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Sunday, April 15, 2012

L'analogie des crayons : pourquoi je lis indépendant ?

J'ai lu sur le blog du Passive Guy (que je vous recommande si vous lisez l'anglais et appréciez l'auto-édition) un commentaire de Donna Fasano, recopie d'une réponse dans une interview chez BigAl.

(Au fait, pour la petite histoire, elle a vendu 100 000 livres en auto-édition) ...
Je lui ai demandé (et obtenu) l'autorisation de la traduire :

Question de BigAl : "Que croyez vous que les auteurs indépendants ont à offrir aux lecteurs de plus que les auteurs publiés traditionnellement ?"

Réponse de Donna : "
Parlons crayons. Les 6 Gros (ndt: Big 6, référence aux 6 grands groupes d'éditions traditionnels US) rouge, orange, jaune, vert, bleu, violet, sont des couleurs parfaites pour dessiner cet arc-en-ciel, au pied duquel on trouve, dit-on, le chaudron rempli d'or. L'objectif des 6 Gros, c'est cet or, alors ils en restent aux couleurs principales et bien connues.

Les auteurs indépendants sont pour leur part comme ces boites de 120 crayons, plus la boite de fluos, et celle avec les paillettes, et les métallisées, et les aquarelles, et sans oublier les feutres des plus gras aux plus subtils. Les auteurs indés offrent une variété bien plus large quand aux couleurs. Bien sûr, tout le monde n'apprécie pas toutes les teintes, et certains crayons ne valent pas la cire dont ils sont faits, à cause de mauvais contrôle qualités (qui inclue tout, du talent, à la relecture, au formatage), MAIS si les lecteurs sont prêts à prendre un léger risque, plutôt que voir toujours le même (même si très beau) arc-en ciel, ils peuvent choisir parmi une gigantesque palette chatoyante et iridescente ^^ .

Tout ce que je peux dire, c'est Allez les auteurs Indés !"

Et je ne peux qu'acquiescer : Depuis que je lis indé, je vais de surprises en surprises, parfois bonnes, parfois mauvaises, mais toujours avec de nouvelles découvertes.
Et dans les indés, j'inclus bien entendu non seulement les auteurs auto-publiés, mais aussi ceux qui sont publiés par les petites structures d'édition type Numeriklivres et Publie.Net  (FR) ou Ridan (US).

Monday, February 20, 2012

Les BigSix (Traduction)

Traduction de
At Home with the Sixes
Par J.A. Konrath (janvier 2012)

http://jakonrath.blogspot.com/2012/01/at-home-with-sixes.html

Maman Six, Papa Six et leur fils discutent debout dans le salon.

Maman Six : Nous sommes tellement heureux pour notre fils.
Papa Six : Oh oui, si heureux.
Fils : Merci.
Maman Six : Nous reconnaissons le superbe travail que tu fais.
Papa Six : Tellement meilleur que tes frères et sœurs. Je sais qu'on n'est pas censé favoriser, mais mon fils... tu es notre préféré.
Fils: Merci. Au fait, il faut que je vous dise quelque chose.
Maman Six : Nous sommes tellement fier de toi. Te souviens tu de quand tu étais un bébé ?
Papa Six : Que tu avais besoin de nous pour te moucher.
Maman Six : Toutes les couches sales que nous avons changées
Papa Six : Mais regarde toi maintenant. Devenu grand.
Maman Six : Je dois dire, Papa Six, qu'on l'a bien élevé.
Papa Six : Oui c'est sur. Et regarde le maintenant. Un si beau jeune homme.
Maman Six : Nous avons tant fait pour toi.
Papa Six : Et nous allons continuer à le faire. Parce que nous sommes tes parents, et que tu as besoin de nous.
Fils : Je voudrais...
Maman Six : Les risques qu'on a pris ! Cet investissement en temps !
Papa Six : Et en argent ! Toute cette nourriture achetée pendant toutes ces années. Habits, affaires pour l'école. Tu n'aurais pas pu avoir tous ces 10/10 si nous ne t'avions pas acheté des crayons.
Fils : (soupirant) Oui, vous m'avez acheté de crayons. Vous êtes les meilleurs parents du monde.
Maman Six : Nous avons discuté, ton père et moi. Et nous avons des nouvelles.
Papa Six : C'est vrai, nous en avons discuté, et nous avons décidé qu'on augmenterait ton argent de poche de 2%.
Maman Six : Ne sommes nous pas généreux ?
Papa Six : Du coup, ta vas recevoir 21,50 $ par semaine. Alors, que penses-tu de ça, jeune homme ?
Fils : Vous me mettez mal à l'aise, la...
Maman Six: Mais maintenant, ne ne vas pas croire que cette augmentation de 2% va sans nouvelles
responsabilités, mon fils. En plus de la cuisine, du jardin et de cette nouvelle extension de notre maison, il va falloir aussi assurer l'entretien de nos 4 voitures, deux fois par mois.
Papa Six: Nous avons beaucoup de factures à payer. Location, Charges, Nourriture.Et soyons francs, tu manges beaucoup. Alors il va falloir qu'on te compte cette nourriture supplémentaire que tu consommes.
Maman Six: Mais tout va bien. Notre relation n'est pas que sur la nourriture ou l'argent. Nous élevons. Nous protégeons. Nous guidons.
Papa Six: Quand tu as peint cette magnifique aquarelle, qui l'a revendue et t'a reversé 17.5% de l'argent ? Nous.
Maman Six : Oh oui. Parce qu'on est une équipe.
Papa Six : Et c'est risqué comme business, d'élever des enfants. Mais nous sommes fiers de toi.
Fils : Assez ! Je voulais vous dire que je quitte la maison.
Maman Six : Quoi ?
Papa Six : Tu es sérieux ? Tu ne peux pas vivre sans nous !
Maman Six : Tu as besoin de nous !
Fils : Je vais me mettre à mon propre compte.
Papa Six : Ca ne va jamais marcher !
Maman Six : Sans nous pour faire tout ce qu'on fait, tu n'y arriveras jamais !
Fils : Ces trois dernières semaines, j'ai gagné plus de 100 000 $.
Papa Six : Euh...
Fils: C'est plus que ce que tu gagnes en une année, non , Papa ?
Maman Six : Mais... Mais... nous avons tant fait.
Fils : Ces dernières années, vous n'avez rien fait d'autre que de profiter de moi tout en vous vantant de vos propres qualités. Mais vous ne m'avez rien donné de valeur. Vous m'avez fait presque tué au travail, soutiré des tonnes d'argent, et il n'y a rien de ce que vous avez fait pour moi que je n'aurais pu faire moi même.
Papa Six : Petit branleur ingrat ! C'est nous qui avons fait de toi ce que tu es aujourd'hui !
Fils : Au revoir.
Maman Six se met à pleurer, Papa Six l'entoure de ses bras.
Papa Six : Ne t'en fais pas chérie. Nous n'avons pas besoin de lui. Nous avons des centaines d'autres enfants.
Maman Six : Mais s'ils se rendent tous compte qu'il n'ont pas besoin de nous ?
Papa Six : Ils ne s'en rendront pas compte. Nous somme l'autorité. Ils ont besoin d'approbation. Et puis ils sont vraiment naïfs.
Maman Six : Combien de temps vont ils rester naïfs ? Sans nos enfants pour payer nos factures, nous ne pourrons pas garder la maison.
Papa Six : Tout va bien se passer.
Maman Six : Peut-être que je devrais aller le rattraper. Proposer de tripler son argent de poche.
Papa Six : Je ne crois pas que ça va le convaincre.
Maman Six : Et si, la prochaine fois qu'on vend une de ses peintures, on lui redonne 20% ?
Papa Six : J'ai regardé. Il peut garder 70% tout seul.
Maman Six : Tant que ça ?
Papa Six : Oui.
Maman Six : Et on peut faire autant ?
Papa Six : Non, on a trop de factures à payer.
Maman Six : Tu crois qu'il nous en veux de l'avoir exploité pour son talent pendant tant d'années ?
Papa Six : Mais non Chérie. On ne l'a pas exploité. Nous lui avons apporté guide et soutien. Nous l'avons élevé. Nous lui avons prêté des milliers de dollars.
Maman Six : Qu'il nous a remboursé, avec des sacré intérêts.
Papa Six : Ce n'est pas la question. Par contre, il y aura toujours des enfants qui auront besoin de la validation, des calins et des réprimandes que nous pouvons offrir. Et ils sont prêts à nous voler pour les obtenir.
Maman Six : Je l'espère Papa Six.
Papa Six : Fait moi confiance. Allez, va me chercher mon Kindle dans la chambre. Il y a un nouveau livres de Konrath chez Amazon pour 2.99$. J'adore comme il peut les vendre à ce prix.
Maman Six : Moi aussi. Je ne comprends pas pourquoi tant d'autres ebooks sont aussi chers
Papa Six : C'est simple chérie. Les grosses société gaspillent et se fichent de leurs clients. Ils facturent cher pour payer leur surcharge sans pour autant fournir de valeur ajouté ni aux auteurs avec lesquels il travaillent, ni les lecteurs à qui ils vendent.
Maman Six : (secouant la tête) Je suis heureuse qu'on ne se fasse pas d'illusions comme ça.
Papa Six : Amen

Sunday, January 22, 2012

Lecture Anglaise : Percepliquis par Michael Sullivan

J'ai commencé à lire la série des  "Révélations de Riyria", par Michael J. Sullivan il y a environ un an. A ce moment là, il était un auteur "indépendant", vendant avec succès ses livres par l'intermédiaire de "Ridan Publishing", une petite maison d'édition indépendante montée par sa femme Robin Sullivan. Quatre des 6 livres prévus étaient disponiblea alors. Je les ai lus rapidement, avant d'acheter dès sa sortie deux mois plus tard le cinquième. Puis ... nous avons appris qu'ils avaient été contactés et avaient décidé d'accepter que la série soit re-publiée, cette fois par Orbit, un "label" orienté fantasy du groupe Hachette.

Cet hiver, nous avons par aileurs appris qu'elle arriverait en France cette année, traduite et publiée par Bragelonne, directement en poche sous le label Milady.

Orbit décida de ne pas vendre la série en 6 livres, mais en 3 :  "Theft of Sword"s, "Rise of the Empire", and "Heir of Novron", mais accepta avec l'auteur de vendre également le livre manquant pour les lecteurs ayant acheté les 5 premiers et voulant finir leur collection.

Percepliquis est ce livre manquant, qui finit le cycle de 6 histoire. Je l'ai acheté le jour de sa sortie et commencait la lecture aussitôt.

J'ai maintenant un problème pour l'écriture de cette critique : non seulement je voudrait éviter de gacher la surprise  pour les lecteurs ne l'ayant pas lu, mais je voudrais aussi éviter de le faire pour ceux qui n'ont pas lu les 5 premiers. Alors je vais en rester aux généralités.

Une fois encore, nous retrouvons Royce et Hadrian, des voleurs extraordinaires, en plein milieu d'intrigues de batailles et d'action. Humour, peines et douleurs, mort, magie et beauté... La vielle et classique recette est là, jusqu'à la dernière mission désespérée pour sauver l'humanité.

Oh oui, vous la connaissez par coeur cette mission désespérée. C'est un tel cliché de l'utiliser dans un livre médieval Fantastique. Avec les archétypes standards : Voleur, Paladin, Moine, Sorcière (Magicienne, idiot!)... Le seul manquant est le tireur de loin. Pas d'archer, pas d'arbalètes. Tout est en combat rapproché...
Sauf pour ces flèches parfaites, arrivées tout droit ... du tome 1 de la série !

Et le voilà le fabriquant de flèches extraordinaire, le magnifique archer : Michael J. Sullivan. Non seulement toutes les flèches tirées au long des 5 premiers tomes atteignent elles leur but, mais voyons parfaitement à quel point leur vol a été précis, comment elles atteignent les buts qu'il a choisi, et avec quel style.

Et même si ce paragraphe précédent laisse à penser que le livre ne fait rien d'autre que finir la série, il faut dire que NON, bien qu'il soit largement préférable de le lire après les 5 précédents, c'est un bon livre même à lui tout seul.

Dans la postface (à lire APRES le livre, mais qui mérite bien d'être lue), Michael J. Sullivan mentionne qu'il a écrit cette série comme il aurait voulu en lire une : du médiéval fantastique "classique", léger et distrayant, d'un niveau adulte mais pas trop sombre. Encore une cible atteinte.

PS : Niveau adulte... mais aussi largement accessibles à des ados, puisqu'il n'y a ni gore ni scènes chaudes.

Première participation au Défi lire en anglais : I read in english.

Ma note ? 5 étoiles

Corrigé pour ajouter des informations sur la sortie en poche chez Milady

Le mythe des Bestsellers

Encore une fois une traduction d'un billet de Joe Konrath sur l'auto-publication. Pas encore applicable en France, mais qui sait :-)

The Myth of the Bestseller

Nous voulons tous avoir un livre bestseller.
Le monde de l'édition semble souvent concentré sur les bestsellers. Le nombre d'exemplaires vendus d'un livre le fait rentrer dans les listes de bestsellers, ce qui lui apporte encore plus d'attention. Les éditeurs, et auteurs, communiquent autour de leurs gros succès, et les nombres faramineux se reproduisent à l'infini.

Le monde de l'auto-publication semble suivre le même chemin. J'ai été l'une des premières personnes à diffuser mes résultats, et ce mouvement a continué. Je pense que cette transparence va dans le bon sens.

Mais le message est en train de se déformer. J'ai partagé mes résultats pour montrer aux auteurs qu'il était possible de réussir en publiant sur le Kindle.

Si je le fais, ce n'est pas pour montrer combien de livres de plus que vous je vends. Et je n'ai jamais décrété qu'un ebook devait être vendu à plus de X copies avant d'être considéré comme une réussite.

D'après un article récent dans "Publisher's Lunch" (pas de lien car c'est un site payant), 11 auteurs auto-publiés ont atteint la liste du New York Times en 2011. Je n'ai pas lu l'article, alors je ne sais pas s'il est orienté pour dire qu'il s'agisse d'un nombre ahurissant ou plutôt décevant. En réalité, ce n'est ni l'un ni l'autre. Parce que ce nombre n'a aucune signification.

La révolution de l'auto-publication  n'est pas sur le nombre de bestsellers qu'elle produit.

Là où elle est révolutionnaire, c'est sur le fait que les auteurs -- tous les auteurs -- soient capables de faire de l'argent à partir de leur travail sans avoir à traverser toutes les épreuves imposées des Cerbères.

Vous n'avez pas besoin d'atteindre la liste du NYT pour considérer avoir réussi . Vous n'avez pas besoin de faire 100 000 $ en trois semaines pour avoir réussi. Et la signification de cette révolution n'est pas déterminée par les critères de la machine historique de l'édition.

Un auteur n'a pas besoin de vendre 10000 ebooks par jour. Il peut vendre 10000 ebooks par an (seulement 27 par jour) et comme il conserve une proportion importante des royalties, ça peut faire une grosse différence dans son train de vie.

Même 5000 livres par an, à 99 cents, donnent un bonus de 150$ par mois. De l'argent pour payer des factures. Acheter de l'épicerie. Faciliter les choses.

Dans l'édition traditionnelle, si un auteur ne ramenait pas d'argent, on le laissait tomber. Mais nous autres auteurs n'avons pas les même charges qu'un éditeur de NY. Des ventes plus faibles n'impressionnent pas le monde traditionnel, mais qui s'en soucie ? Ils sont surchargés, encombrants, rouillés, inefficaces et sources de gâchis.
Laissons NY essayer de se rester à flots. Pour notre part, nous pouvons nous contenter de bien moins. Nous n'avons pas besoin de faire des Home-Runs comme NY. Il nous suffit de réussir plein de balles moyennes pour nous en sortir correctement.

Les bestsellers ont toujours été des exceptions. Ce qui est important c'est la midlist, et combien d'auteurs peuvent être payés. Et actuellement, bien plus d'auteurs sont payés pour leurs écrits qu'à tout autre moment de l'histoire. C'est carrément ahurissant. Et cette histoire là est bien plus importante que celle des 11 auteurs qui sont rentrés dans la liste du NYT.
Qu'on ne me méprenne pas. Je suis ravi pour ces 11 auteurs.

Je suis également ravi de mon propre succès.

Mais je suis particulièrement ravi pour ces milliers d'auteurs qui arrivent à boucler leurs fins de mois parce qu'ils ont réussi à atteindre leur but et auto-publier leurs ebooks.

Tout auteur qui met de la nourriture sur sa table grâce à son écriture est un auteur qui réussit. Qu'importe si c'est un hamburger et du fromage ou du caviar et du champagne. Prendre sa carrière dans ses mains, y mettre tous ses efforts et faire de son mieux, lutter pour mieux faire... c'est le Rêve Américain ! 

Les Bestsellers ? Aux chiottes les bestsellers.

Ne laissez ni moi, ni le NYT, ni les pousse-papier de l'édition traditionnelle vous faire sentir inadéquats parce que vous n'êtes pas encore millionnaires.
Vous faites partie d'une révolution qui va changer la manière dont le monde entier lit.

Vos ebooks vont continuer à vous faire gagner de l'argent, pour toujours.
Soyez fiers de vous ! Vous avez réussi.

Thursday, November 3, 2011

le NaNoWriMo vu par Jim C Hines

Jim C. Hines est un auteur "midlist" américain, de Fantasy surtout, dont une des série est traduite en Français (http://www.amazon.fr/Princesses-mais-pas-trop-lenl%C3%A8vement/dp/2362310140/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1320335728&sr=8-1).


J'aime beaucoup suivre son blog, où il traite beaucoup de sujets divers, avec à la fois humour et gravité (c'est selon, et parfois les deux simultanément). Alors quand un de ses billets donne écho à une discussion de ce matin sur le NaNoWriMo, je ne peux pas m'empêcher de le traduire !


Original : Q&A on NaNoWriMo



Faites vous le National Novel Writing Month cette année, Jim?
J'ai déjà fait des "challenges d'écritures"  (Novel Dares) auparavant, et deux fois finis des romans d'environ 80 000 mots en un mois, mais mon emploi du temps ces jours ci me garde fermement sur un rythme de un livre par an.

Comment comparez-vous le "NaNoWriMo" à la vraie écriture ?
Et bien, vous voyez, les "vrais" auteurs s'assoient et mettent des mots sur des pages. Alors que tout ce que font ces hurluberlus du NaNoWriMo, c'est mettre des mots sur des pages. Comment pourrais-t-on donc comparer les deux ?

Cela ne vous  gène t'il pas trop que des centaines de milliers de gens chaque année, traitent votre carrière, ce travail idéal pour lequel vous avez travaillé depuis 16 ans, comme une sorte de jeu ?
Ecrire un livre est une formidable réussite. Peu des gens qui font le NaNoWriMo deviendront des écrivains professionnels, mais pourquoi devrais-je m'en soucier ? Entendez vous des joueurs de football professionnels se plaindre que des partie de foot informelles après l'école nuiraient à la FIFA ? D'où tirez-vous ces questions débiles ?

Désolé. Croyez-vous possible d'écrire un bon roman en trente jours ?
Oui. Je ne connais que très peu de gens qui en sont capables, mais c'est certainement possible. Je connais un auteur qui a écrit et vendu un roman à un grand éditeur en moins d'une semaine. Dans la plupart des cas, cependant, ce que vous obtenez après un NaNoWriMo est un premier jet. Et si vous êtes un minimum comme moi, finir ce premier jet n'est que la première partie du processus.

Mais cette objectif de quantité plutôt que sur la qualité n'est t'il pas mauvais ? A enseigner aux participant à n'écrire que des déchets ?
Qu'y a t'il de mal à écrire des déchets ? Mes premiers jets en sont pleins. C'est à ça que servent les reprises.

Eric Rosenfield dit que l'attitude du NaNoWriMo est "répugnante" dans sa globalité, et pollue le monde de quantités de romans jetables (one off ?) par des gens qui ne s'intéressent pas vraiment à l'écriture.
Comme nous le savons, les romans jetables sont un vrai problème, et j'espère que l'Agence de Protection de l'Environnement va prendre des mesures pour nous protéger de ce problème grandissant avant qu'il ne soit trop tard. Je me souviens en décembre dernier quand je suis rentré chez moi pour constater que des milliers de participants au NaNoWriMo étaient rentrés par effraction le sol était jonché des pages encore chaudes de leurs manuscrits. Un cauchemard. Mes pieds sont encore converts de cicatrices dues aux coupure du papier, et un des chats n'a toujours pas été retrouvé. N'ecoutez pas les gens qui nient la pollution par les romans. Lisez la recherche sur le sujet et appellez dès aujourd'hui vos représentants parlementaires !

Et puis, si les gens ne s'intéressaient pas à l'écriture, ils n'écriraient pas !

Bon, et à propos du billet de Keith DeCandido, dans lequel il dit que le NaNoWriMo n'a rien à voir avec l'écriture d'histoire; qu'il enseigne le professionalisme et les délais, et l'importance d'avoir ses fesses dans une chaise ?

Je crois qu'il a raison sur l'importance de l'auto-discipline, sur s'assoir et écrire, au lieu de juste en parler.
Le professionalisme ? Je ne sais pas ce que ça veut dire.

Très bien, alors, le but du NaNoWriMo, c'est quoi ?
Le site dit que le but est que des gens essaient d'écrire 50000 mots en un mois, mais en réalité, c'est de donner à des auteurs "professionnels" comme moi l'opportunité de donner leur Très Importante Opinion.

Un dernier conseil, Monsieur V. I. Auteur ?
Le processus de chacun est différent. Ne vous inquietez pas de ce que disent les autres. Découvrez ce qui marche pour vous, et amusez vous.

Et quand vous aurez fini, prenez le temps de regarder des sites comme "Writer Beware" pour vous assurer de ne pas vous faire arnaquer? Il y  un grand nombre de gens sans scrupules pressés de prendre votre argent. Ne leur donnez pas.

Thursday, October 27, 2011

Amazon's answers regarding DRMs on Kindle France

Roughly two weeks ago, when the french Kindle Store opened, I sensed a disturbance in the Force : Books seemed to be screaming under the Dark Power of DRMs.
(http://readingandraytracing.blogspot.com/2011/10/amazon-kindle-france-and-drms-different.html)

Well, I was (partly) wrong : While some books had DRMs, some others hadn't, following the wishes of their (self-)publishers. However, I, as a customer, had NO way of determining if a given book was with or without DRMs, except after having bought it.

After some time, I sent a mail to the Customers's Service (don't have the original mail though).

I received shortly thereafter the following mail:

In answer to your mail, here are some informations about DRMs and ouravailable  ebook selection. The publishers choose whether they would like a DRM to be applied on their ebooks.
There are no limits to the number of times a title can be downloaded on a Kindle or Kindle Application. However, there can exist a limit regarding the number of Kindles or Kindle applications on wich a title can be available at the same time (usually 6). 
If that limit is less than 6 (bold mine) Kindle or Kindle applications, you'll see the message "Maximum simultaneous devices : up to X depending on the publisher's limits" on the detailed description page on Amazon.fr 's Kindle Store.

Clearly, while Amazon still lets the publisher choose it's own DRMs, it adopted in France a different strategy than in the rest of the world : The "devices" mentions now books where restrictions are stricter than a standard DRMized 6, instead of mentioning whether it has DRMs at all. It is in France impossible for a customer to check the presence of DRMs given the informations on the detailed description page.

I mailed them again today, with these same explanations, and they only answered (in addition to links to the Terms of Service/EULAs) that they had forwarded my comment to the  appropriate department.
Lastly, they included an email address (kindle-votre-avis@amazon.fr) where I could send further remarks.

If some of you ARE concerned with this stance in the French Store (which may be replicated in other upcoming Kindle Stores), I guess now would be a good time to express it, perhaps by e-mailing them your own remarks on that subject.

If some of you are self-publishers, and have chosen to NOT use DRMs, perhaps explaining that your wish is not only to have no DRMs on the books but for the customers to know it wold have additional "punch" than our "customer's" one.

Wednesday, October 12, 2011

Amazon Kindle France and DRMs : different strategy or Bug ?


After the happy news of Kindle's arrival in France, I feel a little unease for a few days :

While the choice of some Kindle publishers (self and classical alike) is to not have DRMs, it seems the Kindle France Store applies DRMs ebooks  regardless of that choice. This is also true for foreign books. So if some self-publisher, adding the book in the US KDP, decides to have no DRM, it is nonetheless used for the "french" ebook store.

A few self-publishersI know have confirmed having been presented in KDP with the choice of DRM/noDRM, while Bragelonne (one of the major SF/Fantasy classical publisher), opposed to their use told me (Twitter inside) :
"Not us. We provide the files without DRMs. We can't do anything about it, Sorry".
"DRMs at Amazon are not of our initiative, we have no choice with the .azw layer".
"We provide the files without DRMs, after that it's Amazon's cloud that make it encrypted".

From what I've seen, even books published without DRMs through other Kindle platforms (Kindle US for example) are present on the KindleFR store WITH the handcuffs.

What I don't understand is that until now, and on all the national Kindle platforms, Amazon clearly stated regarding its DRM policy, that they don't decide it, but leave it to the publishers to decide. Not only was it clear, but it also WORKED that way. Well, if some publishers want to shoot themselves in the foot, that's their right after all, but here, the DRMs seem to have been applied regardless of the publisher's choice.

Finally, even if Amazon's Help page state that a restriction may be in place, at least some kind of HINT may be better, to show that the books ARE DRM ridden.
It may be possible that the DRM encryption are used systematically, whether the number of devices being limited.
It also may be a simple bug , in which case it may be important to raise it as soon as possible, so that it's corrected and not too many DRMised books are sold.
Lastly, it may be a strategical choice, in which case it's most important to mobilize against Amazon strong-arming DRMs in the French Kindle Store, before perhaps establishing them worldwide.


Tuesday, October 11, 2011

Boule De Cristal au carré !

Lorsque je veux avoir une idée du futur de l'ebook, je regarde dans ma Boule de Cristal Numérique, c'est une habitude. Mais voila t'y pas que ce que je vois dans ma Boule de Cristal, se met à prédire l'avenir !!
Dans un nouveau blog But Why Would You…. Ever Try To Predict the Future In Publishing?, Dean Wesley Smith (que je vous recommande de suivre si vous lisez l'anglais) fait 6 prédictions pour le marché des ebooks US.

J'en fait une très rapide et superficielle traduction ici. Si vous en souhaitez-plus, allez lire, et s'il y a suffisemment de demande (et si j'en ai le temps) je referais ça pus précisément.

Prédiction 1)(facile !)  La période de Noël va être d'enfer pour les ebooks
Le nombre de livres papiers vendus va diminuer dans le premier semestre de l'année prochaine, ce qui va causer la panique sur le terrain et dans les journaux. (La fin du monde, après tout c'est bien en 2012)

En même temps, les profits de certains editeurs vont augmenter pour certains grâce à l'augmentation des ventes des ebooks (fort marge) et la diminution de vente des livres papiers( moins de coûts de production, distribution etc). Et pour certains, passage à une part importante d'impression à la demande.

Prédiction 2)(facile aussi!) Recommencement à chaque période de Noël de la prédiction N°1, avec des bouleversements et re-consolidation autour d'un modèle orienté vers le POD (impression à la demande) et sans le système des retours.

Prédiction 3) (facile encore) Certaines maisons d'édition vont avoir des problèmes pour diminuer les coûts d liés au papier et seront soit liquidées, soit vendues par le groupe auquel elles appartiennent. Les autres vont s'adapter et survivre, notamment grâce aux plus fortes marges  sur le numérique liées aux contrats avantageux avec les auteurs, et à la re-publication des fonds "backlist" de ceux-ci.

Prédiction 4) (allez, encore assez raisonnablement facile) Les schémas présentés au dessus vont continuer, avec de nombreux nouveaux entrants, distributeurs,éditeurs, librairies (virtuelles ou physiques). La distribution mondiale des livres en langue anglaise va bien augmenter les profits des éditeurs, ce qui va les mener à la demande des droits "internationaux" sur les oeuvres au lieu des marchés nationaux. Mais pas que les gros éditeurs, les auto-publieurs aussi.

Prédiction 5) (déjà en cours) les librairies qui auront été faibles et stupides vont fermer, mais au profit de plus petites et indépendantes. Au bout du compte, elles vont trouver un moyen de compléter les manque à gagner dans l'aide et le conseil à l'achat de livres électroniques, vendues à travers elles.

Prédiction 6) (Allez une vraie prédiction cette fois)  Dans 5 ans,  1 livre vendu sera en papier, pour 3 électroniques. Les formats survivants au passage du POD seront les "Brochés" et "Cartonnés". Les livres de poches auront disparus.

Tuesday, September 27, 2011

What's an ebook's thickness ? A call to every publisher/retailer.

When I bought paper books, I used to have certain buying habits : Cjhecking out the author, the cover and blurb, the book's "format" and its prioce.
I transposed most of these habits to ebooks, but it leaves me deprived of one of those criterias : format.

When choosing a book, I check out it's physical dimensions (width,  height, thickness) and its content : number of pages, fontface size and spacing.This allows me to estimate it's "length" and the time I'll take to read it. I also know from experience that I usually prefer longer works, hence my biasing towards them, but depending on the genre and mood, I can choose some outside of my "security zone".

I know I'm far from beeing alone, even if some readers consider on the contrary that a book's length shouldn't be taken into account when choosing a book. For them, it's the intrinsic quality of a work that matters, with proof "The Old man and the Sea", a masterpiece closer to the novella rather than a novel.

Anyways, for a reader, this criteria is difficult to evaluate for electronic books : usual clues (number of pages, format) loose their meaning.
The file size, too dependent to included graphical/multimedia files, is really tricky and allows unscrupulous writers to "cheat".
The number of physical pages can also be "manipulated" by choosing distinct margins, typesets sizes, and line spacing.
A "locations number" (a la Amazon) is also completely proprietary and artificial.

The most "probant" indicator is for me the words number. Easy to compute and check, for "pure" text, it completely conveys a book's length. On the other side, for readers, used to count in "pages", it has no direct "meaning".

To fulfill this need to assess a book'e length, I suggest to ALL our ebooks providers to converge to a common "ebook standard page" definition, of for example 250 words. I know that 250 words is completely arbitrary, but its rounded, easy to convert to/from, and quite close to what's usually seen on paper.
So please everyone providing/distributing ebooks (publishers, self-publishers, retailers) please add to the description (meta-)data this number of "equivalent pages" (epages ?). This would be a great plus to customers.

Last note : and don't forget, when you compute this number of epages, to NOT COUNT anything not directly related to the book : TOC, author's biography/bibliography, bonuses, other books excerpts etc.)



Saturday, September 24, 2011

Le relecteur Littéraire

Dans la suite du post précédent, concernant les éditeurs/editors, je suis retombé sur ce blog de J.A.Konrath...
Et n'ai pas résisté au besoin de le traduire.

Le "relecteur littéraire" (acquisitions editor) est la personne chez un éditeur, chargée du contact avec les auteurs, par exemple pour le choix des livres, et les discussions "éditoriales".


http://jakonrath.blogspot.com/2010/09/acquisitions-editor.html

Le relecteur littéraire

Quatrième étage de la Tour Top Branchée, New York
(Auteur est escorté par un Assistant dans le bureau de l'Editeur)


Editeur: Bonjour ! Assistant, peux-tu m'apporter un cappuccino, larme de lait, deux Stevias ? Auteur, voulez-vous quelque chose ?

Auteur: Non, merci.

Éditeur : Installez-vous, je vous en prie.

(Auteur s'installe face au bureau d'Editeur)

Editeur: Je suis heureux de vous dire que nous allons publier électroniquement votre nouveau roman. Escitant, non ?

Auteur: Je suis flatté. Mais il y a quelques points que je ne comprends pas. J'espérais que vous pourriez les éclaircir pour moi.

Editeur: Bien sûr. Je suis là pour vous. Nous sommes partenaires maintenant. Quelle période excitante.

Auteur: Ouais. Bon, tout d'abord, j'essaie de comprendre cette structure de royalties.

Editeur: C'est du standard. Vous recevez 25% des reçus nets.

Auteur: Avec le modèle d'agence, ça signifie que je gagne 7.5% du prix catalogue.

Editeur(radieux): Pas mal, hein ? Si c'était un de ces vieux livres poches démodés, vous ne gagneriez que 8%.

Auteur: Mais les poches coûtent $7.99. Vous voulez vendre mes ebooks pour $9.99.

Editeur: Nous avons déterminé que c'était le meilleur prix.

Auteur: Comment ?

Editeur: Excusez-moi ?

Auteur: Comment avez-vous déterminé le meilleur prix ? Avez vous demandé des études ? Sondé des lecteurs ? Expérimenté avec différents prix ?

Editeur: Nous sommes arrivés à $9.99 en le comparant au prix des livres papiers.

Auteur: Mais les livres papiers coûtent de l'argent à créer. Il y a l'impression et le transport. Et même comme ça, les poches sont à moins de $9.99.

Editeur: Nous suivons juste le marché.

Auteur: En fait, non. Vous déterminez le prix de vente. C'est vous qui positionnez le marché, vous ne le suivez pas. Et $9.99, me semble élevé.

Editeur: Vous devriez nous laisser nous préoccuper de ça. C'est pour ça que nous sommes partenaires. Vous vous concentrez sur  l'écriture, nous nous occupons de la partie affaires. Ca fait parties des services que nous proposons.

Auteur: Quel est ce service, déjà ? Je veux dire, il n'y a pas d'impression, de transport...

Editeur: Vous croyez que ce sont les seuls coûts impliqués pour mettre un livre sur le marché ? (rire forcé) Vous autre auteurs êtes si naïfs.

Auteur : Éclairez moi, je vous en prie.

Editeur: Et bien, nous relisons. Les livres ont besoin de relecture. Nous créons aussi la couverture. Les livres, même émectroniques, ont besoin de couverture.

Auteur: Continuez.

Editeur: La liste est tellement longue que j'ai du mal à tout retenir. Il y a, euh, la présentation catalogue (catalog copy).

Auteur: Vous présentez les ebooks en catalogue ?

Editeur: Ben, non. Mais nous faisons beaucoup de promotion.

Auteur: Comment exactement faites vous la promotion des ebooks ?

Editeur. C'est si nouveau que nous sommes encore en train de le découvrir. Mais nous avons très récemment emmené l'équipe à Seattle pour des réunions sur comment faire la promotion des ebooks. Nous y sommes restés deux semaines. Je crois que nous avons fait de réel progrès.

Auteur: (dans sa barbe) Vous pourriez peut-être faire une réunion pour mieux choisir où dépenser votre argent.

Editeur: Ces réunions auront lieu le mois prochain en Floride. Au Ritz Carlton. On va payer Warren Buffet comme conférencier.

Auteur:(soupirant) Y a t'il d'autres coûts pour mettre un ebook sur le marché ?

Editeur : Il y a la publicité.

Auteur: Vous faites de la publicité pour les ebooks ?

Editeur: On le prévoit, quand on aura le temps. Peut-être sur ce Facebook. Les enfants semblent adorer. On utilise aussi Twitter.

Auteur: Facebook et Twitter sont gratuits.

Editeur: Les publicités sur Facebook sont payantes.

Auteur : Personnellement, sur combien de publicité Facebook avez-vous cliqué ?

Editeur: Aucune. Ces trucs stupides m'énervent.

Auteur: Alors, soyons clairs. Il n'y a pas de prix d'impression, de transport, de stockage, et vous ne faites ni catalogue, ni promotion, ni publicité...

Editeur: (claquant des doigts comme s'il se souvenais de quelque chose)) Nous formattons et téléchargeons aussi les ebooks aux revendeurs.

Auteur: Combien de temps ça vous prends ?

Editeur : Pardon ?

Auteur: Pour éditer un livre, faire une couverture et le formater ?

Editeur: Eh bien, On peut passer deux ou trois semaines sur un titre pour le préparer.

Auteur: Neuf mois.

Editeur: Quoi ?

Auteur: Neuf mois, en travaillant 60 heures par semaines. C'est ce que ça m'a pris pour écrire mon roman. Ca semble un peu plus long et dur que vos trois semaines. Et pourtant, je ne récupère que 1.5% du prix que vous choisissez. Savez vous quel est votre pourcentage ?

Editeur: Comme ça, non.

Auteur: Vous prenez 52.5%.

Editeur: Vraiment ? Euh.

Auteur: Pour moi, ça ne me semble pas juste.

Editeur: Vous ne semblez pas comprendre que vous avez besoin de nous. Sans relecture et couverture...

Auteur (l'interrompant)Disons que vous vendiez dix mille copies. Ce qui, à votre trop grand prix, semble improbable. Mais disons que vous y arriviez. Ça veut dire que je gagne $17 500...

Editeur : Une jolie somme...

Auteur: ... et vous gagnez $52 500. Même si vous n'avez travaillé dessus que trois semaines.

Editeur: Mais vous admettrez que nous avons créé pour lui une couverture du tonnerre.

Auteur: C'est vrai. Mais pour cinquante mille dollars, je parie que je pourrais moi-même acheter une couverture honnête. Je parie que je peux payer un docteur pour réveillez Pablo Picasso de parmi les morts et lui faire faire la couverture.

Editeur: N'oubliez pas la relecture.

Auteur: Combien de temps ça vous prends pour relire un manuscrit ?

Editeur: Pardon ?

Auteur: En heures. De combien on parle ? Dix? Vingt ?

Editeur: Ca peut prendre jusqu'à cinquante heures,  avec de multiples parcours complets, et la "line edit".

Auteur: Combien gagne un relecteur par heure ?

Editeur: Pardon ?

Auteur: Disons 50 dollars par heure? Je trouve ça beaucoup, et aussi que votre estimation de cinquante heures est trop élevée, mais même en prenant ces deux là,, on arrive à seulement $2500. Et d'après le "Artist & Graphic Designer's Market", la couverture devrait coûter aux alentours de $2000.

Editeur: N'oubliez pas le formatage et le téléchargement.

Auteur: Je peux payer un gars $200 pour formater et télécharger le livre. En fait, je peux aussi payer un gars $300 pour la couverture et un relecteur pour faire à la fois le "content" et le "copy editing". Mais vous ne me facturez pas 1000 $ ni même 4500 $. Vous prenez 52 500 $. Et ce prix peut même grandir? Si j'embauche mes propre éditeur et artiste, ces prix sont fixes. Vous continuez à prendre vos 52.5% pour toujours.

Editeur: Vous ne semblez pas comprendre. Savez vous combien ça coûte de louer ce bureau ? Nous payons 25 000 $ par moi, hors charges? J'ai trois assistants. Nous avons la couverture médicale... et des frais ! Avez-vous idée de combien ça coûte d'inviter les agent littéraires au déjeuner ?

Auteur: Mon agent n'a pas participé à cet accord.

Editeur: Rien à voire !

(Assistant entre, avec le café)
Assistant: Voici votre cappuccino, Editeur.

Editeur: Voilà un autre coût! Nous avons payé 5000 $ pour cette machine à cappuccino ! Comment sommes nous sensés rester dans survivre sans nos 52.5% ?

Auteur:(se levant) Je crois que nous avons terminé.

Editeur: Attendez une seconde ! Vous avez besoin de nous ! Sans nous pour valider votre travail, vous ne serez jamais considéré comme légitime ! Vous ne serez qu'un riche inconnu!

(Auteur se tourne pour partir)

Editeur: Pensez à ce que vous ratez! Quand on fait une couverture, nous le faisons sans le moindre ciblage, et ne portons aucune attention à vos souhaits ! Nous changeons arbitrairement votre titre pour quelque chose qui nous semble mieux, sans aucune preuve! Nous prenons douze mois pour publier un livre après que vous ayez rendu le manuscrit quand ça ne vous prendrais qu'une semaine ! Nous payons deux fois par ans, plutôt qu'une fois par mois si vous publiez vous-même, et notre comptabilité est difficile à comprendre et peut-être biaisée! Et puis on peut vous laisser tomber sans raison particulière! Vous ne pouvez pas renoncer à tout ça!

(Auteur s’arrête, puis se retourne).

Auteur: Ah; c'est vrai que j'ai besoin d'un éditeur.

Editeur: Vous voyez, je vous l'avais bien dit!

(Auteur tend à Editeur sa carte de visite)

Auteur: Quand votre société aura fait faillite et que vous vous retrouverez a chômage, je veux que vous me contactiez. Envoyez moi une lettre. Listez vos qualifications pour relire mon livre, ainsi que vos tarifs. Mettez aussi une enveloppe affranchie à votre adresse. Si je ne vous réponds pas dans les six moi, pas besoin de me relancer. Ça veut dire que je ne suis pas intéressé...  

Wednesday, September 21, 2011

Editeur VS Editor. Fight !


Dans toutes les discussion actuelles que j'ai en français sur l'auto-édition/publication, revient un problème de vocabulaire : le mot "éditeur" et sa "traduction" directe "editor" sont loin d'être équivalentes. Bien que pas complètement "faux amis", on est très loin d'une adéquation totale.

Le terme le plus correct pour traduire "Éditeur" serait "Publisher" (qui pourrait être en retour traduit par "Publieur" mais ne l'est qu'en référence au terme anglais.). Je vous renvoie à l'article Wikipedia pour plus de détails (http://fr.wikipedia.org/wiki/Édition_littéraire)

Cet article Wikipedia présente la chaine du livre en 5 étapes :
  • La création,
  • De l'auteur à l'éditeur,
  • De l'éditeur à l'imprimeur,
  • L'impression
  • La commercialisation.

Sur ces 5 points, seuls les second et troisième points sont directement couverts par l'"editor" anglais.
Une définition de ce terme (restreinte au domaine des livres) pourrait être "personne qui corrige, révise ou adapte un texte". 
Un découpage plus fin peut encore être effectué :

L'acquisition editor, est un "employé" du publisher, dont le rôle est après un premier filtrage, de choisir parmi les manuscrits reçus un certains nombre de candidats "sérieux" à publication. Intégré à l'équipe éditoriale, il poussera ses "poulains" pour qu'ils soient publiés.
2 liens :
http://jakonrath.blogspot.com/2010/09/acquisitions-editor.html

Puis, on peut distinguer différents niveaux de finesse au niveau de l'édition :

Cohérence globale, Style général etc... sont plutôt gérés par un "Copy editor".
Son rôle est de rendre un livre homogène et cohérent. Par exemple il cherchera les "trous" ou les incohérences dans la trame, les mauvaises habitudes stylistiques de l'auteurs.
http://en.wikipedia.org/wiki/Copy_edit

http://en.wikipedia.org/wiki/Editing

Le "Line Editor" est plus concerné par la cohérence grammaticale, syntaxique, ponctuation etc, au niveau des phrases ou des lignes de textes.
http://www.wisegeek.com/what-is-a-line-editor.htm

Enfin, le "Proofreader" (Relecteur en frannçais ?) s'assure de l'absence de coquilles après formatage du livre.

Bien sur, un editor peut exceller et exercer dans ces trois "niveaux", mais pour autant, à force de relecture d'un même texte peut perdre sa "sagacité".

Dans les faits, un "éditeur" à la française prend à sa charge les taches liées à l'"editor", ce qui lui permet de publier un texte sans fautes majeures, tel qu'attendu par les lecteurs. 
De ce fait, il semble évident qu'un auto-publieur sous sa casquette de Publieur, doit assurer (personnellement ou en faisant appel à des "editors" externes) ces tâches d'édition.

[MAJ] Obtenu par l'intermédiaire de l'HADOPI quelques équivalences "françaises" aux termes anglais :
le proofreader est le "relecteur des épreuves"
le copy editor serait le "relecteur du texte", celui qui fait des suggestions de réécriture
le line editor serait celui qui vérifie la typographie et la place des virgules et des points
(pas de certitudes sur les deux derniers)
Merci à eux :-)

[MAJ2] Voici un article très clair concernant les relectures ! Ça me manquait !
http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2011/09/26/bookcamp4-leconomie-de-la-correction/
et puis
http://www.liberation.fr/culture/0101612104-correcteurs-a-rude-epreuve

Friday, September 9, 2011

Tas de Gadoue





Une nouvelle traduction, cette fois-ci d'un billet de Kristine Kathryn Rusch. Elle est auteur de plusieurs dizaines de romans, a été éditrice (et a gagné à ce titre plusieurs prix). Son mari (écrivain également) a dirigé une petite maison d'édition spécialisée dans le fantastique et la science fiction. 
Ils auto-publient de nombreux livres, pour certains après en avoir récupéré les droits.
Tout cela lui donne à mes yeux une certaine légitimité à parler de l'édition aux Etats-Unis.
Il faut noter je pense que l'édition outre-atlantique est sans doute différente avec celle que nous connaissons en France, ce qui peut rendre certaines mentions inapplicables ici. Par exemple, je ne suis pas sûr de l'influence des agents littéraires ici, et alors qu'aux USA, les livres reliés sont encore bien présents, ce n'est plus vraiment le cas chez nous (merci Prix Unique du Livre !).

Celui de son mari : http://www.deanwesleysmith.com/


Vérités sur le Tas de Gadoue
Kristine Karhryn Rusch

Chaque semaine, on m'envoie des liens vers divers articles/billets concernant l'édition que je pourrais ne pas avoir vus. J'adore ces liens. Je ne vois pas tout, et quand je suis pressée par les délais, comme je l'ai été en mars, je n'ai pas le temps de fureter à la recherche d'informations sans liens avec mon projet en cours.

Mais la semaine dernière, au moins trente personnes (peut-être plus si vous comptez les gens sur Facebook) m'ont envoyé un lien vers le billet ridicule d'Eric Felten au Wall Street Journal intitulé “Cherish the Book Publishers—You’ll Miss Them When They’re Gone.” (Protégez/Aimez/Profitez de vos éditeurs, ils vous manqueront lorsqu'ils auront disparu). 

Pourquoi est-ce que je qualifie ce texte de Felten de ridicule ? A part le fait qu'il dise ce que des auteurs d'endroits comme NPR ou The Daily Beast disent depuis deux ans, il ne montre aucune quelconque compréhension de l'industrie du livre. Si il avait réellement réfléchi au sujet et fait un peu de recherche, alors peut-être en aurait-il tiré aune autre conclusion.

Son postulat de départ est assez simple : sans les éditeurs de livre, les lecteurs ne seront plus capables de trouver les bonnes choses au milieu des immondices.

Allez, gars ! Ces arguments étaient déjà vieux il y a cent ans lorsque la lecture a cessé d'être réservée aux riches et éduqués, et est descendue atteindre les masses. Quelqu'un c'est il jamais posé la question de pourquoi on a fini avec un fossé entre la « littérature intellectuelle » et la « culture de masse » (low brow crap) ? C'est parce-que les sachants (cognoscenti) ne contrôlant plus ce que les gens lisaient, perdirent une grande partie de leur puissance, alors ils durent inventer des mots pour distinguer les livres « approuvés » et ces « trucs » au genre puant (stinky genre stuff).

Que ce passe t-il maintenant ? Les faiseurs de goût littéraire – correcteurs, éditeurs, critiques etc. – voient leur contrôle de ce qui est lu disparaître, alors ils écrivent des articles tels que celui-là.

Honnêtement, c'est devenu le marronnier de l'année. Tu ne sait pas quoi écrire sur ton blog hebdomadaire ? Écris comment l'édition numérique/l'édition indépendante/l'auto-publication va ruiner les livres pour nous autres.

Felten explique ce qu'est un Tas de Gadoue. (Pour ceux qui ne le savent pas, c'est l'endroit où les inconnus envoient les manuscrits à un garde-barrière (gatekeeper), habituellement un assistant éditeur, qui filtre alors les manuscrits et envoie ce qui est bon au vrai éditeur). Il cite « un ami » qui a fait ça pendant deux ans et n'a trouvé qu'un seul manuscrit à valant d'être recommandé.

Puis il ajoute « l'ère des livres électroniques nous promet à tous le plaisir de fouiller nous même dans le Tas de Gadoue, alors même qu'il grandit exponentiellement. »

Laissez-moi vous dire, Mr Felten, en tant que personne ayant lu de la gadoue pendant 10 ans, découvert de nombreux nouveaux auteurs,et gagné à la fois un World Fantasy Award et un Hugo Award pour son travail d'édition, le Tas d Gadoue n'est pas une sorte d'horrible chose grandissante et mouvante à éviter. C'est une tour d'espoir, de rêves, d'auteurs qui veulent faire quelque-chose de leur vie.

Oui, il y a du mauvais là dedans. Mais le mauvais est moins commun que l'ennuyeux, le médiocre, le non-original. Le gros du Tas de Gadoue est ennuyeux, pas abominable. Vous commencez à lire un de ces manuscrits, vos yeux se floutent, vous le posez et passez à autre chose.

Ça vous dit quelque-chose, lecteur ? Bien sur que oui ? La gadoue ça ressemble à votre propre expérience avec les livres publiés traditionnellement. Et oui, vous le faites déjà avec des titres qui ont déjà été publiés.

Je suis sûre que si vous donnez à Mr Felten un verre de vin ou deux, il vous dira dans les termes les plus directs quels genres il ne lit pas. Il appelle les e-books « e-pulp fiction » alors vous sentez déjà son snobisme des genres. (Et à nouveau il vous montre de quel côté du gouffre « Intellectuel/Masse » il se serait trouvé il y a  cent ans. Cet homme n'aurait jamais choisi de loisir « populaire ». Il aurait préféré de coûteux livres reliés préalablement approuvés par des « vrais » editeurs, pas des éditeurs « pulp ».)

Mais revenons-en à cette séparation entre genres. Je parierais que Mr Felten n'a jamais lu de roman « sentimental », ou au moins ne l'a jamais avoué. (Le « sentimental », pour ceux qui ne le savent pas, vend plus que tout autre genre.) Il pourrait bien lire de la fiction « mystère » littéraire, et de la science-fiction « approuvée » – vous savez recommandée par Oprah, comme Cormac McCarthy. Mais clairement il ne respecte pas le « fantastique ».

Ses dernières lignes, qui se veulent mordantes et drôles, sont : « Qui sait combien de grands livres attendent d'être découvert ? Mais est-il plus probable de les trouver une fois que les pros de l'édition auront été poussés à la porte ? J'en doute vraiment – même si il y a maintenant un espoir pour cette série de romans que j'ai commencé d'écrire à propos d'un détective elf qui voyage à travers le temps pour faire la cour à la cousine au troisième degré d'Hélène de Troie, qui à son tour, se trouve être une troll plus-séduisante-que-d'habitude . »

Il dit ça comme si ce genre de livres ne pourraient pas être publiés par des éditeurs actuels. Et, gars, sors du coin littérature de ta librairie et promènes-toi. Jette un œil à la table des best-sellers. Regarde les livres avec « Urban Fantasy » sur la tranche. Tu va en trouver un paquet des livres exactement comme ça. Et devine quoi ? Ces beautés ont traversé sans encombre le tas de gadoue traditionnel.

Pourquoi je m'en prends à ce type ? Principalement parce-que vous avez été si nombreux à m'envoyer ce truc débile (silly piece), ce qui prouve bien que beaucoup d'entre vous lisent le Wall Street Journal plutôt que les bloggers plus obscurs du site de NPR. (ils ont couvert ce sujet l'été dernier.) Je crois que certains d'entre vous me l'ont envoyé parce que vous êtes d'accord avec lui, parce que vous avez acheté un bout de ce terrain marécageux en Floride avec l'écriteau qui dit « Garde Barrières professionnels Nécessaire ».

Je déteste devoir vous le dire. Les lecteurs de Tas de gadoue dans les maisons d'édition comme cet « ami » de Mr Felten se sont retrouvés sans emploi il y a une dizaine d'année, quand les maisons d'édition traditionnelles ont fermées leur porte aux manuscrits sans « agents ». La pile s'est alors glissé dans les bureaux des agents, et les agents, qui n'avaient pas le temps de lire ce tas grandissant, l'ont simplement ignoré.

C'est pour ça que tant d'auteurs débutants se plaignent de ne jamais obtenir de retour de personne. Il n'y avait personne pour lire des manuscrits. Les auteurs qui ont réussi à se faire lire avaient déjà été découverts par ailleurs, à travers une forte carrière dans les « short stories » (histoires courtes) (en science-fiction, fantastique, et mystère) ou au travers de concours (comme le Golden Heart en sentimental). Parfois certains de ces auteurs, ceux qui ont de l'argent et/ou du culot (chutzpah), ont obtenu d'être présenté à un éditeur lors d'une conférence d'auteurs et « la carte de visite » , qui était comme la clé magique pour rentrer dans le royaume. L'éditeur ayant promi de lire quoique ce soit lui arrivant accomagné de la carte de visite originale (pas une photocopie).

Ah mais à entendre Mr Felten, ce système est merveilleux. Il ecrit, « Le garde-barrière vieux et étriqué est sensé être remplacé par le 'média social'. Mais les auto-publiés découvrent qu'obtenir l'attention de la foule une fois leur e-book sorti n'est pas facile. Ce qui mène à des efforts pour gruger (to game) le jugement du nouvel et amorphe réseau d'influence ».

Comme si le vieux système n'était grugé par personne. Des gens enseignaient dans des ateliers comment obtenir du garde-barrière vieux et étriqué un coup d'oeil au manuscrit d'un auteur inconnu. Pas de le lire, d'y jeter un oeil. Et si le mauvais garde-barrière le lisait, alors seule la persévérance de l'auteur pouvait faire publier le livre. Neuf garde-barrières vieux et étriqués ont refusé le premier livre de la série Harry Potter ( et je l'aurais fait aussi : ce premier chapitre n'avait pas de mise en place (setting), même une fois le livre publié). Dix-sept G-BVE ont refusé Journal d'un Princesse et vingt trois on décliné Dune.

Oh, attendez. Désolée. J'utilise des exemple de mauvaise fiction. Tournons nous plutôt vers la littérature, d'accord ? Et si on se tournait vers les seize VEG-B qui ont refusé Le Journal d'Anne Frank ou les vingt deux G-BVE qui ont refusé Les Gens de Dublin de James Joyce ?

Oui, ces garde-barrières vieux et étriqués savaient parfaitement ce qu'ils faisaient.

C'est ça le problème du vieux système. L'auteur devait continuer de chercher jusqu'à ce qu'elle trouve un  garde-barrière vieux et étriqué qui croyait en son travail. Puis ce pauvre garde-barrière vieux et étriqué devait encore convaincre les autres garde-barrières de la maison d'édition d'investir des dizaines de milliers de dollars dans l'édition de ce livre. C'était une sacré colline – et franchement, tous les livres l'ayant franchis n'étaient pas forcément bons. Je suis sûre que Mr Felten en conviendra : les éditeurs traditionnels ont sorti des tas d'immondices. Lui et moi ne somme sans doute en désaccord sur ce qu'est un immondice. Moi, déjà, non seulement je lis du sentimental, mais j'en écris aussi. J'apprécie les histoires de voyage temporel et d'elfes détectives, et j'en ai (dans mon rôle de  Garde-Barrière Vieille et Étriqué dans le « The Magazine of Fantasy & Science Fiction ») acheté quelques un de temps à autre.

Avoir un  garde-barrière vieux et étriqué n'empêche pas un mauvais livre d'être publié. Pas plus qu'il n'empêche une bon livre de passer inaperçu. Même avant la révolution des e-livres , il y avait beaucoup de fond sonore, et on attendais des auteurs qu'ils fassent la promotion, encore, et encore, et encore de leurs propres livres pour dépasser ce fond sonore.

Et maintenant ? Le fond sonore a t-il empiré ? Je ne le crois pas. Je pense même qu'il s'est calmé. En partie à cause de cela : la révolution des e-livres implique que les livres vont rester en cours (in print ). Le premier moyen pour attirer l'attention est par le bouche-à-oreille. Ça ne se fabrique pas, le bouche à oreille. L'industrie du film a essayé pendant des années, et ça lui est retombé dessus, spécialement depuis deux ans quand Twitter a commencé à grimper. Les ciné-mordus (Movie-goers ?) qui allaient voir les avant-premières d'un film attendu tweetaient soit que le film était bon, soit qu'il était nul. Le bouche-à-oreille se diffusant rapidement à travers le média social, s'est mis à déterminer les résultats box-office du week-end.

On s'est habitué au phénomène maintenant, ce qui explique pourquoi on peut entendre qu'un film avec un bon premier jour de lancement peut s'écrouler sur le week-end, mais ca été un vrai choc dans l'été Twitter de 2009.

Le même phénomène se passe avec les livres. Les gens s'en fichent de lire le dernier livre à la mode. Ils veulent un livre qui leur plaira. Les éditeurs traditionnels gèrent les livres comme des produits, les enlevant des rayons comme s'ils allaient pourrir après un mois. Alors il était impossible de bâtir un lent bouche-à-oreille.

Ce n'est plus le cas. Un bon livre va finir par remonter jusqu'en haut. Ca va prendre du temps, et aucune gruge du système ne donnera à un livre plus de succès qu'il n'aurait eu sans la gruge. Ça pourrait lui donner plus d'élan au démarrage, mais si ce livre ressemble en quoi-que ce soit à ce que j'ai vu dans le Tas de Gadoue, aucune quantité de tweet, d'auto-promotion, de critique par des pairs, ou de soldes ne le fera lire par des milliers de personnes.

Alors comment se faire remarquer de nos jours – en tant qu'auteur indépendant ou traditionnellement édité ? Il faut écrire un bon livre. Puis être patient.

J'en ai vu des blogs d'auteurs qui ont mis leurs livres sur Kindle, puis regardé les chiffre et se plaindre de deux trois ventes en un mois. Ouais, Ouais, se plaignent-ils, le mois d'après j'ai fait six ventes, et le mois suivant douze, mais dix-huit ventes en trois mois ne vont pas me rendre riche.

Et pourtant... le livre est sur une tendance montante. Ce qui veut dire que les trois lecteurs d'origine en ont probablement parlé à un ou deux amis qui ont lu le livre, et ces amis en ont parlé à leurs amis et ainsi de suite. 

C'est vrai, on ne devient pas riche dans l'année 2011 avec ces chiffres, mais avec un peu de patience, et la volonté d'écrire et publier d'autres livres (plutôt que de dépenser tout son temps en promotion), on peut se faire un petit revenu sur ce livre pour 2013. Et en 2015 on pourrait avoir assez pour dire adieu à son boulot régulier.

Ce qui est mieux que ce que font la plupart des auteurs publiés traditionnellement quatre ans après leur première édition.

Comment les lecteurs le trouveront-ils ? Ils lisent les critiques, regardent les billets sur les blogs, ou recherchent parmi les titres de leur genre favori. Ils écoutent leurs amis et regardent le petit algorithme sur la page d'un livre qu'ils ont apprécié, cet algorithme qui dit, Les gens qui ont acheté ce livre ont aussi acheté celui-là. Vous croyez que ça ne marche pas ? Avez-vous déjà regardé des livres qui apparaissaient à cause de cet algorithme ? Je parie que oui – et plus d'une fois.

Voici encore une vérité sur le Tas de Gadoue : le plus gros du tas est fait d'œuvres récital. Par ceci, je veux dire le seul et unique roman ou nouvelle que ce pauvre gars a écrit. Peut-être que c'était leur thèse. Peut-être ont-ils dû l'écrire (et l'envoyer) comme devoir d'Anglais (Français). En musique, ce genre de chose est appelée une œuvre récital. Quiconque ayant pris un cours de musique en a une – cette œuvre travaillée encore et encore jusqu'à devenir le meilleur que le musicien novice puisse donner. Ça pourrait être la seule chose que le musicien (maintenant confirmé) pourra jouer sur son (ancien) instrument, mais cette personne l'a appris, oh surprise (by gum), et la jouera dès qu'on lui en donnera l'occasion.

Oui, ces œuvres récitals arriveront sur les étagères d'e-livres. Et la plupart auront quelques téléchargements et ne se vendront pas. Ils vont gonfler les chiffres – ceux-là mêmes que des gens comme Mr Felten montreront pour prouver qu'il y a trop de titres auto-publiés – mais la plupart des gens ne les verront même pas. Les quelque personnes forcées de l'acheter (amis, famille) ne recommanderont certainement pas ces œuvres récital à leurs amis de lecture.

Et ces livres seront faciles à ignorer.

Mais les livres difficiles à ignorer seront ceux d'un auteur jusque-là inconnu qui aura écrit un premier chapitre du tonnerre. Quelque lecteur de « Toutlabas sur Plusloin » (Outer FarAwayFromHere)télécharge l'extrait gratuit, et quelques mois plus tard le lis. Il commande immédiatement après le reste du livre, reste levé toute la nuit pour le finir et arrive les yeux dans le flou au boulot le lendemain. Que fait ce lecteur ? Il raconte à ses amis de la Treès Grosse Usine de Toutlabas sur Plusloin qu'il n'a pas dormi à cause de ce super livre. Puis à la pause déjeuner, cinq de ces amis téléchargent l'extrait gratuit. Le cycle recommence à nouveau.

En qui allez vous avoir confiance pour vous recommander des livres ? En des Garde-Barrières Vieux et Étriqués comme moi qui ont des préjudices de lecture (« Pas de mise en place ! Mais à quoi pense donc cette Rowling ? ») qui les empêcheront de rentrer dans une bonne histoire ou dans vos amis qui ont adoré, adoré, adoré ce livre. Imaginez combien notre culture serait différente si  Garde-barrière Vieux et étriqué N° 10 avait aussi refusé Harry Potter.

Maintenant, imaginez ce qui se serait passé si l'e-publication avait existé fin 1990, quand Rowling a commencé. Elle serait quand même plus riche que la reine, mais 7 fois plus riche que maintenant car elle gagnerait ça en plus en royalties. Et on aurait peut-être pu lire à propos de ce cher vieux Harry Potter deux ans plus tôt.

On en aurait entendu parler par des amis qui seraient restés levés toute la nuit, incapables de reposer le livre.
Oh, attendez ! C'est comme ça qu'on en a entendu parler. Je ne sais pas pour vous, mais c'est par la recommandation d'amis, ayant les même préjugés que moi pour le lecture, qui m'ont dit « Le début est un peu fouillis (rough) mais donne lui un chapitre ou deux. Tu vas adorer ce livre » que j'ai commencé à lire Harry Potter. Tous les livres Harry Potter.

Nous sommes tous les garde-barrière les uns des autres. Nous l'avons toujours été. On ne va pas perdre les garde-barrières de l'édition traditionnelle, même s'il y en aura moins. Si nous voulons émuler Mr Felten et ne jamais souiller notre liseuse avec de l'auto-publié, nous aurons encore l'option d'acheter des livres publiés traditionnellement.

Il est probable que la bibliothèque de la plupart des liseuses des lecteurs ressemblera à la mienne – un mélange de livres auto-publiés et traditionnellement publiés. Le pourcentage entre auto-publié et traditionnellement publié changera selon les recommandations d'amis et le type de lecture qui nous font vibrer, mais il y aura toujours probablement un mélange.

Ce n'est pas que je suis un lecteur moins snob que Mr Felten. Je suis juste d'un snobisme différent. Et vous aussi.

Il y a suffisamment de livres pour chacun de nous. Plutôt que se plaindre du fait que plus de livres seront publiés, plutôt que de craindre que les bons livres seront écrasés sous les immondices, peut-être devrions-nous accepter que la révolution est sur nous et que c'est une bonne chose.

Parce que c'est ça l'autre point totalement ridicule dans le papier de Felten – le titre. Si le blog du Wall Street Journal fonctionne comme la plupart des journaux, le titre pourrait ne pas être de la faute de Felten. Ce pourrait être un autre correcteur snob (garde-barrière!) qui a collé ce titre sur son travail :

Protégez/Aimez/Profitez de vos éditeurs, ils vous manqueront lorsqu'ils auront disparu.

Mais ils ne vont nulle part. Ils ont quelques luttes devant eux, et de nouveaux éditeurs vont apparaître. Mais les livres reliés n'ont pas disparu quand les poches sont arrivés. Plus de livres accessibles à plus de gens ne veut pas dire que l'apocalypse arrive.

Ça veut juste dire que les garde-barrières vieux et étriqués risquent de perdre le contrôle de la conversation.

Et sérieusement, où est le mal là dedans ?