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Tuesday, August 25, 2015

Mème Zombie : les prix bas dévaluent les livres

Ça faisait longtemps que je n'avais pas traduit de billet, cette fois ci c'est le second d'une série que J A Konrath co-écrit avec Barry Eisler sur les "mèmes zombies" , ces idées préconçues qui résistent aux arguments et reviennent sans fin.

Au menu du jour, celui le mème selon lequel la "valeur" d'un livre serait liée à un prix de vente élevé. 

Un billet court (bien plus que son précédent) et qui n'est pas exempt de simplifications excessives, mais bien intéressant pour au moins poser les contradictions portées par le meme en lui même.

http://jakonrath.blogspot.fr/2015/08/zombie-publishing-memes-2-low-prices.html

Des prix bas "dévaluent" les livres

Le postulat que porte ce mème est non seulement faux, mais aussi extraordinairement étrange. Après tout, si vous aimez les livres, pourquoi vous concentrer sur leur valeur monétaire plutôt que leur valeur pour la société ? Ce qui fait la valeur d'un livre n'est-il pas de ce qu'il est largement lu, absorbé et discuté plutôt que dans l'argent qu'il rapporte ? Et si les livres coûtent moins et sont accessibles à un plus grand nombre, ne semble-t-il pas raisonnable (à supposer l'expérience quotidienne valide et que les bases de l'enseignement en économie soit correct) que les gens achèteront plus de livres ? Si les livres sont effectivement importants pour la société, ne devrions nous pas chercher les moyens de rendre les livres moins chers et donc plus largement accessibles ?


Mais même si vous pensez que la seule valeur d'un livre est dans l'argent qu'il rapporte, il est idiot de considérer que des prix plus élevés  impliquent automatiquement de plus hauts revenus. Petit cas d'étude imaginaire : il est peu probable que qui que ce soit maximise ses revenus avec un prix de 5 cents, mais pourquoi ne pas vendre les livres à des centaines de dollars ? Ce prix de 100$ ne prouverait-il pas une encore  plus grande valeur du livre ?

Bien sûr que non. Alors, intuitivement, on sait tous qu'il y a un meilleur prix (le prix auquel le volume * prix unitaire maximise les revenus) et logiquement, ce devrait être celui qu'apporte la plus grande valeur (financière) au livre. Si on fait plus d'argent sur nos livres avec un prix à 5 dollars qu'à 10 ( pas une hypothèse pour nous d'ailleurs, mais un fait empirique) quel est le prix qui "dévalue" le livre ?

Il est aussi raisonnable de penser que différents auteurs avec différentes "marques" auront un "meilleur prix"  différent. Ce qui semble clair est que seules les plus grandes "marques" maximisent le revenu à des pris unitaires supérieurs ou égaux à $9.99. L'attachement de l'industrie historique à ces prix élevés a peu de rapport avec l'optimisation des revenus aux auteurs, et beaucoup à voir avec une intention de retarder la croissance du numérique et la préservation du positionnement du papier. Mais c'est une vérité inconfortable à admettre pour l'industrie historique, alors elle préfère le discours contre-intuitif selon lequel des prix bas (qui rendent les livres accessibles à un plus grand nombre) "dévaluent" les livres. Il semble dommage que certaines personnes semblent croire que les livres devraient être comme des diamants (de chers marqueurs symboliques de statut, accessibles uniquement à quelques élus) plutôt que des objets vitaux quotidiens accessibles à tous, comme l'eau, la nourriture et autres. Mais l’égoïsme produit des arguments étranges.


NoteDuSFReader : Bien étrange en France, alors que politique de TVA spéciale du livre est à l'exact opposé de la notion de produit de luxe, que ce mème y soit quasi identique...

NoteDuSFReader2 : J'ai écrit un billet (particulièrement abscons, mais je crois assez complet) consacré à l'aspect prix du livre pour tous ses aspects "hors" émotionnel : http://readingandraytracing.blogspot.fr/2014/11/prix-du-livre-la-con.html


Monday, February 20, 2012

Les BigSix (Traduction)

Traduction de
At Home with the Sixes
Par J.A. Konrath (janvier 2012)

http://jakonrath.blogspot.com/2012/01/at-home-with-sixes.html

Maman Six, Papa Six et leur fils discutent debout dans le salon.

Maman Six : Nous sommes tellement heureux pour notre fils.
Papa Six : Oh oui, si heureux.
Fils : Merci.
Maman Six : Nous reconnaissons le superbe travail que tu fais.
Papa Six : Tellement meilleur que tes frères et sœurs. Je sais qu'on n'est pas censé favoriser, mais mon fils... tu es notre préféré.
Fils: Merci. Au fait, il faut que je vous dise quelque chose.
Maman Six : Nous sommes tellement fier de toi. Te souviens tu de quand tu étais un bébé ?
Papa Six : Que tu avais besoin de nous pour te moucher.
Maman Six : Toutes les couches sales que nous avons changées
Papa Six : Mais regarde toi maintenant. Devenu grand.
Maman Six : Je dois dire, Papa Six, qu'on l'a bien élevé.
Papa Six : Oui c'est sur. Et regarde le maintenant. Un si beau jeune homme.
Maman Six : Nous avons tant fait pour toi.
Papa Six : Et nous allons continuer à le faire. Parce que nous sommes tes parents, et que tu as besoin de nous.
Fils : Je voudrais...
Maman Six : Les risques qu'on a pris ! Cet investissement en temps !
Papa Six : Et en argent ! Toute cette nourriture achetée pendant toutes ces années. Habits, affaires pour l'école. Tu n'aurais pas pu avoir tous ces 10/10 si nous ne t'avions pas acheté des crayons.
Fils : (soupirant) Oui, vous m'avez acheté de crayons. Vous êtes les meilleurs parents du monde.
Maman Six : Nous avons discuté, ton père et moi. Et nous avons des nouvelles.
Papa Six : C'est vrai, nous en avons discuté, et nous avons décidé qu'on augmenterait ton argent de poche de 2%.
Maman Six : Ne sommes nous pas généreux ?
Papa Six : Du coup, ta vas recevoir 21,50 $ par semaine. Alors, que penses-tu de ça, jeune homme ?
Fils : Vous me mettez mal à l'aise, la...
Maman Six: Mais maintenant, ne ne vas pas croire que cette augmentation de 2% va sans nouvelles
responsabilités, mon fils. En plus de la cuisine, du jardin et de cette nouvelle extension de notre maison, il va falloir aussi assurer l'entretien de nos 4 voitures, deux fois par mois.
Papa Six: Nous avons beaucoup de factures à payer. Location, Charges, Nourriture.Et soyons francs, tu manges beaucoup. Alors il va falloir qu'on te compte cette nourriture supplémentaire que tu consommes.
Maman Six: Mais tout va bien. Notre relation n'est pas que sur la nourriture ou l'argent. Nous élevons. Nous protégeons. Nous guidons.
Papa Six: Quand tu as peint cette magnifique aquarelle, qui l'a revendue et t'a reversé 17.5% de l'argent ? Nous.
Maman Six : Oh oui. Parce qu'on est une équipe.
Papa Six : Et c'est risqué comme business, d'élever des enfants. Mais nous sommes fiers de toi.
Fils : Assez ! Je voulais vous dire que je quitte la maison.
Maman Six : Quoi ?
Papa Six : Tu es sérieux ? Tu ne peux pas vivre sans nous !
Maman Six : Tu as besoin de nous !
Fils : Je vais me mettre à mon propre compte.
Papa Six : Ca ne va jamais marcher !
Maman Six : Sans nous pour faire tout ce qu'on fait, tu n'y arriveras jamais !
Fils : Ces trois dernières semaines, j'ai gagné plus de 100 000 $.
Papa Six : Euh...
Fils: C'est plus que ce que tu gagnes en une année, non , Papa ?
Maman Six : Mais... Mais... nous avons tant fait.
Fils : Ces dernières années, vous n'avez rien fait d'autre que de profiter de moi tout en vous vantant de vos propres qualités. Mais vous ne m'avez rien donné de valeur. Vous m'avez fait presque tué au travail, soutiré des tonnes d'argent, et il n'y a rien de ce que vous avez fait pour moi que je n'aurais pu faire moi même.
Papa Six : Petit branleur ingrat ! C'est nous qui avons fait de toi ce que tu es aujourd'hui !
Fils : Au revoir.
Maman Six se met à pleurer, Papa Six l'entoure de ses bras.
Papa Six : Ne t'en fais pas chérie. Nous n'avons pas besoin de lui. Nous avons des centaines d'autres enfants.
Maman Six : Mais s'ils se rendent tous compte qu'il n'ont pas besoin de nous ?
Papa Six : Ils ne s'en rendront pas compte. Nous somme l'autorité. Ils ont besoin d'approbation. Et puis ils sont vraiment naïfs.
Maman Six : Combien de temps vont ils rester naïfs ? Sans nos enfants pour payer nos factures, nous ne pourrons pas garder la maison.
Papa Six : Tout va bien se passer.
Maman Six : Peut-être que je devrais aller le rattraper. Proposer de tripler son argent de poche.
Papa Six : Je ne crois pas que ça va le convaincre.
Maman Six : Et si, la prochaine fois qu'on vend une de ses peintures, on lui redonne 20% ?
Papa Six : J'ai regardé. Il peut garder 70% tout seul.
Maman Six : Tant que ça ?
Papa Six : Oui.
Maman Six : Et on peut faire autant ?
Papa Six : Non, on a trop de factures à payer.
Maman Six : Tu crois qu'il nous en veux de l'avoir exploité pour son talent pendant tant d'années ?
Papa Six : Mais non Chérie. On ne l'a pas exploité. Nous lui avons apporté guide et soutien. Nous l'avons élevé. Nous lui avons prêté des milliers de dollars.
Maman Six : Qu'il nous a remboursé, avec des sacré intérêts.
Papa Six : Ce n'est pas la question. Par contre, il y aura toujours des enfants qui auront besoin de la validation, des calins et des réprimandes que nous pouvons offrir. Et ils sont prêts à nous voler pour les obtenir.
Maman Six : Je l'espère Papa Six.
Papa Six : Fait moi confiance. Allez, va me chercher mon Kindle dans la chambre. Il y a un nouveau livres de Konrath chez Amazon pour 2.99$. J'adore comme il peut les vendre à ce prix.
Maman Six : Moi aussi. Je ne comprends pas pourquoi tant d'autres ebooks sont aussi chers
Papa Six : C'est simple chérie. Les grosses société gaspillent et se fichent de leurs clients. Ils facturent cher pour payer leur surcharge sans pour autant fournir de valeur ajouté ni aux auteurs avec lesquels il travaillent, ni les lecteurs à qui ils vendent.
Maman Six : (secouant la tête) Je suis heureuse qu'on ne se fasse pas d'illusions comme ça.
Papa Six : Amen

Saturday, September 24, 2011

Le relecteur Littéraire

Dans la suite du post précédent, concernant les éditeurs/editors, je suis retombé sur ce blog de J.A.Konrath...
Et n'ai pas résisté au besoin de le traduire.

Le "relecteur littéraire" (acquisitions editor) est la personne chez un éditeur, chargée du contact avec les auteurs, par exemple pour le choix des livres, et les discussions "éditoriales".


http://jakonrath.blogspot.com/2010/09/acquisitions-editor.html

Le relecteur littéraire

Quatrième étage de la Tour Top Branchée, New York
(Auteur est escorté par un Assistant dans le bureau de l'Editeur)


Editeur: Bonjour ! Assistant, peux-tu m'apporter un cappuccino, larme de lait, deux Stevias ? Auteur, voulez-vous quelque chose ?

Auteur: Non, merci.

Éditeur : Installez-vous, je vous en prie.

(Auteur s'installe face au bureau d'Editeur)

Editeur: Je suis heureux de vous dire que nous allons publier électroniquement votre nouveau roman. Escitant, non ?

Auteur: Je suis flatté. Mais il y a quelques points que je ne comprends pas. J'espérais que vous pourriez les éclaircir pour moi.

Editeur: Bien sûr. Je suis là pour vous. Nous sommes partenaires maintenant. Quelle période excitante.

Auteur: Ouais. Bon, tout d'abord, j'essaie de comprendre cette structure de royalties.

Editeur: C'est du standard. Vous recevez 25% des reçus nets.

Auteur: Avec le modèle d'agence, ça signifie que je gagne 7.5% du prix catalogue.

Editeur(radieux): Pas mal, hein ? Si c'était un de ces vieux livres poches démodés, vous ne gagneriez que 8%.

Auteur: Mais les poches coûtent $7.99. Vous voulez vendre mes ebooks pour $9.99.

Editeur: Nous avons déterminé que c'était le meilleur prix.

Auteur: Comment ?

Editeur: Excusez-moi ?

Auteur: Comment avez-vous déterminé le meilleur prix ? Avez vous demandé des études ? Sondé des lecteurs ? Expérimenté avec différents prix ?

Editeur: Nous sommes arrivés à $9.99 en le comparant au prix des livres papiers.

Auteur: Mais les livres papiers coûtent de l'argent à créer. Il y a l'impression et le transport. Et même comme ça, les poches sont à moins de $9.99.

Editeur: Nous suivons juste le marché.

Auteur: En fait, non. Vous déterminez le prix de vente. C'est vous qui positionnez le marché, vous ne le suivez pas. Et $9.99, me semble élevé.

Editeur: Vous devriez nous laisser nous préoccuper de ça. C'est pour ça que nous sommes partenaires. Vous vous concentrez sur  l'écriture, nous nous occupons de la partie affaires. Ca fait parties des services que nous proposons.

Auteur: Quel est ce service, déjà ? Je veux dire, il n'y a pas d'impression, de transport...

Editeur: Vous croyez que ce sont les seuls coûts impliqués pour mettre un livre sur le marché ? (rire forcé) Vous autre auteurs êtes si naïfs.

Auteur : Éclairez moi, je vous en prie.

Editeur: Et bien, nous relisons. Les livres ont besoin de relecture. Nous créons aussi la couverture. Les livres, même émectroniques, ont besoin de couverture.

Auteur: Continuez.

Editeur: La liste est tellement longue que j'ai du mal à tout retenir. Il y a, euh, la présentation catalogue (catalog copy).

Auteur: Vous présentez les ebooks en catalogue ?

Editeur: Ben, non. Mais nous faisons beaucoup de promotion.

Auteur: Comment exactement faites vous la promotion des ebooks ?

Editeur. C'est si nouveau que nous sommes encore en train de le découvrir. Mais nous avons très récemment emmené l'équipe à Seattle pour des réunions sur comment faire la promotion des ebooks. Nous y sommes restés deux semaines. Je crois que nous avons fait de réel progrès.

Auteur: (dans sa barbe) Vous pourriez peut-être faire une réunion pour mieux choisir où dépenser votre argent.

Editeur: Ces réunions auront lieu le mois prochain en Floride. Au Ritz Carlton. On va payer Warren Buffet comme conférencier.

Auteur:(soupirant) Y a t'il d'autres coûts pour mettre un ebook sur le marché ?

Editeur : Il y a la publicité.

Auteur: Vous faites de la publicité pour les ebooks ?

Editeur: On le prévoit, quand on aura le temps. Peut-être sur ce Facebook. Les enfants semblent adorer. On utilise aussi Twitter.

Auteur: Facebook et Twitter sont gratuits.

Editeur: Les publicités sur Facebook sont payantes.

Auteur : Personnellement, sur combien de publicité Facebook avez-vous cliqué ?

Editeur: Aucune. Ces trucs stupides m'énervent.

Auteur: Alors, soyons clairs. Il n'y a pas de prix d'impression, de transport, de stockage, et vous ne faites ni catalogue, ni promotion, ni publicité...

Editeur: (claquant des doigts comme s'il se souvenais de quelque chose)) Nous formattons et téléchargeons aussi les ebooks aux revendeurs.

Auteur: Combien de temps ça vous prends ?

Editeur : Pardon ?

Auteur: Pour éditer un livre, faire une couverture et le formater ?

Editeur: Eh bien, On peut passer deux ou trois semaines sur un titre pour le préparer.

Auteur: Neuf mois.

Editeur: Quoi ?

Auteur: Neuf mois, en travaillant 60 heures par semaines. C'est ce que ça m'a pris pour écrire mon roman. Ca semble un peu plus long et dur que vos trois semaines. Et pourtant, je ne récupère que 1.5% du prix que vous choisissez. Savez vous quel est votre pourcentage ?

Editeur: Comme ça, non.

Auteur: Vous prenez 52.5%.

Editeur: Vraiment ? Euh.

Auteur: Pour moi, ça ne me semble pas juste.

Editeur: Vous ne semblez pas comprendre que vous avez besoin de nous. Sans relecture et couverture...

Auteur (l'interrompant)Disons que vous vendiez dix mille copies. Ce qui, à votre trop grand prix, semble improbable. Mais disons que vous y arriviez. Ça veut dire que je gagne $17 500...

Editeur : Une jolie somme...

Auteur: ... et vous gagnez $52 500. Même si vous n'avez travaillé dessus que trois semaines.

Editeur: Mais vous admettrez que nous avons créé pour lui une couverture du tonnerre.

Auteur: C'est vrai. Mais pour cinquante mille dollars, je parie que je pourrais moi-même acheter une couverture honnête. Je parie que je peux payer un docteur pour réveillez Pablo Picasso de parmi les morts et lui faire faire la couverture.

Editeur: N'oubliez pas la relecture.

Auteur: Combien de temps ça vous prends pour relire un manuscrit ?

Editeur: Pardon ?

Auteur: En heures. De combien on parle ? Dix? Vingt ?

Editeur: Ca peut prendre jusqu'à cinquante heures,  avec de multiples parcours complets, et la "line edit".

Auteur: Combien gagne un relecteur par heure ?

Editeur: Pardon ?

Auteur: Disons 50 dollars par heure? Je trouve ça beaucoup, et aussi que votre estimation de cinquante heures est trop élevée, mais même en prenant ces deux là,, on arrive à seulement $2500. Et d'après le "Artist & Graphic Designer's Market", la couverture devrait coûter aux alentours de $2000.

Editeur: N'oubliez pas le formatage et le téléchargement.

Auteur: Je peux payer un gars $200 pour formater et télécharger le livre. En fait, je peux aussi payer un gars $300 pour la couverture et un relecteur pour faire à la fois le "content" et le "copy editing". Mais vous ne me facturez pas 1000 $ ni même 4500 $. Vous prenez 52 500 $. Et ce prix peut même grandir? Si j'embauche mes propre éditeur et artiste, ces prix sont fixes. Vous continuez à prendre vos 52.5% pour toujours.

Editeur: Vous ne semblez pas comprendre. Savez vous combien ça coûte de louer ce bureau ? Nous payons 25 000 $ par moi, hors charges? J'ai trois assistants. Nous avons la couverture médicale... et des frais ! Avez-vous idée de combien ça coûte d'inviter les agent littéraires au déjeuner ?

Auteur: Mon agent n'a pas participé à cet accord.

Editeur: Rien à voire !

(Assistant entre, avec le café)
Assistant: Voici votre cappuccino, Editeur.

Editeur: Voilà un autre coût! Nous avons payé 5000 $ pour cette machine à cappuccino ! Comment sommes nous sensés rester dans survivre sans nos 52.5% ?

Auteur:(se levant) Je crois que nous avons terminé.

Editeur: Attendez une seconde ! Vous avez besoin de nous ! Sans nous pour valider votre travail, vous ne serez jamais considéré comme légitime ! Vous ne serez qu'un riche inconnu!

(Auteur se tourne pour partir)

Editeur: Pensez à ce que vous ratez! Quand on fait une couverture, nous le faisons sans le moindre ciblage, et ne portons aucune attention à vos souhaits ! Nous changeons arbitrairement votre titre pour quelque chose qui nous semble mieux, sans aucune preuve! Nous prenons douze mois pour publier un livre après que vous ayez rendu le manuscrit quand ça ne vous prendrais qu'une semaine ! Nous payons deux fois par ans, plutôt qu'une fois par mois si vous publiez vous-même, et notre comptabilité est difficile à comprendre et peut-être biaisée! Et puis on peut vous laisser tomber sans raison particulière! Vous ne pouvez pas renoncer à tout ça!

(Auteur s’arrête, puis se retourne).

Auteur: Ah; c'est vrai que j'ai besoin d'un éditeur.

Editeur: Vous voyez, je vous l'avais bien dit!

(Auteur tend à Editeur sa carte de visite)

Auteur: Quand votre société aura fait faillite et que vous vous retrouverez a chômage, je veux que vous me contactiez. Envoyez moi une lettre. Listez vos qualifications pour relire mon livre, ainsi que vos tarifs. Mettez aussi une enveloppe affranchie à votre adresse. Si je ne vous réponds pas dans les six moi, pas besoin de me relancer. Ça veut dire que je ne suis pas intéressé...  

Wednesday, September 7, 2011

(Auteurs auto-publiés) Comment trouver le succès

Il ne suffit pas d'avoir une Boule de Cristal Numérique, il faut aussi savoir la lire. 
Une boule de cristal, ça présente des courants, des flux... Moi j'aime bien lire (entre autres) le flux porté par J.A. Konrath. J'ai déjà traduit un de ses textes ici, "L'imprimé est éternel". En voici donc un autre ... "How to Succeed"


Je suis innondé de courrier électronique, souvent de personnes me remerciant ou me demandant des choses.
Voici une courte récapitulation des questions que je recois, et des réponses que je donnerais si j'avais le temps :

Q: Quel est le secret pour vendre beaucoup de livres ?
Joe: Il n'y a pas de secret. Il faut écrire de bons livre, avec une bonne description, un bon formatage, une belle couverture, le vendre pas cher, et persister jusqu'à avoir un coup de bol.

Q: J'ai un livre, mais il ne se vend pas. Comment dois-je le mettre sur le marché ?
Joe: Ecrivez un autre livre, et encore un, et persistez jusqu'à avoir un coup de bol.

Q:  J'ai changé ma couverture 56 fois, mais mes ventes ne décollent pas.
Joe: Il faut continuer à écrire jusqi'à avoir un coup de bol.

Q: Joe, j'ai suivi ton blog, et tu es la raison pour laquelle je m'auto-publie. Comment as-tu fait pour vendre autant ?
Joe: J'ai persisté jusqu'à avoir un coup de bol.

Q: Joe, tu es un pionnier, un héros, un Gourou. Tu mérites tout ton succès. A quoi l'attribues tu ?
Joe: J'ai juste eu un coup de bol.

Q: Tu parles beaucoup de chance, comment puis-je augmenter mes chances d'avoir du bol ?
Joe: Continue d'écrire des bon livres avec une bonne description, un bon formattage, une belle couverture, et de les vendre pas cher.

Q: Le talent et le travail ne sont-ils pas plus important que la chance ?
Joe: Ils peuvent augmenter tes chances d'avoir un coup de bol.

Q: J'ai fait tout ce que tu dis, mais je ne vends toujours pas. Quel est le problème ?
Joe: Tu n'as pas encore eu de coup de bol.

Q: Mais la route de l'auto-publication n'est elle pas pavée d'or ?
Joe: Personne ne mérite de gagner de l'argent en écrivant. Le monde ne te doit pas de te donner de quoi vivre, et tu ne peux pas considérer que de nombreuses ventes te soient dues. Il faut simplement que tu y travailles, jusqu'à avoir un coup de bol.

Q: Combien de temps ca prends, d'avoir un coup de bol ?
Joe: Ca m'a pris vingt ans et deux millions de mots écrits.

Q: Mais si je n'ai jamais de bol ?
Joe: C'est que tu n'as pas essayé assez fort, ou assez longtemps. Ou tout simplement tu n'écris pas assez bien.

Tout le monde n'est pas un joueur de foot de première division. Ca nécessite un ensemble de qualités, dont la chance. Mais tout le monde semble penser qu'il peut être un écrivain, simplement car il peut assembler quelques mots. Certains livres numériques mal écrits peuvent se vendre correctement, tout comme certains livres papier mal écrits se sont bien vendus. Mais si tu écrits de la merde, tu diminue tes chances d'avoir un coup de bol.

Je crois que la crème remonte et que la merde coule. Les livres numériques sont l'opportunité parfaite pour tester cette théorie, parce qu'il n'y a plus de barrière à l'entrée. Avant les ebooks, les garde-barrières historiques décidaient de qui était publié, et déjà alors de nombreux livres échouaient à trouver leur public car ils n'avaient jamais vraiment leur chance pour le faire.

Les livres numériques ont une durée de vie sur étagère infinie. Et les librairies numériques ont un espace d'étagère infini.  Si ton livre est bon, il a un temps infini poour être découvert. L'infini, c'est un long moment pour trouver un public.

Q: Est-ce que ca peut vraiment me prendre "pour toujour" pour atteindre le succès ?
Joe : J'ai écrit ORIGIN en 1999. C'est le livre par lequel j'ai obtenu un agent. Elle a essayé dur de le vendre à trois reprises, en 1999, 2005 et 2008, recevant plus de 50 lettres de refus par chaque société majeure de New York.

Maintenant, ORIGIN est classé 274ème dans la boutique Kindle, et a obtenu plus de 100 notes 5 étoiles. J'ai vendu des dizaines de milliers d'exemplaires.

Ca a pris 10 ans à ORIGIN pour trouver son public. Je recois tellement de lettres de fans à propos de ce livre que je vais écrire une suite. Tu peux t'arrêter si tu veux. Ou tu peux t'y accrocher jusqu'à avoir un coup de bol. Il n'y a pas de réponse facile. Pas de rustine rapide. Pas de raccourci vers le succès.

Personne ne te force à faire ça. Il faut que tu aimes le faire, et que tu croies en toi.
Même quand tu échoues.
Surtout quand tu échoues.

Si tu n'échoues pas, c'est que tu n'essaie pas assez fort.

Et si tu n'essaie pas fort, il va te falloir bien plus de temps pour avoir un coup de bol.

(Mise à jour le 22/05/2012 pour améliorer la fluidité. Toujours pas parfait, mais ça fera l'affaire)