. 8 € (7 pour la version saucisson) c'est tout à fait honnête, voire une très bonne affaire. Je serais à vrai dire prêt à en payer 12 tout de suite, voire  15 € même pour l'avoir en avant première.

Mais quelle insulte pour le lecteur exclusivement numérique que je suis. La seule explication que je vois est une défiance vis-à-vis des pirates, dont je ne suis pas. Et c'est moi qui en pâtis.

Un peu déçu par son manque de disponibilité chez Immatériel, je ne peux qu'applaudir le choix de ne mettre aucune protection.

Approche 2


Comparons ça à la diffusion de "Captain Vorpatril's Alliance" de Lois McMaster Bujold chez Baen.
Disponible quelques temps avant sa parution officielle, les afficionados (dont moi) avaient la possibilité d'en acheter une version numérique "Advanced Readers Copy", dont la relecture n'est pas définitive, pour le prix exceptionnel de 15$. La version numérique finalisée était mise en vente pour 10$ le jour de la sortie de la version papier grand format (25$ , dispo à 15$).


Elle était également disponible dans une version "Achat Groupé" dans l'offre "Monthly Baen Bundle" de novembre 2012, (6 livres dont 3 nouveautés) pour 18$, disponible par tronçons sur 3 mois. Comme je n'apprécie pas la lecture fractionnée, je ne suis pas à vrai dire fan de cette offre, mais elle a le mérite d'exister et d'avoir un très bon rapport lecture/prix.

Et puis j'oubliais un petit détail : cette version est (comme tous les ebooks chez Baen) sans DRMs.

Conclusion

Alors, à votre avis, quelle offre a t'elle mes préférence ? On pourra me dire que la version Au Diable Vauvert est moins chère. Pourtant, je me sens frustré et insulté par cette vente différée du livre complet en numérique. Ah, oui, et un risque aussi : que j'oublie/rate la sortie effective de la version numérique complète et diffère son achat à plus tard...

J'attends avec impatience la mise à dispo complète. Mais en attendant, je maudis l'éditeur.

Et vous ? Qu'en pensez vous ? D'autres hypothèses pour ce découpage  et décalage ?

Thursday, March 28, 2013

Quelques lectures en Français

Je viens de finir un livre, et me dis que décidément, ça fait longtemps que j'ai aps écrit de chronique de lecture.

Pas de pot, c'est pas encore pour aujourdhui.
Je vais juste mettre quelques notes vites faites.

Donc mes petites lectures...

Réalités Virtuelles de Pierrick Messien.
4* pour un recueil de nouvelles sombres, toutes dans le même univers. Moi qui n'aime pas d'habitude les nouvelles, j'ai été bien accroché par celles là. M'a rappellé un peu dans cette ambiance sombre Wool de Hugh Howey

Le chemin du retour de Neil Jomunsi
On parlait de nouvelles, et celle ci est également réussie. Beaucoup de surprises dans ce conte "initiatique", avec un travelling sans cesse déroutant.
Je suis rentré dedans au premier degré, et n'ai pas cherché plus loin. Il faudra que j'y retourne, chercher toute la réflexion et la subtilité qu'on sent poindre derrière. 3 bonnes *, service à suivre.

Plongée sur Rlyeh par Loïc Richard
Un LDVELH dans la collection Rendez-vous au 14 des Studios Walrus.
Du Cthulhu classique, très classique, de bonne facture, mais sans la touche d'humour marque de fabrique du Walrus. Ca m'a manqué. 3*.

Le Sang des 7 rois de Régis Goddyn
Rah que c'était bon. Un bon livre médiéval fantastique. Qui partait médiéval tout court d'ailleurs, dérivant doucement dans le med-fan, remettant petit à petit en cause tous ce qu'on pensait acquis comme historique...
4,5 * . J'attends la suite avec impatience.

Tuesday, March 12, 2013

La french touch de l'impression numérique

Mes lecteurs réguliers le savent, je regarde beaucoup ce qu'il se passe de l'autre côté de l'Atlantique (et de la Manche) en ce qui concerne la publication numérique. Et je le faisais déjà bien avant le démarrage effectif de l'offre numérique française. C'est pour ça que la première fois qu'on m'a parlé de "code" en ce qui concerne les ebooks, j'ai dû avoir les yeux GROS COMME ÇA.

Bigre, du code, dont on ventait la médiocrité (ou pire), dans les ebooks ? Jamais je n'avais vu ça dans mon expérience de lecteur numérique. Dans les forums anglophones que je fréquente, lorsqu'on parle de la transformation à partir d'un texte brut, pour en faire un ebook, on parle de formattage, et la plupart du temps, peu importe vraiment la beauté ou la pureté de ce qu'il contient, un rendu correct est déjà largement suffisant.

Exception culturelle ? 

Et voilà que je découvrait dans le monde Francophone une exception (culturelle ?) : des gens qui se font un point d'honneur de faire des ebooks aussi beaux sous le capot qu'à l'extérieur. Et non pas de l'esthétique à tout prix, mais surtout du fonctionnel.

Dans un premier temps, il faut bien le dire (et pardon les gars), j'ai pensé :
"Mais qu'est-ce qu'on en a à foutre, ce qui est important, c'est le texte bordel.".

Et puis plus ça va, plus je me rends compte, en effet, qu'en deçà d'un certain niveau, le texte est complètement desservi par l'impression. Et là je ne parle que du visible. Dans l'invisible, j'ai eu aussi des mauvaises surprises, avec des textes illisibles du fait de lenteurs inacceptables  lors du parcours du livre. A l'opposé, dans certains cas, une mise en page de qualité va sublimer le texte.

Voilà où j'en suis maintenant. Avec d'un côté anglophone, une très grande majorité de la production tout juste formattée "correctement". Et chez nous, des artistes/artisans du CSS, du HTML5, de la typographie et du design des ebooks.

Ben ouais, c'est pas bo, mais ça marche... non ?

D'un autre côté, il faut bien avouer que "l'impression numérique", c'est un poste de coût sur lequel les publieurs (auto ou non) font souvent au plus meilleur rapport qualité-prix, avec une pondération plus importante sur le prix. Par exemple j'ai lu il y a peu de temps un très bon ebook d'un bon éditeur dont le formattage laisse à désirer et qui m'a en partie gêné dans la lecture. C'est vraiment dommage.

Chapeau bas donc aux imprimeurs numériques : LecteurEnColère, Chapal&Panoz, Walrus, Gwen Catala ... et tous les autres que je ne connais pas. Puissiez-vous continuer à améliorer la lecture des livres sur lesquels vous travaillez, et convaincre les publieurs de faire plus attention à cet aspect là du livre numérique.

Sunday, December 16, 2012

My auto-buy authors

Here comes the end of the year, and a good time to draw some conclusions... The easiest one is that I still love reading. And that's thanks to the authors. I'd like to tell you about a few of them... the ones whose books I buy ASAP (As Soon As Published).

With Christmas so close, and if you're looking for some books to gift (to yourself or an someone else), I'd suggest checking them out... 

Lois McMaster Bujold

Lois McMaster Bujold is a "traditionally published" author, known among others, for her "Vorkosigan Saga".  While Vorkosigan is mostly Science Fiction, I also love her Fantasy series, Challion and Sharing Knife.
Her Vorkosigan books can be bought as ebooks at Baenebooks.com, the others at  your usual e-bookseller.

Lindsay Buroker

Lindsay Buroker is a "self-published" author. I really love her "Emperor's Edge" series, and its cast, taking A-Team to the next step in banter and steam-powered (inter-)action. I usually buy her books from Smashwords.

Jacqueline Carey

An other "Traditionally-published" writer. I came to her books by "Kushiel's dart", and couldn't leave. Great world creation, great characters, great dramatica. You like it Epic ? You GET it. (And you can find her ebooks at your usual ebookseller.)

C.J.Cherryh

Politics ? trust issues ? genius and incertainty ? solitude and friendship ? love and salad (private joke) ? C.J is a master. THE Master. Also "Traditionally published", you can find some of her work at e-booksellers, but not all. And since she's started to update and sell directly (www.closed-circle.net), I'm not quite sure of the availability of the rest. But in the meantime, I buy what I find. 

Debora Geary

Ready for an easy read ? Ready for a new Lurving Family, for neighbours you'd love to have next door ?  Ready for tears, sad ones and happy ones ? Straight on the emotional edge, it's almost cheesy, but NOT. 
Debora Geary is a self-published author. I won't tell you where to buy her books. Nuff' said.

Andrea K. Höst

An other self-published author, Andrea K Höst won me over the first part of her "Touchstone" trilogy. I read all her books in the following month. Good world-building and writing, great heroines, Andrea K. Höst is the queen of the displaced and the "sudden change".On her blog she says she plans on increasing the price of her published ebooks.  Buy it when you can. You'll thank me for the advice.

Nathan Lowell

Whereas some of the previous authors in the list are great on special effects, Nathan is even better on subtle ones. No need of flashes and thunder, of laser shots and nuclear bombs, the story and cast don't need them. 
You'll have troubles finding most of his ebooks, since he's currently in the process of re-publishing them, but you can listen to them all at podiobooks.com.


Saturday, November 3, 2012

Blog Tour : Wing (The Unfinished Song Book 5) by Tara Maya

The first comment on this blog was by Tara Maya, more than a year and a half ago. I seem to remember I'd discovered her in the comments on Joe Konrath's blogs, was interested by what she said, and read the first of her books : "The Unfinished Song : Initiate" (Free).
While not perfect, Initiate was one of the books that convinced me that, indeed, good to great books could be found from self-published authors.
Last month, Tara published the 5th book of here Unfinished Song Series : Wing. As she was looking for hosts for her blog tour, I proposed she stop by as a guest on mine.
In her blog tour, for 12 days, each host will post an excerpt of Wing on his blog. What follows is my excerpt, and I must say that I'm really gratefull I got that part, since it fully reflects my feelings about her series, as expressed on my review.
Additionally, and if all goes well, I should have an other post from Tara Maya (you can follow her on her blog at taramayastales.blogspot.com/) before the end of the month.

But for now, I'll leave you with Dindi and Umbral

Wing : Book Five, released on October the 12th

She was helpless. With a single touch, the man in black had reduced her to quivering flesh, yearning for more of whatever he had done to her. Even after he released her, the aftershock left her whole body tingling.
Dindi recognized the Deathsworn menhirs, but he had no right to bring her here. She was not wounded, condemned or sick. By the law of light and shadow, his kind had no claim to her. But he had stalked her, deceived her and captured her. If he knew the law of light and shadow, he obviously did not give a damn.
She still did not know why he wanted her.
His strange, dark beast crouched overhead, hiding them from the rain under huge leathery wings. The man in black lit a circle of flame around them with a single gesture.
His face. His lie of a face. Why did he have to have that face?
He loomed over her with a jet knife in his hand. Despite the fire, her teeth chattered.
He brushed the wet hair from her face. The dagger rose and fell, and a piece of her wet Tavaedi’s costume fell away. Methodically, he cut away her clothes. When nothing remained but a wet scrap over her most discreet elements, he draped a dark wool wrap over her and toweled her wet skin. Where he had had the woolen stored, she did not know. His strong hands brushed her flesh, but he took no liberties. No pinching, no grabbing. He might have been rubbing down his horse. Bat. Whatever it was. Yet that only made the sensation more insidiously sensuous.
Once the wet clothes were gone, the warmth from the fire stilled her shivering.
“Better?” he asked.
The voice. Even the voice was his.
“Untie me.”
He shook his head with a slight, sad quirk of a smile.
That twist of his lips, so familiar, broke her heart.
“I don’t belong to you,” she said.
“I know.”
“Set me free.”
“I will.” He held up the blade. “Though not in the way you hope.”
Terror colder than the ice rain pelted her. “You promised you would not hurt me.”
“And I will keep my promise. It won’t hurt. I will deliver you to my Lady as gently as a mother wraps a babe in lamb fleece. It will feel just like falling asleep. Warm and soft. Painless. Except you will never wake up.”
Tears squeezed out the corners of her eyes. “Please don’t kill me.”
“I take no pleasure in this.”
“Then don’t do it.”
“I have no choice. It is your destiny to die, and my duty to be the one who takes your life.”
He wanted to justify himself? Good. Keep him talking. She searched the ground where he had cast her cut up rags. Among the debris was the corncob doll. She did not want to draw his attention to it.
“Make up your mind,” she said. “Is it destiny or duty? If it is a duty, then you have a choice. You can only blame destiny if you are someone’s slave. Are you a slave, Umbral? Or are you your own man?”
His lips twisted again. “You are tied to a rock, helpless, about to feel my blade at your throat, but you won’t give up, will you? I’m afraid I’m not easily goaded, sweet swan.”
“Don’t call me that.”
He stopped smiling. “You are correct. I haven’t the right.”
Slowly, he circumambulated the stone where she was bound. He scraped the tip of the obsidian blade against the granite as he walked. Backlit by the circle of fire, he was an ominous silhouette. The scratch-screech of stone rubbed on stone made her fists clench.
“If I am to die, may I at least know what I have done to deserve this so-called fate?”
“It won’t change what must be done. But if it comforts you, I will tell you what I know. In all of Faearth, there were only two strands left of Aelfae power which bred true. One ended in Kavio, only son of the White Lady. The other was hidden for generations, but at last we have found it. It ends with you.”
“So you killed Kavio and you’ll kill me, all to eradicate the last speck of the Aelfae?”
“The Lady of Mercy offered you a chance to join her. You rejected her love. Instead, you aligned yourself with the fae, and promised to undo the Gift of the Unfinished Song.”
“The Gift? You mean the Curse? You mean the genocide of the Aelfae?”
“It may have been a Curse to the Aelfae, but it was a Gift to humankind. They had to lose this world that we might gain it.”
Knife scrapped stone. A vulture circled helpless prey the same way he circled her. When he reached her wrists or ankles, he let the dagger very lightly trace a line over her limbs, though without drawing blood. The blade did not yet cut, it caressed.
“I know what you would argue,” he said. “Why could I not simply accept your word that you would not help the Aelfae. You could still learn to love Lady Death—”
“No.” Dindi found herself strangely calm. Angry yet serene, afraid yet fierce. “I will never love or serve your Lady. As long as I have breath, I will fight Death.
If I could bring the Aelfae back this minute, I would do it. Not because it’s my destiny, but because it’s wrong to destroy a whole people, even in a war. Humans crossed a river that should not be crossed.”
His low, throaty chuckle tickled over her.
“Thank you, Rainbow Dancer, for trying to make my job easier by relieving me of any dismay I might feel saving the world from you. But strangely, even knowing you would be a willing traitor to you own kind, I cannot love my duty to destroy you.”
“Traitor to my own kind? You yourself said that I am the descendent of both human and Aelfae. How can I take sides in their war without betraying half of my blood?”
“Indeed. I do not blame you for following your nature.” He paused so that he stood right over her, and the firelight illuminated his face. He brushed his fingers against her cheek. “The Aelfae were ever the most dangerous of the fae to humans: More seductive than any of the other High Faeries, and the only ones whose unions with humans bore fruit. For their part, we meant nothing to them.
All our taboos, our tamas, and our betrothals were but toys to them, to enter or break at will. Yet despite their scorn, or perhaps because of it, we found them irresistible. Some say no human could ever meet an Aelfae without falling in love.
“Maybe that is why when I saw you, I…”
He pulled back his hand abruptly.
Then, to her disbelief, he knelt before her. “Let me do you the honor of being the first and last to recognize you, Vaedi, before I end your life. You will never know what it costs me to do my duty.”
A moment later his dagger poised over her throat. She felt the cold knapped edge balanced against her jugular.
“It will be quick,” he promised hoarsely.
“Please,” she said with a catch in her voice. “At least do not do it wearing his face. Do not let me die looking at my murderer in the body of the man I loved.”
“It is you who determines how I appear,” Umbral said. “I cannot change it.”
So, for a moment, Dindi stared into the devastating face of Kavio as he prepared to kill her.
Then she squeezed her eyes shut and called on a Vision.

Saturday, September 1, 2012

Who's asking for DRMs ?

I reported a few days ago about the hurdles the Chief Editor of a Webzine had to jump over before reading an ebook the way he wanted (in fact, he can't, except by bypassing the DRMs). Someone commented that the DRMs were often asked by the authors or their agents. That's right, I've sometimes seen author specifically choose DRMs, but it's not (by far) the majority. It probably comes from a distinct sampling, mine being more self/indie published centered.

However, it is easy for everyone to point at authors, even when communication comes from top-management (Arnaud Noury, CEO of Hachette Books). One could say that by having this posture, Arnaud Noury is protecting his authors by taking responsibility of their wishes. But in that case, how can you explain the kind of strong-arming which Cory Doctorow reported a few weeks ago, in which the Publisher forces authors to use DRMs even against their wishes ?

Sure, if publishers explain authors how DRMs are better (billy club in hand), no wonder they agree to ask for them.
And when I write about publishers, editors, agents, authors, I don't speak of individuals, who in their majority are against DRMs, but as the resulting outcome : majority is outvoted by the fewer DRM proponents, with a clear result of having DRMs on most of the ebooks. That's not only too bad, but also counterproductive, hinders cultural progress (short, and long term), but also (I think) creates copyright infringement habits.

But all the onus is not on publishers, agents or authors... ebooksellers have their part too.  They could for example put some pressure on publishers, or reach a little bit midway by implementing Watermarking solutions as an additional option, alternative to full-scale DRMs. Publishers, if you're against DRMs, but don't feel like cutting all copyright protection, why don't you ask for it, like J.K.Rowling (among others) did ?
Watermarks are not perfect, sure, but it is way more customers respectful, and will have less backlash and long term negative effect.

Thursday, August 30, 2012

DRM failure again ? (Prix FNAC 2012)


It's been a long time since my last English post, so this one is long overdue. Luckily, yesterday has been great for my inspiration.

Before going into the events, you need some background :
"la FNAC" is a chain selling books, CDs, game consoles and electronic products. After a disastrous beginning with ebooks on it's own (the infamous FNACbook e-reader and lack of content being major culprits), la FNAC found in Kobo at the end of 2011 a good partner to compete against Amazon's arrival. This partnership gives a solid offering, more or less equivalent to the Kobo one in Canada. Each year, during the "rentrée littéraire" period, the FNAC organizes its own reward for a litterary novel, the "Fnac prize". It is customary that a copy of the recipient book is gifted to all the attendants of the ceremony. This year, however, there was a subtle twist to the event : the copy was not given as a paper book, but as an ebook coupon. One of the guests was Nicolas Gary, chief editor of ActuaLitté, an independent web-zine dedicated to books (and ebooks) related news. The rest is history ...

On receiving the ebook, his first test was to install the Kobo application on his Mac. However, due to a bad "digital signing" of the application, the installation failed, and Nicolas, lacking the technical knowledge to disable the check,  reverted to install (and configure) successfully ADE.

This time it worked correctly, and he was able to read the book. Similarly, he also was able to install and the Kobo/Fnac application on his iPhone, with the same success.

However, the story doesn't finish here... Used to the Apple environment, what he wanted was to read the ebook on the software he is used to read on : iBooks. I guess you know where it leads ? iBooks not being able to read Adobe DRMized ebooks, dear Nicolas is of course unable to read the ebook the way he wants. Instead of being happy with the book, he feels trapped in an ecosystem that he doesn't want to stay in !

After so many technical hurdles, and instead of having an happy audience taking pleasure in reading the prize winner, you have a bunch (Nicolas was not the only one having troubles with it) of guests frustrated by the whole experience... I take that as a win against DRMs and closed ecosystems, but as a loss for ebooks generally and also for the Prize winner, clearly not the Fnac's goal for the evening.

Source:
Prix du Roman Fnac : Patrick Deville, ou la bataille numérique
and
Verdict : le prix du Roman Fnac, écueil numérique bien verrouillé

Monday, August 27, 2012

Lectures inavouables

C'est tentant en fait, de lire des livres érotiques sur liseuses : Achat et téléchargement discret, pas de couverture compromettante en cours de lecture, prix en général compétitifs...
Dans le numérique, personne ne vous entendra rougir...

Maintenant, mettons ça au clair tout de suite : ce n'est pas moi qui ai lu ces livres, mais un lecteur inconnu qui m'a fait part de ses lectures ;-) . Mais si d'aventure il m'arrivait de lire ce genre de littérature, je ne vous le dirais pas, pudeur oblige.

Voici donc quelques mini-chroniques de lecture que ce lecteur anonyme a bien voulu partager avec vous...

Tout d'abord un petit détail sur mes goûts : érotique, oui, porno, aussi, mais j'apporte de l'intérêt à l'histoire et aux personnages. Un scénario minimaliste genre "gonzo" ne me suffit clairement pas. Les histoires plus longues me plaisent en général plus. Concernant les "scènes", une description "mécaniques" ne me suffit clairement pas, voire me rebute.

En Français tout d'abord, chez un éditeur qui n'a pas froid aux yeux et peur du mélange des genres...
Numériklivres avec sa série Sextasy, trois auteurs actuellement : Paloma Casanova, June Summer et Christy Saubesty, avec des prix (et des durées de lectures) divers et sympathique. Plutôt des histoires courtes (ans la série "45 minutes"), mais aussi un roman "Les Talents cachés du docteur Swann". Dans l'ensemble autour de 3 étoiles, plus proche des 4 avec les titres de Christy Saubesty, et un peu en dessous de 3 pour les Casanova.
Sur le "docteur Swann" (4 étoiles), des regrets cependant : Si c'est Hot comme il faut, et si l'histoire se tient bien, il y a tout de même quelques "manques de finitions", qui concernent l'histoire justement. Sans vouloir "dévoiler" les surprises, on s'attend par exemple à ce que les activités du docteur soient source de soucis, et pas juste des regards noirs...

En anglais, j'aime beaucoup la série des romans (et quelques nouvelles) des Baumgartners par Selena Kitt, qui mêlent très bien les scènes très HOT aux intrigues plutôt "romance", et (petit)peu de développement des personnages. Pour moi c'est 4 à 4.5 étoiles. L'auteur est très prolifique, y compris hors des "ménages" qui sont caractéristiques de sa série Baumgartners. J'ai trouvé pas mal de bon dans ses livres.

En anglais aussi, un peu moins bon mais gratuit, Amulet de S. Wolf, est très honnête, et possède une suite (payante celle-là). J'avais aussi bien aimé le (moins érotique mais largement pour adulte) son Sex Zombies qui retranscrit parfaitement du 'porno' dans les zombies de série Z. Du pulp tout simplement.

Toujours avec un développement des personnages intéressant, et cette fois un peu fétichiste (fessée, femme pulpeuse), Safe With Me, de Shaina Richmond, est un long roman bien réussi relatant les relations entre les deux protagonistes, compliquées par les lourds secrets de la jeune femme. Avant de vous lancer dedans, vous pouvez essayer en téléchargeant la première partie, gratuite.

Et vous ? Avez vous lu et apprécié des ebooks "olé olé"  ? Si oui, lesquels conseilleriez-vous ?

Wednesday, August 15, 2012

Lecture : Haiku par Eric Calatraba

Même si ce n'est pas mon genre de prédilection, j'aime bien de temps en temps lire un petit polar, et comme j'ai une certaine attirance pour l'extrême-orient, j'ai téléchargé le premier tome de Haiku, par Eric Calatraba (dans le cadre de mon abonnement à Numeriklivres). Dès les premières pages, j'ai été accroché, le soir j'ai téléchargé le deuxième tome, et le lendemain, j'avais tout fini.




Bon, déjà, d'entrée, la couverture est parfaite, liant le classicisme du Katana et le cuir noir bien plus moderne d'une combinaison de motard. Mais ne nous appesantissons nous pas sur cette couverture, et ouvrons.

Il faut le dire, je ne porte en général mon attention sur le formattage que quand il est soit très bon, soit très mauvais. Et là, c'est le très bon. Lettrines, jolies fontes de titres de chapitre etc. J'adhère.
Mais, me direz vous, c'est assez de toute ces considérations esthétiques, ce qui vous intéresse c'est ce que j'ai pensé du texte !

Bon, je ne vais pas vous faire languir, j'ai vraiment beaucoup aimé. L'amateur de films de Hong Kong qui est en moi n'a pu que se régaler de cette ambiance rappelant entre autre Tsui Hark et John Woo (avant sa période américaine), et à laquelle ne manque finalement que les envolées de colombes.

Déjà, si le livre devait se résumer à cette ambiance se serait déjà pas mal, mais à elle se mêlent bien d'autres, parfaitement équilibrées, comme les senteurs dans un parfum de luxe.

On peut y retrouver des ambiances du sud, mais aussi d'autres pays l'étranger, de films de mafia... Mais surtout en contrepoint parfait des nombreuses traditions d'Asie, nous retrouvons celle  plus européenne de l'opéra. Ce sont les grands opéras qui assurent la bande originale du livre, pour notre plus grand bonheur. Et encore une fois un nouvel équilibre est apporté en ramenant le contexte dans l'actuel, tant par les accessoires matériels que par la thématique et la trame de fond...

Concernant l'intrigue justement, tout en avouant ne pas être un routard de ce genre, je dois avouer qu'elle m'a apporté juste ce qu'il faut de surprises, sans pour autant me désarçonner complètement. Bref, encore une fois nickel.

Mon seul regret est sur les personnages, un peu trop parfaits (y compris dans leurs imperfections) et pour les seconds rôles trop stéréotypés.

C'est un peu eux qui font rater les 5 étoiles à Haiku, qui en restera donc à 4 et demi.






Tuesday, August 14, 2012

Hachette, Tor, les DRMs (et exclusivité géographique)

J'ai passé mes vacances d'été et ait manqué l'histoire de LendInk mais juste pour mon retour en voici une autre ! Avec ça, si je ne remets pas le pied à l'étrier, c'est problématique...

Si vous êtes connectés et vous intéressez à l'actualité des ebooks, vous n'aurez pas manqué aujourd'hui de tomber sur cette petite nouvelle du jour : Hachette encourage les auteurs qu'ils publient à exiger des DRMs auprès des autres éditeurs.

Levée par Cory Doctorow en anglais, l'affaire est relayé en français par exemple chez IDBOOX et Actualitte.

Une petite précision préalable : la lettre ayant mis à jour cette politique est signée non pas par le PDG d' Hachette UK, mais par celle de Little Brown, une filiale d'Hachette UK. Pour autant, cette petite précision ne change pas grand chose au fond de l'affaire tant elle est dans le prolongement logique de la politique "protectionniste" d'Hachette.

Préambule 

Je vais tout de même faire une récap. de l'histoire, ne serait-ce que pour en faire quelque chose de compréhensibles pour les non-initiés.

(En choeur : "Oui, raconte nous une histoire, Père Castor !")

Au début étaient l'auteur et le lecteur, puis vinrent l'imprimeur et un jour l'éditeur. L'éditeur décida d'aider l'auteur à trouver un imprimeur et des lecteurs, en échange de quoi il prenait rémunération.

Un beau jour, et avec l'essor du transport, l'auteur se rendit compte que le rayon d'action d'un éditeur était finalement limité, et décida de "vendre" son livre non plus à un éditeur, mais à des éditeurs multiples, répartis géographiquement. Par exemple pour un auteur anglais, un éditeur pour l'Amérique du nord, et un autre pour le reste des pays anglophones.

C'est ainsi que plusieurs versions d'un même livres existent simultanément et dans la même langue. Chez feu "Brentano's" par exemple (librairie anglaise de Paris), on pouvait trouver simultanément la version anglaise et l'américaine de certains livres.

Outre l'affaire qui nous préoccupe aujourd'hui, ce petit détail complique pas mal la vie de tout le monde dès qu'on l'applique au numérique : Les ebooks ont bien plus de facilité à traverser les frontières que leur contrepartie papier, ce qui d'ailleurs force les e-libraires à certains expédients techniques pour restreindre la vente des livres aux lecteurs "autorisés".

Après ce petit exposé, (Réveillez vous, les ronfleurs du dernier rang !) nous replongeons donc dans l'affaire : un auteur signe un même livre (en l'occurrence plusieurs, mais un seul suffira) chez Tor (territoire américain), et chez Little Brown (UK). Tor décide d'arrêter d'utiliser les DRMs sur les ebooks, alors que leur utilisation est absolument impérative selon la politique d'Hachette (maison mère de Little Brown).

Entrons ensemble dans la cinquième dimension 


Etant donné que les DRMs sont l'arme ultime contre les pirates, (c'est Adobe qui le dit), il va de soit pour Hachette (qui connait l'Histoire) que toute faiblesse dans la ligne de défense sera une brèche par laquelle les pirates s'engouffreront. Et la faiblesse ils savent où elle est : c'est l'auteur ! Qui ose laisser d'autres éditeurs vendre le livre sans DRM !

Si le livre est proposé ailleurs sans DRM, il va de soi qu'il sera piraté et donc qu'au lieu d'acheter leur exemplaire chez Hachette, les lecteurs iront le chercher chez les pirates. (Si on était taquin, on pourrait aussi imaginer que les lecteurs, ne souhaitant pas acheter la version bridée, préfèrent s'approvisionner chez le concurrent Tor).

Il est donc nécessaire et urgent de combler cette brèche. Et pour cela une seule solution : imposer à tous les éditeurs publiant ce livre de le verrouiller. Par malchance, Hachette n'ayant pas le pouvoir d'imposer ses vues directement à ses concurrents, il est donc nécessaire de passer par un intermédiaire décidément gênant : l'auteur.

On lui envoie donc une lettre lui demandant d'exiger à Tor d'utiliser des DRMs. De plus, on demande au service juridique de trouver les formulations nécessaires pour que l'auteur ait l'obligation d'imposer des DRMs à son éditeur. Enfin, au niveau des acquisition de livres, on fait part de cette nouvelle condition sine-qua-non avant signature. Pour un auteur espérant travailler avec cet éditeur, il va de soi que c'est déterminant.

Petit entracte comique

Profitons de cette pause dans l'action pour lancer un petit concours : qui m'aidera à traduire l'expression "casual infringement" gagnera ma considération.

Pour le mettre dans son contexte, le voici :  “In the context of casual infringement, easy file sharing, and as a part of an overall copyright infringement strategy,” the Hachette letter asserts, “DRM is proving effective.”

Je sais bien ce que signifie l'expression : le "casual infringement" est l'action pour un utilisateur "lambda" (donc pas nous les geeks) de partager un fichier sans se poser de questions, par exemple en le passant à un collègue de bureau ou un copain (habituellement accompagné de la mention "tiens, tu devrais essayer ça, c'est bien, ça devrait te plaire."). Mon problème c'est de la traduire... 

Devant une si bonne blague, je ne peut m'empêcher faire une tentative, même imparfaite :

La lettre soutient : "Dans le contexte de la contrefaçon désinvolte (casual infringement), de l'échange facile de fichiers facile et dans le cadre de la lutte contre les contrefaçons, les DRMs se montrent efficaces."

Retour aux choses sérieuses

Bon, trêve de plaisanteries (vous savez ce que je pense de l'efficacité des DRMs), revenons au coeur de l'histoire. En fait, nous avons là un éditeur qui force ses propres choix stratégiques aux autres éditeurs par l'intermédiaire de l'auteur.

Pour ramener au papier, c'est un peu comme si un éditeur imposait contractuellement à ses auteurs d'exiger des couvertures noires pour les livres, parce que c'est ses propres choix éditoriaux, ou bien de passer par le même sous-traitant (Adobe) pour certaines étapes de la chaine de publication.

L'expression consacrée est "forcer la main". Mais là on en est plus à la clef de bras, au minimum.

Je ne sais pas s'ils se rendent compte à quel point cette stratégie va rendre encore plus suspecte  les utilisations de DRMs...

Wednesday, July 18, 2012

J'ai failli acheter un ebook aujourd'hui...

De temps en temps, je regarde ma Timeline sur Twitter pour voir si des gens disent des trucs intéressants. Et vous me croirez ou pas, ça arrive parfois.  Il y a même des gens qu'on retrouve régulièrement à écrire des trucs intéressants, et du coup, quand ils mettent un lien vers un ebook, je vais regarder.

C'est comme ça que je me suis retrouvé sur un site marchand que je ne connaissais pas vraiment, sur la fiche d'un livre avec quelques bonnes critiques. Tout ça dans un genre qui me plait bien, sans DRMs... bref, j'ai failli acheter.

Le livre c'était "Aîla et la magie des fées", le site c'est UPblisher.com .

Le prix était un peu au dessus de ce que je mets d'habitude pour un auteur inconnu, et le livre n'était pas dispo chez Immateriel, alors du coup j'ai hésité. J'ai appris quelques échanges plus tard qu'il y avait une promo pour l'été (réduction de 30%) qui faisait rentrer le livre dans ma "grille" classique.

Et puis il y a eu ce tweet là qui m'a fait tilter. L'ebook était en exclusivité sur le site.

Vous me connaissez, les exclusivité c'est pas mon truc. Du coup j'ai regardé un peu mieux ce site marchand... Et vous me croirez ou pas, j'ai regardé encore, et encore. Et je me suis rendu compte de trucs bizarres. Et je me suis mis à penser à ces auteurs qui vendent leurs livres par cet intermédiaire... Et je me suis mis à pleurer.

Non, je plaisante. Vous savez bien, "Boys don't cry", j'ai pas pleuré. Mais sérieux, je ne comprends pas.
Je vous résume : l'auteur met les livres en exclu sur le site, pour une durée minimale d' 1 an. Il paie pour chacun un "abonnement" annuel pour la mise en ligne sur LE site (vous vous souvenez, exclusivité !), où il aura la chance de trôner parmi la trentaines d'autres ouvrages. Sur chacune des ventes, il touche 25% du prix.

Donc le service apporté est censé valoir 75% du revenu de la vente. D'habitude, dans ces cas là, on s'attend à ce qu'il y ait une équipe éditoriale mise ne place au grand complet (et encore, en numérique, on trouve déjà que c'est un peu abusé) : relectures, corrections, design de la couverture, frais marketing... Ben non. Là, de manière exhaustive, on a le formattage à partir du fichier Word,   (couverture ?), et la commercialisation sur leur site (uniquement).



Edit : J'ai échangé quelques mails et tweets avec le service, tous parfaitement polis et professionnels (y compris après publication de ce billet), et au cours desquels mon interlocutrice Catherine Vaillant m'a précisé :
Chaque publication est l’aboutissement d’un travail approfondi avec l’auteur. 
C'est bon à savoir, et finalement, qui suis-je pour en douter ?



Et tout ça sans la possibilité de proposer le même livre ailleurs par d'autres canaux de vente.

Non, vraiment, je ne comprends pas. Chers auteurs, ça vous reviendra moins cher de le laisser dans son tiroir, et ce n'est de toute façon pas avec les 5 visiteurs chaque jour sur le site que vous allez rentabiliser votre "abonnement" ou diffuser votre livre.
Ce que je peux presque comprendre des auteurs qui publient chez Amazon dans le programme "Select", alors qu'Amazon a une force de frappe permettant sans doute de rentabiliser l'exclusivité, dans le cas présent, ça me semble tout simplement une impasse. C'est comme jeter votre manuscrit dans un puits, et faire le voeux que quand vous le ressortirez dans un an il y aura un ruban rouge "Goncourt" autour.

Je n'ai pas lu le contrat, mais il ne s'agit pas apparemment d'un contrat d'édition tel que conforme au Code de la Propriété Intellectuelle. De plus, la page qui en parle est assez cavalière :
- Voici un résumé, téléchargez le, signez, et Zou C'est Facile, Roule. Faites nous confiance, pas la peine de relire.

Bref, en tant que lecteur militant et respectueux des auteurs, je ne recommande à personne UPBlisher.com .
Et est il nécessaire de dire que je n'ai pas acheté le livre ?

(edit le 19 à 17:50 pour ajouter une mention plus précise du nom du site/service)
(edit2 : le 20 à 7:00 pour ajouter un supplément d'informations et un bout de réponse de UPBlisher)

Monday, June 25, 2012

Trois livres autour de l'auto-publication

Voilà, en quelques jours, j'ai lu 3 livres (en Français) sur l'auto-édition. Enfin, plutôt 2 et quelques, mais je vous en dirais plus à ce sujet plus tard. Pour deux d'entre eux, c'est plutôt du hasard si je les ai lus simultanément, et pour le troisième, c'était en fait pour compléter mon tour d'horizon.

Le premier livre lu est "Passons au Numérique" de David Gaughran, (5$) qui est la traduction Française d'un très bon livre (que j'avais déjà lu à sa sortie en anglais). Ce livre se décompose en trois grosses parties : Pourquoi s'auto-publier, comment s'auto-publier, témoignages d'auteurs auto-publiés. A cela s'ajoutent quelques annexes. Si il couvre très bien les 3 sujets principaux, c'est surtout un très bon panorama, permettant de se faire une idée assez globale des choses. Le livre est aussi assez partial pour l'auto-édition, mais sans passer dans l'évangélisme à tout prix.

En fait, outre quelques erreurs mineures, son principal soucis est d'avoir été écrit il y a déjà un an, et d'un point de vue anglophone. Il n'a ni été mis à jour, ni vraiment "localisé" dans le marché Français. A vrai dire, il me fait un peu l'effet d'un "oracle" qui préparerait le terrain pour un décollage de l'offre auto-éditée en France, en anticipant le marché français avec l'expérience US. Pour autant, à mon avis, une lecture "fortement recommandée" pour ceux qui essaient  de comprendre le marché de l'auto-publication, ou envisagent de s'y lancer. 4 étoiles




Second livre : "Le Guide de l'auto-publication en numérique" de Jiminy Panoz (2€) . Celui_là je l'avais lu il y a quelques temps déjà, et je voulais me le relire pour "comparer" avec le précédent. En fait, on retrouve un peu le même découpage (motivations, comment, témoignages etc.). Par contre, il est plus "concret", un peu moins "idéologique", bref plus pratique. il manque aussi un peu de mise à jour, mais est aussi un peu plus (mais c'est toujours pas ça) centré France. Quelques erreurs également, mais rien de critique. Pareil, 4 étoiles.


Edit: Dans ce commentaire sur le site de Sediter, Jiminy Panoz indique qu'il travaille à une mise à jour du livre et qu'il vaut mieux attendre la mise à jour à venir plutôt que d'acheter celle-ci. 


Avec ces deux là, ça vous fait un budget d'un peu moins de 7€, que je recommanderait tous deux (et ensemble puisque les points de vue sont finalement assez complémentaires) les yeux fermés à qui envisage de se lancer dans l'auto-publication, ou souhaite même juste s'informer.


Troisième livre : "Ecrivains, réveillez-vous" de Stéphane Ternoise (3€). A la fois le titre et le plan du livre (tel que présenté) m'ont semblé globalement assez proche de mes préoccupations du moment (voir les "machiavelleries" et autres "boulettes" dans mes billets récents). Bon,  j'avoue, la couverture m'a pas mal rebutée, le résumé n'inspirait pas vraiment confiance dans la qualité du texte(dans son style surtout), mais je me suis dit que le fond pourrait rattraper la forme... Je me trompais. Même si  je suis sûr que dans le fond l'auteur propose une analyse et des opinions qui correspondent assez bien aux miennes (sur ce sujet), TOUT était fait pour bloquer une lecture correcte : Le formatage loin d'être ne serait-ce que marginalement acceptables, des erreurs trop nombreuses pour les recenser (pas abominable tout de même, mais clairement mal relu), une prose assez indigeste, un plan mal fichu...

C'est simple, j'aurais cru voir un de mes billets, (mais en 10-30 fois plus long), un de ceux que j'aurais posté sans le relire, foutu en vrac dans un fichier, formaté à la va-vite. Même les méta-données sont mal renseignées ! Je ne dis pas que j'aurais pu faire mieux, mais je ne fais pas payer 3€ à mes lecteurs.

C'est simple, je ne l'ai pas lu jusqu'au bout. A supposer que le reste est dans la lignée de ce que j'ai lu, je mettrai 1 étoile et demi, le demi correspondant aux idées qui sont masquées par le livre au lieu d'être présentées et exposées par lui.

L'ironie, c'est que si ce livre avait été écrit en suivant les indications des deux premiers,  je suis persuadé que je l'aurais recommandé chaudement pour sa vision de la "bataille" auteurs-éditeurs qui fait l'actualitté récente.

Mais non, il est l'anti-exemple parfait de ce que doit faire un auto-publieur.






Note : Full Disclosure : J'ai acheté la version anglaise de "Passons au Numérique" et ai aidé un peu l'auteur à rentrer en contact avec deux auteurs français pour sa partie témoignage. En remerciement il m'a envoyé cette version française, que je n'ai donc pas payée. Pour autant, je n'ai pas d'intérêt de quelque ordre que ce soit dans son succès, si ce n'est la dissémination des conseils et informations contenues, qui bénéficieront à mon avis à tous.


Pareillement, même si je suis en contact régulier avec Jiminy Panoz,  j'ai acheté son livre à sa sortie, et n'ai pas d'intérêt dedans.


Enfin, si jusqu'à présent je m'étais abstenu d'acheter les livres de Stéphane Ternoise, rebuté par son/ses site(s) et les couvertures de ses livres, j'ai jugé que celui-ci pouvait être celui que j'aurais le plus de chance d'apprécier. Je l'ai donc acheté, et à vrai dire je ne regrette pas ce choix, ne serait-ce que parce qu'il  confirme mon opinion première.




Note 2 : Je viens de m'apercevoir que ce billet était finalement une "suite" d'un autre que j'avais lu il y a un an chez e-jbb http://e-jbb.net/2011/08/26/3-livres-sur-lauto-edition-disponibles-en-numerique/ et que deux des protagonistes se retrouvent à nouveau face à face. Je comprends également que ça puisse avoir l'air suspect étant donné mes affinité (assumées) avec certains. Pour autant, je pense avoir donné toutes ses chances au livre de Stéphane Ternoise et l'avoir   chroniqué de  manière impartiale. Les commentaires sont ouverts à toutes opinions (y compris contraires), mais je sabrerais toute intervention qui sortirait des limites de la politesse.


Edit: J'y ai repensé cette nuit et doit ajouter tout de même un élément supplémentaire sur la chronique du livre de Ternoise : j'y ai trouvé des informations que je n'avais pas vues ailleurs, qui semblent (mais je n'ai pas fouillé) fondées. Cela me conforte dans mon choix de mettre la petite demi-étoile...

Edit 2 : Ajout de l'annonce de la mise à jour du livre de JiminyPanoz

Friday, June 15, 2012

Les éditeurs français ne sont pas des boulets


Dans son blog, Coffee décrit la situation de la disponibilité et du prix des ebooks en France, concernant surtout l'offre proposée par les "Grands éditeurs", et qui inclue donc la plupart des écrivains ayant pignon sur rue.

Je vous invite bien sûr à aller lire son billet.

Mais en fait, il est clair pour moi que non, les éditeurs ne SONT PAS des boulets. Comme on le sait, les gens qui sont à la tête des groupes d'édition ne sont pas nés de la dernière pluie, et s'il est plus facile d'imputer nos constats à un manque de vision, il est plus probable qu'au contraire la stratégie des éditeurs soit tout à fait réfléchie.

Le fait est que le livre numérique est une révolution mettant en cause le modèle économique de l'édition, qui s'est mis en position de force face aux autres acteurs (auteurs, libraires, lecteurs) grâce à la matérialité du livre papier : production, logistique, diffusion, distribution. Le fait est qu'encore par ces politiques tarifaires que Coffe dénonce, ils continuent de retarder au maximum le numérique.

Ce retard n'est pas de leur fait uniquement, il faut bien le dire : Si la plupart des contrats récents incluent des clauses spécifiques liées aux ebooks, les éditeurs n'ont pas forcément les droits sur toute la production. D'ailleurs, il est possible que derrière les rideaux, des tractations se passent, auteur par auteur, pour négocier les droits numériques, ce qui retarde d'autant l'exploitation.

Pour autant, et malgré ces obstacles au passage numérique, je ne suis pas sûr qu'effectivement, les éditeurs soient mécontents de ce genre de pretextes ou retards : Tant que le numérique n'a pas définitivement décollé, ils peuvent continuer d'engranger les bénéfices sur le papier, augmentés des recettes liées au numérique et sur-payées par les quelques lecteurs trop honnêtes pour aller voir de l'autre côté de la légalité ou trop occupés pour chercher chez les éditeurs et auteurs "indépendants".

Ajoutez à celà le fait qu'un marché numérique faible leur permet également d'enfumer les auteurs : "Vous voyez, le numérique ça ne paie pas. Alors vous pouvez signer ce petit avenant. Ayez confiannnnnnceeeeeeeee. Donnez nous votre précieeuuuuuux."
( http://readingandraytracing.blogspot.com/2012/04/reedition-inequitables-droits-du-livre.html )

Et sans vouloir présumer d'une quelconque malhonnêteté  des éditeurs français, je me permet de souligner un lien de parenté fréquent avec les maisons d'éditions américaines, sur lesquelles planent de graves soupçons de mauvais compte-rendu des ventes numériques *.

Ne vous inquiétez pas pour eux. Une fois qu'ils auront rempli leur coffre-forts d'avenants avantageux pour eux et des droits sur les oeuvres indisponibles (http://scinfolex.wordpress.com/2012/02/19/oeuvres-orphelines-une-conclusion-en-forme-de-trompe-loeil-legislatif-et-les-consequences-a-en-tirer/),   complétés par les oeuvres numérisées par Google ( http://owni.fr/2012/06/13/la-part-dombre-de-google-livres/ ), ils attendront le moment idéal pour pousser au tout numérique, se délestant du poids mort papier et des syndicats d'imprimeurs par la même occasion. Quand aux libraires ...

Les actionnaires vont être HEUREUX !!

*J'avais repris sur mon blog un billet de Kristine Kathryn Rusch sur le sujet, mais voici l'original  http://kriswrites.com/2012/05/02/the-business-rusch-royalty-statement-update-2012/. Maintenant que son site est revenu, je vous encourage d'ailleurs  si vous comprenez l'anglais à le suivre...

edit: pour ajouter la mention aux rapports de vente pas forcément à jour. 



Monday, May 28, 2012

Un nouveau défi : Des pavés sur la plage

Ma copine ReadingMarmotte a lancé un nouveau défi : Des Pavés sur la Plage. A la suite de ce premier défi de lecture en anglais, je me suis rendu compte que j'aimais bien cete "discipline" de chronique des livres lus, et du coup, je me suis inscrit en vitesse !



En voici la présentation :
" Il s’agit d'un mini-challenge estival, qui consistera, comme l’indique son titre, à profiter des vacances ou des soirées ensoleillées pour lire des pavés, tous genres confondus, avec ou sans plage Une bonne occasion de vider notre PAL de toutes ces “briques” qui nous font envie, mais qu’on n’ose pas entamer, de terminer ou d’avancer nos séries en cours, ou encore d’en commencer de nouvelles…

Pour définir si un livre rentre dans le challenge, voici quelques indications (arbitraire, certes, mais je fais ce que je peux^^).

Un pavé, c’est:
- en grand format, un livre qui dépasse les 350 pages
- en format poche, un livre qui dépasse les 500 pages

Bon, on n’est évidemment pas à une dizaine de pages près, tout dépend de l’édition, de la mise en page, de la taille des caractères, etc…

Dans le cas où vous liriez des séries, des trilogies, ou d’autres choses en -ies, et si un tome en lui-même n’est pas un “pavé”, vous pouvez considérer une duologie (???) ou une trilogie comme un “pavé”, et un groupe de tomes (par exemple 2 ou 3) d’une série plus longue comme un autre “pavé”. Vous pouvez chroniquer ces livres ensemble ou séparément, comme vous voulez, je laisse tout ça à votre libre appréciation, je ne m’amuserais pas à compter le nombre de pages que vous avez lu 

Voilà, j’espère que c’est à peu près clair, si ça ne l’est pas, n’hésitez pas à poser des questions!

Voici les dates du challenge!
- Inscriptions (

obligatoirement
 à la suite de cet article ou, si problème avec wordpress, par mp) jusqu’au 31 mai
- Début du challenge le 1er juin (pour les participants à Fantasy sous un Chêne, bien sûr, les deux sont cumulables, mais je tiens à rappeler que le challenge Fantasy se termine le 21 juin^^)
- Fin du challenge le 21 septembre! "




A priori, je ne devrais pas avoir de soucis à trouver quelques pavés. Juste qu'ils ne sont pas forcément dans ma Pile A Lire :
J'ai démarré la série "Starbridge" par A.C. Crispin, et je pense sans soucis que l'ensemble se qualifiera comme Pavé.

Je me referais peut-être les re-lectures des séries "Touchstone" (Andrea K Höst)  et "A Modern Witch" (Debora Geary) en même temps que ma mère s'en fait une première lecture. Et sinon, je vais trouver de quoi alimenter ma PAL en Pavés.

Tiens, et puis j'vais aussi sans doute me tenter les livres du Magicien d'Oz

Allez, à l'attaque ! (enfin, j'attaquerais officiellement le 1er Juin bien entendu). D'ici là, peut-être l'occasion de remplir cette PAL !


Thursday, May 10, 2012

Réveil !

Allez les gars, il est temps de se réveiller ! Le temps change, c'est le printemps, les jours se rallongent, il est temps de sortir de l'hibernation maintenant !

Une petite indication de ce qui a changé pendant l'hiver ? Le livre numérique est enfin arrivé dans les chaumières, déposé au pied des cheminées par un père noël un peu spécial : Amazon.

L'avènement des EBooks en France


Oui, je sais, je suis de mauvaise foi, les ebooks étaient déjà là l'année dernière, et même moi, comparé à d'autre, avec mes deux petites années d'expérience je suis loin d'être un précurseur en la matière. Mais il faut le dire clairement, de mon point de vue, c'est bien Amazon qui a déclenché en décembre l'ouverture du marché en France.

Avant leur bras de fer serré avec les gros éditeurs, ceux-ci ne mettaient à disposition que le minimum (voir moins) en numérique. Il faut bien dire ce qui est, même si la situation n'est pas encore terrible, elle était à ce moment là tout simplement calamiteuse.

Non, sérieux, qui a cru un jour que le FnacBook ou le Oyo aurait un quelconque attrait pour les lecteurs ? Pendant ce temps là, de l'autre côté de l'Atlantique, le Kindle était exemplaire, le Nook au moins honnête, le Kobo tout à fait correct.
Oui, je ne parle pas du Sony, des Cybook etc. Mais le fait est que ce qui marche ce n'est pas tant le matériel (quoique...) que l'écosystème. Et nos écosystèmes Fnac ou France Loisir étaient tout juste acceptables.

La faute n'est pas entièrement chez les e-libraires, ne nous y trompons pas, mais aussi chez les éditeurs, qui ont préféré jouer la montre (et essayé de mettre un maximum d'économies dans leur bas de laine) en repoussant au plus tard l'ouverture de leur catalogue au numérique, plutôt qu'aider une alternative à Amazon à se créer. Pourtant, ils avaient l'exemple parfait aux US de la puissance de feu d'Amazon, d'autant plus qu'ils font pour la plupart partie des même groupes que les éditeurs US !

A Noël, c'est bien simple, faute de masse critique en France, les e-libraires ont dû accepter d'accueillir les partenaires américains pour avoir l'air un minimum sérieux, les éditeurs ont tout juste eu le temps de sauver quelques meubles en forçant le Prix Unique du Livre Numérique, et ont fini par ouvrir leur catalogue, juste à temps pour que ce soit Amazon qui prenne la place.

Mais pourquoi il s'énerve lui, là ?

Je ne m'énerve pas, je m'exprime... Non, sérieux, je suis surtout frustré qu'on n'ait pas réussi à faire autre-chose que préparer le terrain aux géants américains, alors que justement on savait comment ça se passait là bas.

Attention, ce n'est pas par bête protectionnisme que je m'en "prends" aux géants américains, mais parce que je considère (très libéralement d'ailleurs) qu'en ce qui concerne le livre électronique, la compétition est l'amie du marché et du progrès, d'une plus grande accessibilité à la culture et au savoir. Et je pense qu'ouvrir grande les portes de notre marché c'est entre autre abandonner une partie de cette compétition au profit des plus gros.

Le réseau s'est mis en place, certains éditeurs pure-players ont été créés et ont commencé à produire, à se structurer juste ce qu'il faut, juste à temps pour que les américains viennent récolter ce qu'on avait semé.

Si seulement ils nous prenaient aussi les bonnes idées (Watermarking par exemple), Ben non, ils en restent aux DRMs tout ce qu'il y a de plus con.

Si seulement ils faisaient au moins aussi bien que de l'autre côté ! Ben non, on a une version allégée (pas d'affichage des DRMs, pas tous les modèles de liseuses , pas tous les catalogues ...).

Si ils continuent de progresser en France, ils pourront nous imposer leur manière de faire sans qu'on puisse vraiment réagir.

Et le plus frustrant dans tout ça c'est que les moyens de faire quelque chose de bien sont déjà présents !

Il y a quand même des trucs qui résistent, des structures qui fonctionnent, et qui pourront peut-être se mobiliser pour conserver un minimum de compétition sur le marché francophone. 
- des auteurs, créatifs, codeurs etc. tout à fait passionnés et compétents, 
- des maisons d'éditions, petites, moyennes ou grandes, papier ou pure-players, qui finalement sont les plus grandes pourvoyeuses de livres.
- un réseau de distributeurs intermédiaires vaillant et valeureux.
- des e-libraires alternatifs, avec des stratégies d'ouvertures et du matériel largement honnête.



Il est temps que tout ce petit monde réagisse avant de se faire étouffer et de laisser la compétition (et la direction des opérations) aux mastodontes. 


Réagissez, Bordel !!

C'est simple, pour résister à leur entrée, il faut lever votre  niveau, et faire au moins aussi bien qu'eux. Ils ne veulent pas apprendre de vous ? Apprenez d'eux.

1) Tant que des DRMs sont imposés par les éditeurs, il faut TOUT faire pour qu'ils aussi discrets que possible, sans pour autant qu'ils complètement  invisibles. Il ne faut pas de bugs à la c** pour empêcher Tata Ginette de lire le dernier Le Clezio.

2) Ouvrez les commentaires aux gens qui n'ont pas acheté les livres sur vos e-librairies ! Une des forces d'Amazon, c'est son système de recommandation, bien sûr, mais aussi le grand nombre de commentaires et notes sur les achats. Bien sûr, ça mène à certains abus, mais c'est aussi un incroyable moyen de découvertes et de prescription.

3) Contrairement à ce que fait Amazon, faites STANDARD. Proposez des services Et si ça veut dire aussi communiquer et se mettre d'accord sur des standards d'échange avec les concurrents, pourquoi pas ?

4) Continuez ce qui est bien : le Watermarking par exemple, la recherche par facette, les choix éditoriaux audacieux, la preuve par la qualité d'un savoir faire en codage, formattage etc.

5) Allez, du nettoyage dans les métadonnées ! Plus de "non-fiction" dans la SF, de SF dans le Fantasy, de Bit-Lit dans la littérature blanche... Il faut que les lecteurs puissent trouver ce qu'ils cherchent, et aussi ce qu'ils ne cherchent pas !

6) E-Libraires et distributeurs, ouvrez les canaux à l'auto-publication ! Les auto-publieurs, c'est le "coin" qu'utilise Amazon pour faire pression sur les éditeurs, pour faire baisser les prix, pour accroître son catalogue plus que les concurrents. C'est un formidable élément différenciant. Ne vous y trompez pas, si Amazon chouchoute ses auto-publieurs, ce n'est pas par bonté d'âme, mais bien parce qu'ils savent que c'est de l'or qui rentre, certaines catégories de lecteurs qui trouvent un choix qu'ils n'attendaient plus de l'édition classique.

7) Facilitez l'expérience !! L'achat en 1 click d'Amazon, l'extrait de 20% et l'achat proposé automatiquement vers le livre complet, ca donne aux lecteurs l'occasion de tester un livre avant de l'acheter. Et si ce n'est pas ce livre qu'ils achètent, ce sera un autre, et c'est pas grave! C'est de l'argent qui rentre dans l'économie des ebooks !  

Je suis sur que j'oublie un paquet d'autres points sur lesquels vous avez intérêt (et nous lecteurs par extension) à vous améliorer, si vous ne voulez pas vous faire manger tout cru !

Edit : On me dit dans mon oreillette que mes solutions ne sont pas forcément toutes bonnes, ou que d'autres stratégies sont possibles voire meilleures. Je suis parfaitement prêt à l'admettre. Et à moins qu'elles soient "confidentielles, n'hésitez pas à les partager ! Mais là n'est pas en fait le but de mon billet. Celui-ci peut se résumer en fait à la phrase de conclusion suivante :

Allez, il est encore temps de se réveiller !! On y va les gars !!! Réveil !!!!!




Saturday, April 28, 2012

(Remise en ligne) Inéquitables droits du livre numérique

Ce texte n'est pas de moi, mais des 5 auteurs signataires de cette lettre ouverte, publiée dans Le Monde, dans son édition du 2 décembre 2010. Inaccessible sur le site de celui-ci, j'ai tenté de contacter les auteurs pour obtenir la permission de le re-diffuser ici. Sans retour négatif, le voici. 
Si toutefois ils me contactaient pour m'en demander le retrait, il va sans dire que  je le ferais immédiatement.


J'en avais à l'époque écrite une traduction en anglais, avec l'accord explicite des auteurs.


Inéquitables droits du livre numérique

Lettre ouverte d'un auteur à son éditeur



Nous tombons bien souvent d'accord, cher éditeur et ami, lorsque nous discutons littérature, mais je dois te parler ici d'une chose qui fâche : l'argent. En France, le sujet est tabou et le mot indécent dès qu'il ne s'agit pas d'un titre de Zola. C'est que je viens de recevoir ton « avenant au contrat » concernant les « droits numériques ». Pour ceux qui viendraient à tomber sur notre échange (que je tiens à garder confidentiel), je précise que les droits numériques sont ceux que je perçois lorsque mon livre quitte le monde du papier pour celui de l'écran, et qu'il est lu sur un iPad ou un Kindle.
Interrogé, tu m'as répondu, rassurant, que ce marché est embryonnaire. C'est vrai. Mais qui peut présager de l'avenir ? Regarde l'univers du disque : il a laissé place en dix ans à celui, fort immatériel, de la musique. Bref, tu m'engages, en attendant d'y voir plus clair, à signer ce satané avenant où tu m'accordes 10 % du prix net du livre, comme sur le papier. Je vais donc devoir parler pourcentage. Pardonne-moi d'avance cette vulgarité.

Je connais le modèle traditionnel du livre, tu me l'as naguère expliqué : la distribution empoche environ 53 % du prix final de mon livre, et toi, cher éditeur, une fois l'imprimeur payé (autour de 15 %) et mes droits d'auteur réglés (tu m'accordes en moyenne 10 % par exemplaire vendu), il te reste un peu plus de 20 % pour vivre. Tu gagnes donc sur chacun de mes livres deux fois plus que moi, mais c'est justice, j'en conviens (même si tu pourrais être plus généreux), car tu fais ce pari financier qui justifie depuis Diderot l'existence même de ta profession : tu engages des « frais fixes », de la correction à l'impression, sans oublier les efforts de ton service de presse pour le promouvoir auprès des critiques.

Donc, dans ton « avenant au contrat », tu me proposes ces 10 % de droits sur mon livre numérisé. Tu es pourtant libéré des coûts de manutention, de stockage et d'impression, et il te restera 90 %, puisque tu vends ce « livre » au même prix sur le Web qu'en librairie (cette aberration commerciale épargne sans doute pour un temps les libraires et tant mieux). Certes, avec ces 90 %, tu vas tout de même devoir assurer quelques coûts. Tu transformes l'ouvrage en un format « eBook » et tu « sécurises les données » (on me dit que ces coûts réels sont dérisoires, détrompe-moi). Tu me dis que tu dois rémunérer le « libraire virtuel » (c'est parfois ta propre filiale, petit coquin) jusqu'à 30 % et plus, mais on me rappelle que ce pourcentage ne peut que baisser (c'est déjà souvent 20 %), puisque dans cette « distribution », tout est virtuel et que la concurrence est acharnée. Au bout du compte, pour ce livre que j'ai écrit, tu toucheras donc entre six et sept fois plus que moi, c'est bien cela ? Surtout, corrige-moi en cas d'erreur, je suis un littéraire, hélas.

David contre Goliath
Voici déjà dix ans, le PDG d'une grande maison d'édition française affirmait dans Le Monde : « Notre système traditionnel craque aux jointures. Dans un monde qui se dématérialise de plus en plus, et où le «one to one» est de plus en plus fréquent, la tentation va être grande, notamment pour les auteurs, de changer les règles du jeu. Celle surtout qui consiste à n'avoir que 10 % à 15 % de droits sur une création qui est quand même la leur, là où ils pourraient obtenir bien davantage. » Je passe sur ce « une création qui est quand même la leur », formule plus ironique - j'en suis certain - que malheureuse. Je voudrais te rassurer : « changer les règles du jeu » n'est pas mon immédiate intention.

Aux Etats-Unis, les héritiers de William Styron ont quitté la vieille maison Random House qui leur proposait 25 % du prix net (soit 20 % du prix de vente public) pour un éditeur Web, Open Road Integrated Media, qui leur offrait 50 %. Mais tu sais comment sont parfois les ayants droit, indifférents aux liens anciens. Nous, nous sommes amis, n'est-ce pas ? Malgré notre amitié, je crains aussi, à t'écouter, que tu ne considères que les droits électroniques de tous mes livres précédents t'appartiennent, même si nous cosignâmes ces contrats bien avant les « années Web » et s'ils ne mentionnent aucune diffusion sur Internet. Je ne lis nulle part non plus dans mon avenant que tu aies prévu de renégocier un jour ce faible pourcentage, en dépit de l'évolution technique et de la baisse des coûts.

J'ai peur enfin que, puisqu'un livre numérique n'est jamais « épuisé », tu ne te sentes plus contraint de le réimprimer, que je ne puisse plus récupérer mes droits pour le faire vivre ailleurs. Je ne puis le croire. De telles pratiques, entre amis ? Je suis comme toi : j'ignore comment, à moyen terme, va s'organiser le commerce du livre électronique. J'envisage deux options : le lecteur le téléchargera sur le site de l'éditeur traditionnel, ou sur celui d'un « éditeur Web » plus généreux, à qui l'auteur mécontent aura confié les droits Internet (ne lis ici nulle menace, c'est une hypothèse d'école). Ou bien le lecteur, rabattu par un portail comme Google, ira le chercher chez un libraire virtuel, Amazon, Fnac ou Google lui-même. Bizarrement, c'est cette dernière hypothèse qui me semble la plus plausible, puisque le lecteur connaît en général le titre du livre ou le nom de l'auteur, rarement celui de l'éditeur.

Je me demande même, au cas où ces « tablettes » se généraliseraient, au cas où les pratiques de lecture changeraient, je me demande donc si de gros vendeurs de livres n'envisageraient pas de se passer d'éditeur, considérant qu'ils n'ont plus besoin de son label. Avec des contrats de distribution qui offrent à l'auteur au moins 65 % (comme Apple) plutôt que d'édition à 10 %, ils pourraient prendre le risque de vendre un peu moins pour gagner beaucoup plus. Qu'en penses-tu ? J'imagine que tu y as songé.

Dans ce combat qui s'engage entre les Goliath de la distribution et les David de l'édition, je sais de quel côté je veux être. Après son lecteur, le meilleur allié d'un auteur est son éditeur (et le vrai libraire, mais telle n'est pas ici la question), et jamais les éditeurs n'ont eu autant besoin de leurs auteurs pour valider leur travail. Car s'il n'y a peut-être pas d'auteur sans éditeur, il n'y a sûrement pas d'éditeur sans auteur. Je sais ce que je te dois, cher ami, je souhaite être ton allié et aussi que tu me considères comme tel. Alors, voici ma question : faut-il humilier un allié ?

Paul Fournel, Cécile Guilbert, Hervé Le Tellier, Gérard Mordillat et Gilles Rozier Ecrivains

Saturday, March 24, 2012

Pluie de corps par Pauline Doudelet

Jusqu'à présent, Pauline Doudelet (@Paumadou sur Twitter) a écrit surtout deux types d'oeuvres : des histoires plutôt "récréatives", et des romans plus introspectifs et ambitieux au point de vue littéraire.

J'avoue, j'apprécie bien plus ses oeuvres appartenant à la première catégorie, particulièrement ses "Petits meurtres à Paris", mais également les "Histoires de Zombies Bretons".

Ca tombe bien, Pluie de corps (publié par NumerikLivres et non pas auto-édité comme habituellement) fait partie de cette catégorie. C'est, comme Petits Meurtres à Paris, plus une nouvelle qu'un roman, mais comme celui-ci c'est le bon format pour cette histoire.

Au fil de la lecture, nous suivons les enquêtes d'un inspecteur de police, Henri Lefèvre, confronté à une vague de suicides sans précédents, à un subordonné passionné, mais pas forcément futé, à un chef très ... con.

Le livre pourrait relever du roman noir, même la présence féminine,  sulfureuse à souhaits, est présente, mais l'écriture et l'humour grinçant de l'auteur la font passer au filtre d'un bad-trip. Le résultat est au final réjouissant et inventif ... Je lui met 4 étoiles, sans soucis.

Je sais que Pauline Doudelet a prévu une suite à "Petits meurtres à Paris", que j'attends avec impatience. Il faut bien dire que si elle en prévoyait une pour "Pluie de corps", je l'attendrais autant.

Friday, March 23, 2012

Mon Salon du Livre

J'y suis allé le vendredi 16 Mars.

Hadopi
J'ai rencontré Tris, Turblog, et Ethanaul avant d'aller au SDL, et ça a été une bonne occasion de discuter avec eux, des labs, de politique culturelle et numérique etc. Une bonne occasion de discuter en direct. 

Amazon
J'ai fait un tour chez Amazon, pour mettre la Ouach (discuter affichage de DRMs et Select), et j'ai rencontré 2 personnes différentes.
- Le premier, un vendeur de base, n'était pas du tout au courant de ce dont je parlais... J'ai circulé.
- Le second me semblait plus impliqué et effectivement faisant sans doute partie d'Amazon pour de vrai. Il était un peu plus au courant, et réceptif à ce que je lui disais, mais a semblé surpris (comédie ?) lorsque je lui ait parlé des différences entre Amazon FR et Amazon US concernant l'affichage des DRMs. Info ou intox ?

Sony
Sinon, chez Sony, j'ai surtout apprécié les différentes animations programmées sur la journée : interventions d'Hardien Gardeur (Feedbooks) et Alexandre Levasseur (Bragelonne). Par contre, coté commercial, je ne les (Sony) aie pas trouvé convainquant.

Bookeen
Je suis aussi allé voir Bookeen, et ils m'ont confirmé que les problèmes USB sont liés au matériel, (donc ne pourraient pas vraiment être corrigés par MAJ logicielle). Apparemment, ils ont resserré quelques vis chez le fabriquant, et le problème, ainsi que ceux de la fiabilité et du ressenti des boutons latéraux, ne devrait plus survenir sur des appareils de fabrication récente. A voir comment ils vont gérer les stocks ?
De même, sur une version matérielle à venir, le bouton de mise en route (à glissière) devrait être remplacé par un bouton sur appui.

Kobo
Je ne me suis pas attardé par contre sur le stand de Kobo même si c'était le plus beau.

Bragelonne
J'ai eu l'occasion de serrer la main de Stéphane Marsant, et de discuter avec Alexandre Levasseur.(Merci d'avoir trouvé du temps !) Étonnamment, il ne connaissait pas Baen, qui est un exemple pour moi de virage numérique bien négocié par une maison d'édition papier.

Rencontres
J'ai rencontré DANS LA VRAI VIE aussi plein de gens (trop nombreux pour que je les cite tous ici) que je voie tous les jours sur twitter (et par mail et dans les blogs etc.) ! Ils existent pour de vrai !! Et c'était bien sympa.
Et j'ai même rencontré Balek ! Et j'ai eu un autographe !!! Sur ma liseuse ! Mon premier autographe avec un Plup dessus !

Non, sérieux, une journée bien remplie, harassante (je suis rentré rincé), mais je referais ça l'an prochain. Et peut-être que le corner numérique continuera d'augmenter...

Sunday, February 19, 2012

La Bibliothèque Infernale par Neil Jomunsi (Partenariat)

J'ai reçu ce livre de Neil Jomunsi (publié par Walrus) en avant-première la semaine dernière.
Il lui manquait encore ses illustrations. C'est cette version là que j'ai lue, c'est cette version là que je vais chroniquer.



Pour autant, Walrus m'a fait parvenir depuis la version illustrée, et je dois avouer qu'après une parcours rapide , les illustrations tiennent largement leur place dans le livre. C'est du bon. Je suis tout de même un peu plus réservé sur la couverture, mais si c'est elle qui vous retient, mon conseil est de passer outre.

Sans vouloir déflorer l'histoire, le héros (vous puisque c'est un livres dont Vous êtes le héros) se trouve perdu au milieu d'une bibliothèque, gigantesque et fantastique, au milieu de laquelle il va devoir retrouver un livre bien particulier. L'aiguille dans une grange de foin ? A côté c'est du beurre : dans la grange, à part quelques souris et insectes, pas de risques de mauvaises rencontres.

Si vous n'êtes pas fana de livres dont vous êtes le héros, mais que vous aimez les livres en général, pas de soucis, je suis persuadé que est malgré tout un régal pour les rats de bibliothèque. Fantastique, bien sûr, un peu délirant, pour peu que vous aimiez les livres légers, je ne vois pas pourquoi celui-ci ne vous plairait pas.

Au travers de ma lecture, j'ai retrouvé à mon grand plaisir ces frissons qui m'accompagnaient quand j'étais ado, ces instants d'indécision à chaque choix, ces sauts en avant d'un numéro de chapitre à l'autre. Et si certains éléments n'étaient plus présents (dans ce livre, pas de dés à lancer ou de comptes de points de vie à tenir), ils ne m'ont pour le coup pas manqué pour un poil. Par contre, cette fois-ci, je ne me suis pas retrouvé avec 10 doigts coincés dans des pages différentes, comme autant de petits caillous blance sur le chemin de la forêt. Et oui, en plus de trouver instantanément par lien le chapitre en question, la liseuse me conserve les liens retours. Parfait pour un petit tricheur comme moi.

Outre ce souvenir nostalgique des livres dont vous êtes le héros, la Bibliothèque Infernale en a aussi réveillé un autre : celui des livres papiers. Madeleine de Proust, souvenir d'un temps où le papier était plus important que l'histoire et le texte. Un temps révolu, mais dont je me souviendrai toujours.

Merci à Walrus de m'avoir donné l'occasion de retrouver ces sensations, dans ce livre que je noterai 4 étoiles sur 5...